Maroc : Franc succès de la 2ème édition de la FAID Version imprimable
01-10-2017
La Foire agricole internationale de Dakhla (FAID), qui s’est déroulée du 27 au 30 septembre, a tenu toutes ses promesses. Plus que jamais, cette péninsule du sud du Maroc affiche son ambition de se positionner en hub africain.
Un réel miracle est en train de se jouer sous nos yeux à Dakhla-Oued Eddahab. Un site désertique, jadis couvert de végétation, y reverdit. Françoise Bastide, coordinatrice de la Foire agricole internationale de Dakhla (FAID) et passionnée de la culture de ce terroir, l’a martelé. Cela ne fait aucun doute. D’un environnement qui peut paraître hostile – jugez-en vous-mêmes, avec des pointes de températures frisant les 50 °C, des précipitations n’excédant pas 150 mm, une moyenne de 50 mm et des minima à 10 mm – la région est en train certes de profiter du leadership de la ville de Dakhla au microclimat exceptionnel, mais aussi d’un savoir-faire avéré des populations et d’une volonté portée, entre autres, par le Plan Maroc Vert. Ce plan envisage pour cette région, à l’horizon 2020, une production végétale pour les primeurs (tomates rondes, tomates cerises, melons, cultures biologiques et fourragères) de 196 000 t générant un chiffre d’affaires de 242 millions d’euros, pour le lait de chamelle de 10 000 t, soit un peu moins de 5 000 000 d’euros de revenus, en viandes rouges et blanches, respectivement 2 200 t et 1 450 t pour des CA respectifs de 5 millions d’euros et 290 000 euros. À ces productions estimées viennent se greffer celles des filières locales, telles que le fromage frais du lait de chamelle (17 t), la viande séchée de dromadaire (18 t), le couscous (200 t), mais aussi des ressources halieutiques et logistiques. Doit-on rappeler que Dakhla compte près de 100 unités de stockage, de conserves et de traitement de poissons. À l’image du chantier d’une nouvelle unité de Mar Sea Food, d’une capacité de 24 t par cycle, soit 150 t par an, pour un investissement de 100 millions de DH, environ 10 millions d’euros, la zone offshore, pour accueillir des projets, est bien aménagée. C’est du moins ce qui nous a été précisé par Brahim Hamdi, vice-président de la Chambre d’agriculture de la région de Dakhla-Oued Eddahab. Autant de prétextes pour cette entité, sous l’égide du ministère marocain de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, en partenariat avec des exploitants et des bonnes volontés, de rééditer la Foire agricole internationale de Dakhla (FAID).

L’émergence d’un point nodal


Cette deuxième édition a été marquée par un riche programme d’ateliers et de conférences, animés par des experts et professeurs venant de l’université Ibn Zohr d’Agadir. La salle de conférence de la Chambre et l’amphi de l’ENCG de Dakhla ont abrité ces panels. À noter que l’exposition des institutionnels et des opérateurs, singulièrement ceux venus de Hollande, pays invité d’honneur, s’est déroulée en parallèle du Village itinérant du Conseil agricole. Un grand nombre de coopératives (coopérative Lamlaga, coopérative de services Laglat…) et GIE (Abaynou, Olive Chichaoua…) y ont pris part. Son succès a dû pousser les organisateurs à prolonger la date de clôture d’un jour. Bien entendu, les nombreux participants et exposants venus d’Europe et d’Afrique n’ont pas manqué de nouer le maximum de contacts, lors des différentes rencontres et visites sur le terrain qui ont jalonné la FAID 2017. Les fabricants d’armatures de serre (Sofafer, Batifer…), les concepteurs d’usines frigorifiques clés en main (Nav-System), mais aussi les mordus de camélidés, tels que François Brey, membre fondateur de l’association Camélomanes (Amis du dromadaire du chameau et du lama), organisateur du marathon international de dromadaires de Douz en Tunisie et auteurs de documentaires sur des chaines TV de renom...

En droite ligne avec le thème de cette année, «La percée marocaine sur les marchés africains et leur impact économique sur la région: Vision et perspectives du futur hub africain», Ahmed Baba Amar, président de la chambre d’Agriculture, a insisté sur une nécessaire coopération dans le monde d’aujourd’hui. De son avis, ces échanges sont portés par la FAID qui défend une meilleure connaissance mutuelle pour une meilleure compréhension et une entraide plus efficace. Il a ajouté que face aux changements climatiques, à travers la planète, l’agriculture est face à un besoin de rapprochement des expériences, de transfert de technologie et de mutualisation des know-how.

Au sortir des différents panels, ou visites sur site, notamment à la ferme agricole de Tawarta (tomates cerises), sur les réceptifs touristiques au PK25 ou juste avant, sur la lagune, les fermes aquacoles, l’ostréiculture… de nombreux participants ont avoué un réel désir de nouer des partenariats win-win. Tony Ejinkeonye, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Abuja au Nigéria, tout comme Bela Kocsy, directeur de la Chambre d’agriculture de Hongrie, ont salué une démarche qui mérite un benchmark et incite les opérateurs d’aller dans le sens de l’élan exprimé par les chefs d’État de leurs pays respectifs. Même son de cloche auprès des experts et consultants, tels que le Hongrois Dr Jozsef Steier, le Malien Aly Ag Mohamed El Maouloud, ingénieur consultant, ou d’Ali Atouf de VvVVL «Atouli» et Rachid Atouli, PDG de Ratouli Seafood… pour ne citer que ceux-là. De concert, nos interlocuteurs ont plaidé pour imprimer une cadence plus énergique à la coopération interafricaine, sachant que les germes du futur sont en leur possession.

Daouda MBaye, rédacteur en chef
 
< Précédent   Suivant >
Toute l'actualité

Après Addis-Abeba et le Sud-Soudan, la représentante permanente des États-Unis à l’ONU, Nikki...
[La suite...]

Le putsch manqué de septembre 2015 n’a pas fini de révéler ses secrets et son étendue. Le général...
[La suite...]

Suite à la déclaration d’indépendance de la Catalogne adoptée par le Parlement catalan, vendredi 27...
[La suite...]

Le deuxième round de l’élection présidentielle au Kenya risque de mettre KO debout la locomotive de...
[La suite...]

Dans ce bref entretien, Nissale Berrached, directeur général de Philips pour l’Afrique du Nord et...
[La suite...]

Dans sa stratégie de développement, l’Afrique figure en bonne place sur les plans d’AccorHotels. Le...
[La suite...]

Autres articles
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×