Macky Sall, deux ans de sursis ? Version imprimable
29-03-2017

Au Sénégal, le mandat du «Wax waxxeet», qui signifie le fait de se dédire en wolof, langue nationale du pays, vient d’être entamé le 25 mars 2017.

Libasse KA
Libasse Ka, Editorialiste

Celui qui avait juré de faire un quinquennat joue les prolongations et s’accommode d’un septennat. Quel triste anniversaire! À la veille des élections législatives de 2017, le bilan du régime du président Macky Sall s’impose.

Les faits marquants de son mandat tournent autour d’un jeune président qui a réussi à remettre en selle et au centre du pouvoir des «has-been», des gérontocrates qui des présidents Léopold Sédar Senghor à Me Abdoulaye Wade en passant par Abdou Diouf n’ont pratiquement rien apporté à ce pays et sont comptables de son sous-développement, l’empêchant de décoller du lot des PMA (Pays les moins avancés de la planète); d’un chef d’État, ayant la posture d’un ministre de l’Intérieur, dans la mesure où le recul démocratique est constaté au quotidien; d’institutions de la République, en déliquescence. Le régime actuel faisant pire que celui de l’Alternance. Jugez-en vous-même, après la suppression du Sénat, l’Assemblée nationale actuelle (présidée par Moustapha Niasse,78 ans, et considérée comme la pire législature, y compris dans les rangs de sa propre mouvance), le Conseil économique, social et environnemental (CESE), présidé par Aminata Tall, le Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), présidé par Ousmane Tanor Dieng, 70 ans, le Conseil national du dialogue des territoires (CNDT), présidé par Djibo Leïty Ka, 69 ans, le Haut conseil du dialogue social (HCDS), présidé par Innocence Ntap Ndiaye… restent budgétivores et leur valeur ajoutée est loin d’être évidente aux yeux des Sénégalais; de chimériques chantiers structurants : le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), lancé pour contourner les lenteurs dans l’octroi de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), pèche par le peu de réalisations au vu des attentes des populations qui ne cessent de manifester pour le minimum de confort, de sécurité, d’éducation, de justice et surtout de santé ; l’émergence, vendue à tous les présidents africains de la Françafrique, synthétisée au Sénégal dans un PSE, est l’arnaque du siècle. Aux îles du Cap Vert, ils ont au contraire choisi la transformation, voire une refonte de l’économie. Comment atteindre l’émergence avec une économie aux relents coloniaux, avec une absence de capitaines d’industrie sénégalais dans les secteurs-clés?; le président sénégalais donne l’impression de travailler plus pour le capital étranger que pour celui de son propre pays; d’une recrudescence de manifestations, là où il effectue ses visites à l’étranger. Les mouvements d’humeur, étouffés à Dakar, y sont devenus monnaie courante. Muselés à Dakar, les citoyens laissent éclater leur ire à l’étranger… syndrome d’une fin de règne; de l’avènement d’une justice aux ordres : après la rocambolesque libération de Karim Wade, nous assistons à l’emprisonnement d’opposants politiques et, plus grave encore, le « rapt carcéral » de Khalifa Sall.

Ce manque de génie politique fait peur. Aussi, tous les actes posés actuellement démontrent une peur de perdre le pouvoir…

Libasse Ka, Editorialiste
 
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