Maroc : L’entrepreneuriat, vers un écosystème performant ? Version imprimable
02-10-2015
Dans le cadre du cycle de conférences organisé par la Fondation Attijariwafa bank, le siège du groupe bancaire marocain à Casablanca a abrité, jeudi 1er octobre, un débat autour du thème «L’entrepreneuriat au Maroc: vers un écosystème performant». La jeune classe d’entrepreneurs piaffe d’impatience et exige déjà de profondes réformes pour aller plus vite.
Pour se construire, un pays a besoin de tous ses fils. Le Maroc, qui l’a bien compris, mobilise toutes les forces vives de sa nation pour réaliser son émergence. Au cours de la conférence-débat, organisée par la Fondation Attijariwafa bank à Casablanca, autorités publiques, professionnels de la banque, opérateurs économiques et autres universitaires ont échangé sur l’existant d’un écosystème à même de promouvoir l’entrepreneuriat, mais aussi sur les améliorations et réformes à apporter pour plus de réalisations. Des avancées ont été notées avec l’existence d’un réel écosystème pour accompagner et soutenir les PME et autres TPE. Fort heureusement, une nouvelle génération d’entrepreneurs engagés et différents de leurs aînés ont mis en place des structures qui ont pignon sur rue. C’est du moins l’avis de Hamid Bouchikhi, professeur à l’Essec Business School, Paris, qui a modéré les débats. Ces jeunes qui ne demandent que des réformes audacieuses pour leur faciliter la voie vers le succès (recrutement de talents, de changement de mentalités, de fiscalités dédiées…) ne comptent que sur leurs efforts… 

Dans un premier panel, Mamoun Bouhdoud, ministre marocain délégué, chargé des Petites entreprises et de l’intégration du secteur informel, a exposé les actions, les pistes et autres institutions de soutien à l’entreprise. Il a notamment mis l’accent sur son chantier de mandat, à savoir l’implémentation du statut d’auto-entrepreneur. Aujourd’hui, plus d’une centaine existe. Le ministre est conscient du chemin qui reste à parcourir, mais interpelle les opérateurs, jeunes et moins jeunes, à plus d’audace et d’engagement. De son côté, Dounia Boumehdi, directeur général de Maroc Numeric Fund (MNF), un fonds d’investissement qui comprend dans son tour de table des participations à la fois publiques et privées, est revenue sur les missions de ce fonds d’amorçage. De son avis, ce catalyseur de la création et de l’innovation technologique, qui investit dans les start-up à fort potentiel technologique, baigne déjà dans un écosystème propice au Networking (réseautage). En effet, MNF est basé au Technopark de Casablanca, première pépinière pour l’incubation de telles entreprises. Pour la DG de MNF, l’institution joue à fond son rôle pour combler le maillon faible de la chaîne de financement. Elle a néanmoins déploré qu’avec des délais de paiement qui atteignent quelques fois les 12 mois, et une frilosité à laquelle font face ces nouvelles structures, la petite entreprise a du pain sur la planche. Des tares qui peuvent expliquer un taux d’échec, qui reste selon elle, en deçà de la moyenne au Maroc. 
Quant à Fatim Zahra Oukacha, directrice générale de CEED Maroc (Center for Entrepreneurship and Executive), elle a rappelé les opportunités qu’offre le CEED pour développer une nouvelle génération d’entrepreneurs à vocation internationale, notamment en termes de formation, de Networking et de Mentorat. La directrice du CEED qui n’en est pas moins à la tête de ses propres entreprises, n’a pas manqué de titiller autant les autorités que les banques ou encore les représentants de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) présents dans la salle. 

Quatre jeunes entrepreneurs, deux femmes et deux hommes, qui ne s’attaquent pas seulement au marché local, parce que déjà bien ancrés dans l’export, ont partagé leurs expériences avec la salle. Des parcours différents, qui ressemblent parfois à celui du combattant, mais qui ont le mérite de mettre sur le marché un produit en adéquation avec des besoins réels. De Maleem.com (agrège des Maâlems ou artisans) de Zineb Zaki à Careem.com (locations de taxis en ligne) à VBS (éditeur de logiciel de gestion de patrimoine immobilier), en passant par une unité de cosmétiques orientée sur le marché américain, où elle écoule des produits à base d’huile de pépins de figues de Barbarie, la création est bien au rendez-vous. Il suffit juste de l’accompagner…

Par Daouda MBaye, Rédacteur en chef exécutif
 
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