Mali : Riposte du G5 Sahel contre le terrorisme au Sommet de Bamako Version imprimable
02-07-2017
Comme prévu, Bamako, capitale du Mali, a accueilli, dimanche 2 juillet 2017, le Sommet du G5 Sahel pour le lancement opérationnel de la force conjointe du G5 + la France pour lutter contre le terrorisme transnational et le trafic de drogue et d’être humains.
Face aux dégâts causés dans la sous-région et les aspirations d’invasion de groupes terroristes affiliés à la nébuleuse Al Qaïda, les pays du G5 Sahel, à savoir le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, et la France affichent une très grande détermination. À Bamako, les chefs d’État respectifs du G5 Sahel et Emmanuel Macron, président français, ont annoncé que le force conjointe de 5 000 hommes, qui viendra en appoint à la Minusma de l’ONU et à l’opération française Barkhane, sera mise en place dès l’automne prochain.

Une fois en place, cette force antiterroriste, qui sera installée dans un premier temps aux confins du Burkina Faso, du Mali et du Niger, pourra poursuivre les auteurs d’actes malveillants au-delà des frontières. L’heure est à plus d’actions concrètes, dans la mesure où en mars-avril 2012, le Nord Mali avait été envahi par ces groupes obscurantistes liés à Al Qaïda avant d’être boutés dehors ou anéantis. Ces derniers mois et semaines, des attaques terroristes meurtrières ont touché le Radisson Blu au Mali, le 20 novembre 2015, un village de vacances propriété d’un ressortissant français, non loin de Bamako, le 18 juin dernier… Des enlèvements d’étrangers viennent s’ajouter aux rapts et razzias dans la sous-région. Justement, le président Ibrahim Boubacar Keïta rappelait que «l’allégeance de nombreux mouvements jihadistes à Al Qaïda et à Daesh projette notre région dans un champ de confrontation mondiale». Dans la capitale du Mali, le président français a dévoilé un soutien financier de 8 millions d’euros d’ici à fin 2017 et un soutien dans un esprit de partenariat et d’exigences réciproques. Comparés aux 500 millions d’euros d’estimation de budget par les experts de cette force, ce n’est pas fameux… L’Union européenne promet certes 50 millions € – un soutien concret des États-Unis d’Amérique, déjà «présents» techniquement dans cette zone, est attendu –, mais c’est lors du conseil franco-allemand du 13 juillet à Paris et à une très prochaine conférence des donateurs, dans les mois à venir, que des moyens supplémentaires viendront s’ajouter à la participation de 10 millions € par État membre du G5 Sahel.

Sécurité et développement économique
Quant aux moyens logistiques, la force conjointe va bénéficier d’un soutien français accru. Emmanuel Macron a mis l’accent sur le renforcement de la coopération entre son pays et ceux de la zone, affirmant que «l’engagement de la France au Sahel représente 50% de la coopération française de sécurité et de défense dans le monde». Ainsi, l’Opération Barkhane apportera davantage de moyens en termes de conseil et assistance, la France va fournir 70 véhicules tactiques et du matériel de communication et d’interopérabilité des forces, du matériel de protection pour les hommes, un soutien à la mise en place d’un centre de préparation à l’engagement opérationnel pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Au sécuritaire s’ajouterait l’aide au développement. «Nos efforts de sécurité sont inutiles s’ils ne s’appuient pas sur les actions de développement», a soutenu le chef de l’État français qui a promis 200 millions € d’investissement sur 5 ans, par le biais de l’Agence française de développement (AFD) pour parachever divers projets porteurs dans la sous-région. Aussi, dans des domaines, tels que l’agriculture, la formation et l’éducation, la gouvernance et la justice ou encore la lutte contre les changements climatiques, la France compte apporter son soutien.

Espérons qu’après les diffusions d’images d’otages occidentaux, détenus par Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), les routes des terroristes seront coupées là où elles prennent leurs sources et que le volet sécuritaire figure aux côtés de la jeunesse et des réformes du Plan Kagamé au cœur des débats du 29ème Sommet de l’UA qui s’ouvre à Addis-Abeba, les 3 et 4 juillet 2017.

Daouda MBaye, rédacteur en chef
 
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