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Libye : les désapprobations de l’Union Africaine Version imprimable
21-03-2011
Réunis samedi soir au Centre International des Conférences de Nouakchott (CICN-Palais des Congrès), le Comité Ad-Hoc de l’Union Africaine (UA) sur la crise en Libye, formé le 10 mars dernier lors d’une réunion des chefs d’états et de gouvernements  de l’organisation continentale  à Addis-Abeba, a demandé « la cessation immédiate » des hostilités après le déclenchement d’attaques aériennes contre les forces fidèles au colonel Mouammar El Kadhafi, dans une déclaration publiée dimanche.


Les opérations militaires  menées contre la Libye sont conduites par la France, les USA et  la Grande Bretagne   sur la base d’une résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (ONU) autorisant l’utilisation de tous les moyens pour « protéger les populations civiles ». Les hostilités ont commençaient alors que le comité ad-hoc de l’Union Africaine sur la crise en Libye se réunissait à Nouakchott.
Ont assisté à la réunion de Nouakchott les présidents mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, malien, Amadou Toumani Touré et congolais Denis Sassou N’Guesso.
Les chefs d’états sud africain, Jacob Zuma et ougandais Yoweri Mousseweni, également membres du Comité Ad-Hoc, ont délégué des représentants.
Prévu pour dimanche,  un voyage des membres du comité ad-hoc à Tripoli est finalement annulé à cause de la situation sécuritaire.
En retrait et très discrète  depuis l’éclatement surprise de la lame de fond sous forme de révolte populaire dans le monde arabe, l’Union Africaine (UA) est fortement contrariée et même inquiète par les derniers développements sécuritaires en Libye et les risques potentielles de déstabilisation pour plusieurs régimes « dictatoriaux »   que pourrait constituer l’intervention occidentale en Libye.
Il y a également la question de l’incertitude liée aux  scénarios futurs : effondrement rapide du pouvoir en Libye, enlisement dans une guerre des sables, pourrissement à l’irakienne, conséquence sur la question touareg au Mali et au Niger)…… autant de cas de figurent pouvant   être envisagés pour les développements ultérieurs de cette affaire.

Prochain rendez à Addis-Abeba

Du coup, le comité ad-hoc  veut  rester présent dans le jeu  diplomatique et « demande à la commission de l’UA de prendre l’initiative d’une réunion des hauts représentants de la Ligue des Etats Arabes (LEA), de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), de l’Union Européenne (UE), des Nations Unies (le secrétariat et les cinq membres permanents), ainsi que d’autres partenaires et acteurs aux fins de s’accorder sur les voies et moyens de sortie rapide de crise sur la base d’éléments énumérés au paragraphe 5 du présent communiqué ».
Ces éléments concernent « la coopération des autorités libyennes pour l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations dans le besoin, la protection des ressortissants étrangers, y compris les migrants africains vivant en Libye, l’adoption et la mise en œuvre de réformes politiques nécessaires pour l’élimination des causes de la crise actuelle ».
Cet égard, le Comité Ad-Hoc réaffirme « la légitimité des aspirations du peuple libyen à la démocratie, à la réforme politique, à la justice, à la paix, à la sécurité, ainsi qu’au développement socio-économique et la nécessité de veiller à ce que ces aspirations soient satisfaites de façon pacifique et démocratique ».
C’est justement dans l’exigence de la satisfaction « pacifique et démocratique » des aspirations du peuple libyen que l’organisation panafricaine donne une image fortement décalée après 3 semaines troubles sécuritaires marqués par de graves violations des droits humains.
Pourquoi l’UA n’a pas tout tenté pour nouer un véritable dialogue entre le colonel Mouammar  El Kadhafi et son opposition dans le but  d’arrêter les massacres avant l’arrivée des avions et missiles occidentaux ? La faute au sacro saint principe de non -ingérence dans les affaires intérieures des états. Une vision de plus en plus écoulée.
Rapporté au contexte politique et sécuritaire actuel du continent, de nombreux observateurs  relèvent cependant  la politique de « 2 poids 2 mesures » entre les crises sécurité  en Libye, ponctuée par une intervention relativement rapide  des occidentaux, alors que des populations civiles sont massacrées en Côte d’Ivoire depuis prés de 4 mois ne suscitant quelques réactions d’indignation qui n’arrêtent la main du bourreau.

Amadou Seck , Nouackchott
 
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