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Les préparatifs de la CAN 2012 se déroulent bien Version imprimable
19-06-2011

Le secrétaire d’Etat à la Jeunesse et au Sport de la Guinée équatoriale, Ruslan Obiang Nsué, s’est rendu à Paris le 29 avril à l’occasion du lancement d’African Football Dream Team, et a fait le point sur la CAN 2012.

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Ruslan Obiang Nsué, s’est rendu à Paris le 29 avril à l’occasion du lancement d’African Football Dream Team.

Les Afriques : C’est la deuxième fois que deux pays organisent la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), la Guinée équatoriale et le Gabon. Comment vous êtes-vous répartis les rôles et comment se passent la coopération entre les deux pays ?

Ruslan Obiang Nsué : L’entente entre les deux comités est très bonne, on travaille en Guinée équatoriale et au Gabon, les deux COCAN (comité organisateur) font des réunions communes et nous avons établi un chronogramme au niveau des infrastructures et de l’organisation. Pour la CAN 2012, la répartition des deux COCAN est la suivante : le Gabon prend le congrès de la CAF (Confédération africaine de football) et la clôture, et la Guinée equatoriale le tirage au sort et l’ouverture. Nous avons sélectionné une mascotte commune « Gaguie », un gorille qui veut transmettre le message de protection de l’environnement et de la nature.

 

LA : Lors de la CAN 2010 en Angola, il y avait eu un certain nombre de dérapages : l’attaque du bus des footballeurs togolais mais aussi des problèmes d’organisation. Avez-vous pris des mesures particulières pour, en quelque sorte, redorer le blason de la CAN ?

RON : Nous n’avons pas la même situation au Gabon et en Guinée équatoriale, l’Angola ayant connu une guerre civile. Dans tous les cas nous travaillons sur la sécurité, qui est une exigence de la CAF, et une priorité pour les deux pays.

 

LA : Comment se passent les présélections de la CAN ? Les évènements qui se sont déroulés en Tunisie et en Egypte, mais aussi la situation en Côte d’Ivoire ont-ils eu un impact ?

RON : Non, les équipes continuent de jouer les matchs de sélection et, pour le mois de novembre, l’ensemble des pays participants sera connu.

 

LA : Il était envisagé d’instaurer un visa commun. Est-il en place ?

RON : Nous avons un accord, nous attendons maintenant juste le design du visa.

 

LA : Quel est le budget consenti pour le gouvernement équato-guinéen pour la CAN, et notamment la construction des infrastructures ?

RON : Je ne peux pas vous donnez un budget global. Tant l’organisation du sommet de l’Union africaine que la CAN, ces deux événements permettent de développer et moderniser le pays. Nous avons construit deux stades. Le stade de Malabo, de 15 200 places, réalisé par une entreprise chinoise, est terminé avec le village sportif (hôtel, piscine olympique, boxing club…). En ce qui concerne celui de Bata, nous procédons à l’extension du stade qui passera de 25 000 places à 35 000-40 0000 places pour nous permettre d’accueillir l’ouverture de la CAN. Le chantier est réalisé par Bouygues et sera finalisé en novembre. Toutes les infrastructures sont financées par l’Etat, sans emprunt. Plusieurs hôtels sont en construction. Si, à Malabo, les infrastructures hôtelières sont suffisantes, à Bata, c’est un peu juste. Nous avons prévu des modules préfabriqués avec la société française GL Events.

 

LA : GL Events avait organisé la CAN en Angola, l’avez-vous aussi choisi ?

RON : Ils ont signé un accord avec le Gabon et sont en négociation avec nous pour les modules préfabriqués et pour d’autres contrats spécifiques, éventuellement.

 

LA : Quelles retombées attendez-vous de la CAN en termes financier, d’image, touristique ?

RON : L’élément le plus important pour nous est qu’à l’occasion de la CAN, l’Afrique et le monde connaissent la Guinée équatoriale. Elle est peu connue et souvent confondue avec la Guinée Conakry ou la Nouvelle Guinée. C’est un petit pays, et cette ouverture au niveau international nous donne l’occasion de promouvoir notre pays, le tourisme et d’attirer les investisseurs.

 

LA : Combien attendez-vous de visiteurs ?

RON : Pour les deux pays, nous tablons sur 5 à 10 millions de personnes.

 

LA : Quelle est la politique de l’Etat en matière de sport ?

RON : L’implication du gouvernement est totale dans le sport. Le budget est d’environ 10 millions d’euros par an.

 

Anne Guillaume-Gentil

Le Gabon met les bouchées doubles

La CAF a émis certaines inquiétudes quant au retard pris au Gabon dans la construction des infrastructures (en particulier sportives, le stade Ominisport de Libreville et le stade de Franceville), notamment au regard de l’état d’avancement constaté en Guinée équatoriale. Anaclet Mathieu Taty, conseiller technique auprès du ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs du Gabon, assure que tout est mis en œuvre pour que le Gabon soit prêt. « Il faut d’abord se poser la question : pourquoi sommes nous en retard ? Nous avons connu des moments douloureux, la perte de la Première dame, suivi de celle du président de la République, puis l’organisation des élections présidentielles. Compte tenu des évènements, nous aurions pu nous désister de l’organisation de la CAN. Mais le nouveau président a réaffirmé l’engagement de son prédécesseur et a mis l’accent sur les infrastructures. Aujourd’hui, nous sommes très avancés et le cahier des charges de la CAF sera respecté dans les délais » , indique-t-il. Le budget alloué à la Cocan, la structure mise en place pour organiser la CAN, est dans la Loi de finances pour un montant de 150 milliards FCFA.

 
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