Où va le Togo? Version imprimable
09-10-2017
Au Togo, petit pays d’Afrique de l’Ouest, de 54 385 km², logé entre le Ghana et le Bénin sur une bande longue de 600 km et large de 50 à 150 km, comptant à peine 8 millions d’habitants, est-on en train de vivre la fin du règne d’une famille? Depuis plusieurs semaines, l’opposition togolaise réunie au sein d’une coalition de 14 partis d’opposition, la Coalition des forces démocratiques, mais aussi d’éléments influents de la société civile, brave l’interdiction de manifester pour demander que le pouvoir du président Faure Gnassingbé fixe une date pour l’organisation d’un référendum, portant sur la réforme constitutionnelle. Cette mouvance de l’opposition, qui comprend le Groupe des 6, CAP 2015, le PNP, la Santé du peuple, CAR, regroupe aussi le Parti national africain, l’Alliance nationale pour le changement… les chefs de file de l’alternative politique togolaise.
ABDERRAZZAK SITAÏL, DIRECTEUR DE PUBLICATION
Abderrazzak Sitaïl, Directeur de publication, Groupe Les Afriques

Face au président actuel qui entame son 3ème mandat, depuis son accession au pouvoir en 2005, succédant à son père Gnassingbé Eyadema, décédé le 5 février 2005 dans l’avion qui l’évacuait sur la France, pour soins médicaux, l’opposition exige une réforme constitutionnelle avec la limitation à 2 mandats présidentiels à effet immédiat, avec rétroactivité, un scrutin uninominal à 2 tours, le vote de la diaspora. Ce que le gouvernement actuel refuse réprimant sévèrement les populations qui manifestent pacifiquement avec des tirs de balles réelles. Dans les grandes localités, telles que la capitale Lomé, ou Sokodé, Bafiilo, Kara, le scénario reste le même : une répression sanglante.

Doit-on rappeler que Gnassingbé fils a pris le pouvoir depuis 2005 d’un père qui régna en maître de 1967 à sa mort sur le Togo. Celui qu’on accuse d’avoir participé à l’assassinat de Sylvanius Olympio, premier président du Togo de 1961 à 1963, destitua, alors qu’il était chef d’état-major des armées togolaises, par un coup d’État, le président Nicolas Grunitzky. Jusqu’à sa mort en 2005, il a fait régner une dictature autoritaire dans le pays. Si le pouvoir en place obtient gain de cause, le président Faure pourra rester au pouvoir au-delà de 2030. La crise étant réellement consommée, des médiations sont entreprises par Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, ou envisagées par l’Union africaine, la Cedeao, ou encore l’Unowas (Bureau de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel), pour décanter la situation.

Abderrazzak Sitaïl, directeur de la publication
 
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