Pétrole : Le cours à l’épreuve des Accords d’Alger et de Vienne Version imprimable
03-03-2017
Dans la matinée du 3 mars 2017, nous avons pour la cotation du pétrole 52,87 $ pour le WTI et 55, 42 $ pour le Brent, avec 10 504 $ pour un euro. Pour le gaz naturel, le cours à la Bourse affiche 2,80 $ le MBTU, soit une légère remontée par rapport au 27 février 2017 (2,67 $ le MBTU) contre 3,80 $ à fin décembre 2016. Une étude de World Data Bank (2016) montre clairement une forte corrélation entre les cours du gaz et des produits pétroliers avec une percée du marché spot.
Les prix des contrats long terme d’approvisionnement en gaz naturel sont en effet indexés sur le cours du Brent avec un décalage de 3 à 6 mois des prix de contrat long terme sur celui du Brent, étant dû à un lissage des formules d’indexation. Pour le pétrole, les États-Unis ont produit plus de 9 millions de barils/jour en février 2017 et, selon l’agence Reuters, un autre grand producteur non-OPEP, à savoir la Russie, aurait mis sur le marché en février 11,1 millions de barils/j, soit une réduction de 100 000 barils jour, alors qu’il s’était engagé sur une baisse de 300 000 barils/jour.

L’engagement correspondant à l’effort envisagé, lors de la réunion d’Alger de septembre 2016, devrait permettre la remontée des cours du pétrole entre une fourchette fluctuant entre 55 et 60 $ le baril, suite aux travaux du Comité de haut niveau qui a permis d’aplanir les tensions, notamment entre l’Arabie saoudite et l’Iran. La dernière réunion à Vienne, en décembre 2016, a permis aux pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et certains pays non-OPEP de parvenir à un accord de réduction, et ce, pour la première fois depuis 2008, qui devrait être ramenée de 33,6 millions de barils par jour à 32,5 millions/j. Il est prévu que l’accord des pays non-OPEP s’applique, comme celui de l’OPEP à partir du 1er janvier 2017 pour 6 mois, avec une prolongation possible de 6 mois supplémentaires. Les limites de production prévues par l’accord touchent 11 des 14 pays membres de l’OPEP. L’essentiel de l’accord du 30 novembre est porté par les plus gros producteurs du cartel (Arabie saoudite, Irak, Émirats arabes unis, Koweït), tandis que l’Iran, le Nigéria et la Libye en ont été exemptés. Seul l’Iran a bénéficié de la référence la plus favorable avec un volume de 3,97 Mb/j retenu (contre un niveau de 3,69 Mb/j, bien qu’il souhaite que sa production remonte à 4,2 Mb/j). L’Irak doit construire son économie et peut exporter facilement plus de 5/6 millions de barils par jour à un coût inférieur de 20% par rapport à ses concurrents et de surcroît un pétrole de bonne qualité. Il n’a pas bénéficié des mêmes avantages et se pose la question s’il devait respecter l’accord. L’Iran et l’Irak pourraient être tentés de dépasser leurs quotas s’ils disposent d’excédents. Le Nigéria vient d’annoncer, fin février 2017, un accroissement de plus de 300 000 barils par jour entre 2017 et 2018 sans compter le retour de la Libye qui peut exporter entre 1,5 et 2 millions de barils par jour. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a accepté de ramener sa production à 10,06 millions de barils par jour (bpj) et donc de réduire sa production de 500 000 barils. Les pays non-OPEP présents ont convenu d’une réduction de 558  000 barils/j qui s’ajoute à la réduction de 1,2 million de bpj des pays OPEP, soit près de 1,8 million de b/j. Pour les non-OPEP, la Russie sera le plus important de ces contributeurs avec une réduction de 300 000 bpj. Cependant, selon l’agence Reuters, en ce mois de mars 2017, la Russie n’aurait pas tenu ses engagements quant à la réduction de sa production de pétrole de 300 000 barils par jour, assurant qu'elle a produit en février 11,1 millions de barils par jour, contre plus de 11,2 millions en octobre, ce qui représente une réduction seulement de 100 000 barils par jour.

La suite à lire dans le prochain numéro du magazine

Dr Abderrahmane Mebtoul, expert international
 
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