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Maroc, rationalisation de l’irrigation : une expérience de reconversion dans la région de Marrakech Version imprimable
30-12-2011
Dans la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz, où le stress hydrique est accentué par une pluviométrie oscillant entre à peine 250 mm et 300 mm d’eau de pluies par an, le roi Mohammed VI du Maroc a donné, jeudi 29 décembre, le coup d’envoi d’un important projet de reconversion de l’irrigation.

En décidant de passer d’un système d’irrigation gravitaire, énormément consommateur d’eau, à un autre, dit « au goutte à goutte », beaucoup plus rationnel, le Maroc entend plus que  jamais lutter contre le gaspillage de l’eau. Dorénavant, sur le secteur N1-2 du périmètre irrigué N’Fis, dans la commune rurale de Saâda, située dans la province Marrakech, une expérience de reconversion de ces systèmes d’irrigation sera tentée. Le lancement de ce projet, qui porte sur une superficie de près de 100 000 ha et devra bénéficier à quelque 25 000 agriculteurs, a en effet été, jeudi 29 décembre, donné par le roi du Maroc.
Devant nécessiter un financement de 6,5 milliards de dh, ce chantier permettra de générer d’importantes économies d’eau, portant l’efficience de l’irrigation de 50% à 90%, et de valoriser les eaux d’irrigation de 2,3 à 5,5 dh/m². Au-delà de cet aspect de lutte contre les déperditions d’eau, dues à l’irrigation gravitaire, qu’il favorise, il s’agit de moderniser davantage l’agriculture, en portant la production de 19 000 dh à 42 000 dh à l’hectare.

Une nécessité
Certes la région cible dispose déjà de 75 barrages, à même de collecter 930 millions de m 3/an, d’un réseau d’irrigation de 2 500 km, mais face au grave stress hydrique auquel elle est confrontée, un tel projet est devenu une nécessité, ont souligné les responsables de l’Office régional de la mise en valeur agricole du Haouz, en charge de ce vaste programme. Ces derniers, qui ont précisé les détails de la reconversion, devant s’étaler sur 3 tranches (1ère tranche de 12 200 ha en cours, 2ème tranche sur 10 000 ha entre 2012-2014, et une dernière  sur la période 2014-2020 sur le reliquat), ont évoqué, dans un premier temps, quelque 146 km supplémentaires de conduites sous pression, 50 bornes d’irrigation collectives, 390 bornes individuelles, ainsi que divers équipements pour une agriculture intensive.
A noter que l’expérience, qui se déroule dans la commune rurale de Saâda, s’inscrit dans le Plan Maroc Vert, plus global, d’une agriculture à forte valeur ajoutée.

D. M.
 
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