Maroc : Al-Hoceima, le mouvement « Touche Pas A Mon Pays » condamne Hirak Version imprimable
02-06-2017
La ville d’Al-Hoceima est secouée depuis plusieurs semaines par des contestations. Le mouvement «Matkich Bladi» «Touche Pas A Mon Pays» vient de publier cette mise au point pour exprimer son désaccord avec un groupuscule qui entend semer le chaos et instrumentaliser la colère des concitoyens.
À la lumière des événements survenus à Al-Hoceima, notamment les mouvements de contestation qui perdurent, le mouvement «Matkich Bladi» «Touche Pas A Mon Pays», créé après les événements du 16 Mai 2003 (Attentats terroristes) et représentant plus de

100 000 sympathisants, s’est réuni ses derniers jours, afin d’analyser la situation et de prendre une position face à une contestation sortie du cadre démocratique et des règles connues universellement en matière de dialogue et de concertation.

Pour rappel, le Mouvement «Matkich Bladi» s’est constitué sur des valeurs d’unité, de solidarité et de défense des intérêts du Maroc et de toutes ses populations.

C’est dans ce cadre que le mouvement «Matkich Bladi» était présent lors des manifestations du 8 novembre 2010 condamnant les événements de Laâyoune, mais aussi les événements du 20 février 2011 et encore lors de la manifestation du Oui à la Constitution le 1er juillet 2011.

Le Mouvement «Matkich Bladi» considère comme grave la situation actuelle dans le nord à Al-Hoceima et condamne fermement les meneurs tendant à chercher le chaos et à instrumentaliser la colère de nos concitoyens de cette ville.

La formule consacrée du «vivre-ensemble» est une réalité ancienne pour le peuple marocain qui, au long de son histoire, a su ménager les sensibilités ethniques, religieuses et tribales tout en instaurant un fort sentiment d’appartenance en tant que Peuple et en tant que Nation. Différentes langues, différentes coutumes pour un même pays. Or c’est précisément cette Unité qui est en train d’être détruite dans les pays musulmans, de l’intérieur par l’intégrisme religieux et de l’extérieur par le néolibéralisme prédateur, deux logiques de division et de fragmentation des Nations. La crise d’Al-Hoceima et ses relents séparatistes et tribaux sont à cet effet en totale contradiction avec le cours de l’histoire de notre pays.

Ceci dit, nombre de revendications portées par le mouvement rifain sont tout à fait légitimes et doivent être traitées comme telles. D’autant plus que c’est les Marocains dans leur ensemble qui sont concernés par ces revendications. Il est évident que les questions de justice sociale, de développement local sur le plan des infrastructures (santé, éducation) et de l’accès des citoyens aux services publics (administration, justice) ne reflètent pas les avancées spectaculaires du Maroc dans différents domaines. Certaines régions, dont le Rif, sont particulièrement affectées par cet échec d’une réelle politique sociale, d’où une colère qui risque d’être instrumentalisée par les ennemis de notre pays.

La crise actuelle du Rif nous informe sur les souffrances de nos concitoyens dans leurs rapports aux autorités. Pour rappel, l’élément déclencheur de la crise (décès dramatique de Mohcine Fikri) a été un problème de gestion publique de l’exploitation des ressources de la mer qui a viré au drame. En d’autres termes, c’est au niveau de la gestion du quotidien qu’émergent les frustrations et les colères. Petites corruptions, abus de pouvoir, clientélisme, mépris des gens, les instances étatiques qui sont des structures de proximité avec les citoyens sont bien loin de représenter les grandes lignes de développement engagées par l’État tout en étant en opposition frontale avec le niveau actuel de conscience politique des Marocains qui refusent une modernité pour l’élite et un archaïsme pour le citoyen ordinaire. L’État est au service du citoyen et il doit le démontrer. L’accueil et l’accompagnement dans la gestion des affaires publiques doivent être repensés, car c’est là que se construit le sentiment d’appartenance du citoyen, la reconnaissance sociale et la fierté d’être Marocain.

À la manière dont Nasser Zefzafi a mené son mouvement, nous pouvons légitimement nous poser des questions sur ses motivations réelles. Faire de la politique, c’est précisément maîtriser l’art du rapport de force et de la négociation. En s’engageant dans une politique de rupture, cet homme fait la démonstration de son incompétence et de son irresponsabilité par son appel au chaos social. L’événement de la mosquée apparait clairement comme une provocation qui vise à aggraver la situation et à adopter une posture de martyr alors qu’il s’agit d’une infraction, voire d’une profanation d’un lieu de culte. Tout cela porte préjudice aux revendications légitimes de nos concitoyens du Rif et un discrédit aux leaders du mouvement qui ont largement usé du droit à manifester et à exprimer leurs opinions sans pour autant chercher la négociation et la conciliation avec l’État. Nous pouvons d’ailleurs reprocher à l’Etat son manque de réactivité et de mise en place de médiation qui aurait pu éviter le pourrissement de la situation.

Le comité et les équipes d’experts de «Matkich Bladi» estiment qu’il est de la mission du gouvernement d’être à l’écoute des concitoyens et que l’appel au dialogue et son maintien doivent continuer jusqu’à la résorption du conflit. Cela doit être une véritable priorité nationale.

Dans l’immédiat, le comité de «Matkich Bladi» appelle au déblocage d’un fonds d’urgence d’un milliard de dirhams, de manière à résoudre la crise actuelle.

Sur le long terme, le comité de «Matkich Bladi» appelle à un mouvement national dont l’objectif principal sera la moralisation de l’administration publique. Il recommande la création d’instances de contrôle indépendantes et compétentes pour lutter contre la «petite corruption», celle qui mine au quotidien la relation entre le citoyen et l’État et qui est perçue comme une banalisation de l’abus de pouvoir.

Concernant les appels à manifestation du mouvement «Hirak», le mouvement «Matkich Bladi» considère et rappelle que la Constitution marocaine donne d’une part le droit à tous les citoyens de manifester librement dans les conditions de la paix civile et d’exprimer leurs revendications.

Le mouvement «Matkich Bladi» appelle l’ensemble de ses sympathisants à ne pas manifester, considérant le mouvement Hirak comme illégitime. En effet, à aucun moment durant ces événements n’avons-nous pu constater une présentation de revendications claires portées par des leaders légitimes et en capacité de négocier dans le cadre de la paix civile.

Le mouvement «Matkich Bladi» «Touche Pas A Mon Pays» appelle instamment ses sympathisants à entamer les discussions qui permettront de garder avec l’ensemble de nos compatriotes marocains un esprit de solidarité, de concorde et d’union faisant ainsi la démonstration du niveau de maturité politique atteint par le Maroc.

Nous appelons l’ensemble de nos membres et sympathisants à reproduire le logo «Matkich Bladi» sur tous leurs comptes communautaires (Facebook, Twitter…)

Notre devise Dieu, la Patrie, le Roi

Le mouvement « Matkich Bladi » « Touche Pas A Mon Pays »
 
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