Londres: La mobilisation mondiale pour le G20 Version imprimable
29-03-2009

Les nombreuses manifestations altermondialistes, contre le sommet du G-20 qui se tient à Londres le 2 avril, ont commencé dans la capitale britannique et à travers l’Europe.

Reportage à Londres de Charles Bambara

 

Gordon Brown, le premier ministre britannique et plusieurs de ses ministres mettent les bouchées doubles pour que ce sommet débouche sur des résultats tangibles qui puissent changer la donne financière et économique de la planète. Marc Malloch Brown, le ministre britannique pour l’Afrique, l’Asie, les Nations Unies et qui a été désigné envoyé spécial du G-20, a organisé cette semaine une discussion avec le public et la presse où il a évoqué ses espoirs pour l’Afrique et la communauté internationale à la veille de ce sommet de Londres.

Pour Marc Malloch Brown ce sommet devra donner le signal d’un retour de la confiance pour les investisseurs, mais aussi pour les consommateurs du monde entier. Il faut donc mener un grand travail de persuasion à tous les niveaux, d’où ces multiples rencontres préparatoires. Malloch Brown a souligné qu’il a eu de nombreuses consultations avec les dirigeants africains qui ne seront pas présents à ce sommet. Et pour le ministre britannique de l’Afrique, leur priorité serait de maintenir la libre entreprise. Mais, a-t-il ajouté, les pays africains espèrent ne pas être les laissés-pour-compte du sommet du G-20. Ils souhaitent que les institutions financieres internationales disposent de ressources suffisantes pour venir à leur secours.

Mais il faudrait aussi que les pays industrialisés respectent leur engagement de soutien à l’Afrique, pris notamment au sommet du G-8 à Gleneagles en Ecosse, en réservant 0,7% de leur PIB au pays en développement. La Grande-Bretagne, a assuré Malloch Brown, atteindra cet objectif très bientôt, et le sommet de Londres donnera l’opportunité d’inciter les autres pays développés àtout faire pour tenir cet engagement. Car cette crise financière met en péril les objectifs du Millénaire pour le Développement.

Le ministre Britannique a annonce la mise en place, au cours de ce sommet, d’une assistance spéciale en faveur des pays les plus pauvres, en renforçant les capacités des institutions financieres qui soutiennent ces pays. Car nous aurons besoin de plans de relance des pays non membres du G-20, par un soutien financier de certaines institutions comme le FMI, sachant que l’aide doit se focaliser davantage sur des secteurs comme la santé, l’éducation ou l’agriculture afin d’aider les populations. Ce sommet devrait marquer le début de la résolution de cette crise financière internationale. Mais il ne faut pas s’attendre à des résultats immédiats car les mesures prises et celles qui suivront, prendront quelques semaines, voire quelques mois avant de se matérialiser et porter leurs fruits…

Qu’est ce que le G-20

Le G-20 a été crée en 1999 en pleine crise financière asiatique, pour discuter de coopération internationale au niveau des ministres des Finances et des gouverneurs de Banques centrales. Ce groupe informel composé des 20 puissances économiques mondiales représente 85% de l’économie mondiale. Mais avec la crise économique mondiale qui a commencé il y a bientôt deux ans, le G-20 a convoqué pour la première fois l’année dernière, en novembre 2008, un sommet des chefs d’état et de gouvernement à Washington.

Les objectifs du Sommet de Londres

Selon le premier ministre britannique Gordon Brown, qui reçoit ses pairs, l’objectif est de redéfinir le système financier mondial. Il faudrait d’abord coordonner les actions pour relancer l’économie mondiale. Pour cela le FMI préconise que 2% des sommes affectées aux plans de relance soient canalisés pour arrêter le ralentissement de l’économie. Mais le gros problème de la relance de l’économie mondiale se situe au niveau du système bancaire. Le G-20 devrait prendre une décision pour débloquer définitivement cette situation.

Ensuite il faudrait arrêter des recommandations afin d’éviter à l’avenir des crises semblable en renforçant les mesures de régulations des banques et autres institutions financières au niveau international. La traditionnelle distribution de gros bonus devrait être plus strictement régulé par exemple, et les fameux paradis fiscaux devront se soumettre aux réglementations financières internationales en vigueur.

Enfin, les réformes futures doivent nécessairement inclure des changements dans les institutions internationales chargées réguler l’économie mondiale. Le FMI, par exemple, a déjà renfloué les coffres de sept pays, au cours des six derniers mois, pour un montant de 46 milliards de dollars. Il ne lui reste plus que 150 milliards de dollars affectés aux prêts. Le premier ministre britannique voudrait voir les ressources du FMI augmenter de 500 milliards de dollars. Le Japon et l’Union Européenne ont déjà avancé chacun 100 milliards de dollars. Le sommet devrait aussi prévenir et empêcher toute tentative de protectionnisme de pays industrialisés.

Les recommandations africaines avant le sommet

Les ministres des Finances africains avaient rencontré Gordon Brown avant le sommet pour attirer son attention sur un certain nombre de points : la chute catastrophique des revenus sur plusieurs fronts. Tout d’abord l’aide baisse, malgré les promesses et les bonnes intentions des uns et des autres. Le transfert d’argent des immigrés africains vers leurs pays a fortement chuté également. Les recettes d’exportation ont fortement baissé, comme au Botswana. En RDC, 300 000 personnes ont déjà perdu leur emploi dans la seule province du Katanga, où dans une ville comme Likasi plus de 60 d’entreprises liées au secteur minier ont déjà fermé leurs portes.

 
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