Maroc : Festival du cinéma africain de Khouribga, un tournant Version imprimable
19-09-2017
Pour sa 20ème édition en 40 ans d’existence, le Festival du cinéma africain de Khouribga (FCAK), tenue du 9 au 16 septembre 2017, entame un tournant. Fort du soutien d’un leader mondial des phosphates et dérivés, OCP, il entend à s’ouvrir davantage et à se professionnaliser.
Le FCAK2017 sera inédit à plus d’un titre. Non seulement, c’est celui de la maturité, du haut de ses 40 ans, mais aussi et surtout par la mise en avant d’un cinéma quasi inconnu en Afrique et dans le monde, à savoir le cinéma du Rwanda, et, en parallèle, une exposition d’art contemporain d’Afrique à la Médiathèque de Khouribga, du 10 septembre au 30 novembre 2017.

L’hommage, rendu à la culture rwandaise au Festival du cinéma africain de Khouribga, s’est traduit par la mise en exergue du pays des Mille Collines qui a su émerger d’un conflit qui aurait mis à genou n’importe quel État au monde, à travers une reconstruction réussie, une économie émergente, une culture qui rayonne. L’écrivaine Scholastique Mukasonga, publiée chez Gallimard, et détentrice du Prix Renaudot pour son ouvrage «Notre Dame du Nil», la musique de Jules Sentore et son groupe, ainsi qu’une filmographie exprimée par le biais de trois jeunes cinéastes au talent avéré (Jean Kwezi, Richard Habyarimana et Alexandre Sibomana) ont suffi par mettre d’accord une audience conquise!

Hommage au cinéma rwandais
Noureddine Sail, président de la Fondation du FCAK, rappellera que depuis ses débuts, la rencontre, qui décerne le Grand Prix Sembène Ousmane du Sénégal, rend hommage à un pays africain à chaque édition. Après l’Éthiopie, lors de la précédente édition, cette fois ce fut au tour du Rwanda, a-t-il souligné. De son avis, c’est un cinéma à découvrir et à aider dans le sens noble du terme, compte tenu du réel talent des réalisateurs. Le film intitulé «Umutomo» ou «Les mots doux», de Jean Kwezi, mettant en scène le dilemme d’une femme entre deux êtres aimés, devant choisir en une semaine, aura suffi pour convaincre les sceptiques.

Comme dans tous les festivals du cinéma, des projections de films ont meublé la semaine du FCAK2017. De grands noms du cinéma africain, de la trempe de Ben Diogaye Bèye du Sénégal, des critiques comme Baba Diop du Sénégal… n’auraient raté ce rendez-vous pour rien au monde. Le jury, composé d’Abdellatif Laâbi, écrivain marocain, président, et des membres respectant la parité, soit 3 femmes (Sonia Oukacha, actrice marocaine, Zoulikha Bouabdellah, artiste-plasticienne d’Algérie et l’actrice sénégalaise Rokhaya Niang) et 3 hommes (Ray Léma, star congolaise de la musique, Pedro Pimenta, producteur-réalisateur du Mozambique, et Nico Simon du Luxembourg, président d’Europa Cinemas) ont eu du mal à départager les candidats. N’est-ce pas un signe déterminant de l’existence du cinéma africain? Un 7ème Art porteur de croissance et générateur de revenus… Outre le Prix Hommage à l’actrice polyglotte marocaine Sanâa Alaoui qui vient de retourner vivre dans son pays, il ressort du Palmarès un gros lot à «Félicité» d’Alain Gomis du Sénégal avec 3 Prix (Prix spécial du jury, Prix Don Quichotte des Ciné-Club, et 1er Rôle féminin à Véronique Beya Mputu), et «Train de sucre et de sel» de Licino Azevedo du Mozambique, avec deux titres (Prix du Meilleur scénario et Prix du Meilleur réalisateur), sachant que le Grand Prix Sembène Ousmane a été remporté par «Un jour pour les femmes» de Kamla Abu Zekri d’Égypte. Ce Prix a littéralement été cueilli par la réalisatrice égyptienne Kamla Abu Zekri et Ilham Shaheen, guest star, très entourée à Khouribga… Entre autres distinctions, le Prix du Meilleur Second Rôle féminin est allé à Naky Sy Savané de la Côte d’Ivoire, dans «Frontières» d’Apolline Traoré du Burkina Faso, une récompense remise à Amélie MBaye, actrice sénégalaise qui a joué dans le film, en l’absence des deux premières, le Prix du Meilleur Second Rôle masculin à Joël Atiku Okuyo Prynce d’Ouganda dans «The Black Belgian» de Jean-Luc Habyarimana du Rwanda, et le Prix du Meilleur 1er Rôle masculin à Thabo Rametsi d’Afrique du Sud dans «Kalushi» de son compatriote Mandla Dube.

En osmose avec son environnement
Événement majeur dans la ville minière de Khouribga, le festival a été ponctué de colloques, de débats et d’expositions d’art. Comment ne pas évoquer ce clin d’œil aux prisonniers subsahariens, lors du colloque organisé par la Fondation du Festival et la Délégation générale de l’administration pénitentiaire et à la réinsertion à la prison de Khouribga, autour de thèmes tels que : «L’immigration, l’intégration culturelle, procédures et défis», ou encore «La voix de l’immigrant africain dans le monde»?

Loin de se détacher de son environnement, cette rencontre du 7ème Art qui tend volontairement vers le professionnalisme, sinon rien, invite ses visiteurs à apprécier la touche de mécènes, tels que l’OCP, le designer Hicham Lahlou qui a gracieusement brandé les nouveaux trophées… À titre d’exemples, au-delà d’intégrer dans son personnel une bonne partie des ressortissants de la ville et de la sous-région, le Khouribga Skills (Formation, accompagnement d’autoentrepreneurs…), la Médiathèque (ultramoderne), qui sont des soutiens conséquents, l’OCP s’approprie le Festival du cinéma africain. Gageons que l’appel du président de la Fondation sera entendu pour porter encore plus haut une manifestation de plus en plus courue.

Daouda MBaye, envoyé spécial à Khouribga
 
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