Nadira El Guermaï, gouverneur, coordinatrice INDH (Maroc) Version imprimable
18-07-2017
L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) va au-delà de générer des emplois et des revenus, c’est un projet de société lancé par le Roi Mohammed VI, le 18 mai 2005, et qui contribue au développement inclusif. Porteur de changements, il redonne confiance et accroît l’estime de soi. Des résultats qui ont fini par séduire des pays africains. Nadira El Guermaï, gouverneur, coordinatrice nationale de l’INDH, le confirme dans ce bref entretien.
Les Afriques : L’INDH est un projet de règne. A valeur d’aujourd’hui, comment appréciez-vous les plus importants accomplissements?
Nadira El Guermaï : La satisfaction, on peut la lire à différents niveaux et sur différents registres. Déjà la première satisfaction vient du constat fait par ce projet royal, soutenant que la pauvreté est une réalité, ici comme partout ailleurs, y compris dans les pays dits industrialisés. Il s’agit de la combattre et non la contourner. Il a alors été question de l’analyser, de la comprendre, voire comment la dépasser. On ne pourra jamais l’éradiquer complètement, encore une fois ici comme ailleurs, car même dans les pays développés, il subsiste des poches de pauvreté. Cette façon de reconnaître la réalité et de voir comment la dépasser ensemble constitue une grande avancée.

Ensuite, toute cette nouvelle gouvernance, sur laquelle s’appuie l’INDH, est intéressante à plus d’un titre. Dans tous les projets de l’INDH, ce ne sont pas les décideurs qui sont aux commandes, mais la population. C’est la première fois qu’un programme de ce genre voit le jour au Maroc. En effet, ils sont exécutés à travers le diagnostic participatif de la population. C’est à partir des besoins exprimés de la population que nous apportons des réalisations. Permettre à la population d’exprimer ses besoins, c’est la reconnaître, la responsabiliser de sorte qu’elle devienne un acteur et non un spectateur. Ce changement de comportement est très important et s’harmonise au nouveau type de management participatif induit par cette démarche. L’INDH est complètement territorialisée. C’est un management qui responsabilise l’autre, et nous ne faisons qu’accompagner.

Autre élément de nouveauté : l’INDH a permis une convergence entre acteurs des politiques publiques et tous les acteurs responsables du développement humain au Maroc. Il ne se substitue pas aux départements ministériels, bien au contraire, il les écoute, les accompagne, les conseille et les complète. Nous sommes en parfaite symbiose et travaillons dans une intelligence collective, chacun selon son angle d’attaque, ses responsabilités et missions… et les résultats suivent. Aussi, nous avons, aux niveaux local, provincial et régional, des comités de développement humain qui sont tripartites et qui comprennent les élus, les services déconcentrés de l’État et le tissu associatif. Ensemble, ils analysent les attentes de la population pour les transformer en projets d’une façon participative.

Quid de l’impact?
En termes d’impacts, j’insisterai sur celui qui n’est pas quantifiable et qui se traduit par le changement de comportement, de réflexes, la confiance en soi... c’est une meilleure estime de soi. Ce sont des choses qu’on ne peut pas quantifier, mais lorsqu’on compare les situations des bénéficiaires avant et après, la différence est grande. Maintenant, ils se projettent sur l’avenir, leur épanouissement est palpable. Ils ont un agenda rempli de la journée, avec une satisfaction personnelle au quotidien. Ils deviennent ainsi utiles à eux-mêmes et utiles à leur famille. Toute la donne change au niveau familial. Celui qui était fataliste devient ainsi responsable et croit que «c’est possible de…». Au lieu d’avoir des croyances limitatives, il sera armé de croyances constructives qui lui permettront d’aller de l’avant.

L’INDH a séduit un certain nombre d’États dans la sous-région. Avez-vous déjà ou comptez-vous noué des partenariats avec d’autres États africains?
Depuis deux ans maintenant, nous travaillons avec le Gabon, pays avec lequel nous sommes liés dans le cadre d’un accord-cadre et de conventions spécifiques signées devant les Hautes Instances des deux pays. L’INDH a 12 ans. Nous venons de fêter son anniversaire à Fès. C’était un forum purement africain, avec la participation de délégations venant de 25 pays du continent. Nous avons alors signé un certain nombre de conventions pour travailler ensemble dans ce sens. Et en juin 2018, dans le cadre de la continuité d’échanges d’expériences africaines, la RCA (Ndlr : République centrafricaine) va organiser un forum sur le développement humain.

Nous sommes ouverts à toutes formes de partenariats, d’échanges d’expériences et de bonnes pratiques. Nous sommes convaincus que nous pouvons apprendre les uns des autres, tout en respectant les spécificités et l’héritage civilisationnel de chaque pays.

Propos recueillis par Daouda MBaye
 
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