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Mécanisme de développement propre : le rôle du FABER Version imprimable
24-07-2009

Nous allons aider les pays africains à concevoir des projets éligibles au Mécanisme de développement propre (MDP) et à contribuer de manière significative à la lutte contre le changement climatique, indique le directeur du FABER, Thierno Bocar Tall.


Propos recueillis par Hance Guèye, Dakar

 

Les Afriques : Qu’est-ce que le FABER ?

Thierno Bocar Tall : Le Fonds Africain des biocarburants et des énergies renouvelables est une initiative conjointe de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), de la CNUCED, des institutions financières africaines et des Etats membres de la CEDEAO.

« Ce fonds veillera à fournir des retours plus importants pour les investissements dans les projets de biocarburants et d’énergies renouvelables qui génèrent des Réductions d’émissions certifiées. »

Cette initiative a vu le jour en novembre 2006, à Accra au Ghana, lors d’une conférence régionale sur le financement des biocarburants et la plantation de jatropha en Afrique. Le FABER a pour principal objectif de promouvoir les projets éligibles au Mécanisme de développement propre (MDP) et d’assister les Etats à contribuer de manière significative à la lutte contre le changement climatique. Ce fonds veillera à fournir des retours plus importants pour les investissements dans les projets de biocarburants et d’énergies renouvelables qui génèrent des Réductions d’émissions certifiées (REC). Les investisseurs, aussi bien privés que publics, du fonds percevront des REC au titre de leurs investissements. En novembre 2007, une société pour la promotion du Fonds a été mise en place par la BIDC. Le business plan, financé par Carbon Finance Assist de la Banque Mondiale, a été élaboré par Carbon Market Solutions en septembre 2008.

 

Thierno Bocar Tall : « Nous devons aider les secteurs publics et privés à profiter des opportunités qu’offre le Protocole de Kyoto. »

Thierno Bocar Tall : « Nous devons aider les secteurs publics et privés à profiter des opportunités qu’offre le Protocole de Kyoto. »

LA : Comment le fonds est-il géré ? Vous n’êtes pas sans savoir que le premier défi pour les fonds est la transparence.

TBT : Nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour assurer toute la transparence requise. Pour lui assurer les normes internationales de bonne gouvernance, nous avons lancé un appel d’offres international pour la gestion du fonds, en décembre 2008. C’est la compagnie Principle Capital de Londres qui a été retenue comme gestionnaire du fonds d’investissement et le Groupe Natixis comme gestionnaire du Fonds Carbone qui, lui, sera lancé plus tard.

 

LA : Qui sont les partenaires du FABER ?

TBT : Outre la BIDC, parmi les partenaires du fonds on peut citer : Carbon Finance Assist (CF Assist) de la Banque mondiale, qui a financé le business plan, les Etats membres de la CEDEAO, les Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), le Groupe Ecobank, la compagnie d’assurance International Energy Insurance (IEI) du Nigeria et le FAGACE (Fonds Africain de garantie et de coopération économique). Des institutions comme la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), la Preferential Trade Area Bank (PTA Bank) et la Banque africaine de développement (BAD) ont manifesté leur intérêt à coopérer de manière étroite avec le FABER.

 

LA : Avez-vous déjà mis en œuvre des projets ?

TBT : Avec l’appui de la BIDC, le FABER dispose déjà d’un pipeline de plus de 100 projets. Parmi ceux-ci on peut citer : l’étude pour l’introduction des lampes fluorescentes compactes au Bénin et au Togo, en coopération avec la Communauté électrique du Bénin ; l’élaboration d’un programme d’efficacité énergétique et d’un projet de décharge de la SITRADE en Côte d’Ivoire ; le développement de projets d’énergies renouvelables (éolien, solaire et de mini barrages) en Guinée et au Mali ; la contribution à la réalisation d’un projet de production de biocarburant à partir du sorgho sucré, en coopération avec Nigeria EXIM Bank au Nigeria.

Le projet de décharge de la SITRADE, qui est en cours d’enregistrement, sera le premier projet francophone de l’UNFCCC (NDLR Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques). La convention devrait être signée ce mois de juillet.

LA : Pourquoi les pays africains ne bénéficient-ils guère des crédits carbones ?

TBT : Sur un total de 1704 projets enregistrés à l’UNFCCC au 3 juillet dernier, l’Afrique ne représente que 1,76%, soit 30 projets. L’Afrique du Sud et l’Afrique du Nord représentent plus de 90% de ce taux. Ce faible taux est principalement dû à une perception des risques élevés dans le financement des projets, à la faible compréhension du mécanisme, aux obstacles institutionnels et réglementaires et enfin au manque de communication sur le Protocole de Kyoto.

 

LA : Le FABER peut-il aider à remédier à cette situation ?

TBT : Cela fait partie de notre mission. Nous devons aider les secteurs public et privé à profiter des opportunités qu’offre le Protocole de Kyoto, puisque l’Afrique émet moins de 3% des gaz à effet de serre. Aussi aidons-nous les pays à intégrer les crédits carbones dans le schéma de financement des projets. Nous aidons également à mettre en place le cadre réglementaire dans le domaine énergétique, à fournir de l’assistance technique pour la recherche et le développement pour assurer l’efficacité et l’utilisation durable des ressources.


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