| Pour le Brésil, «l’Afrique est le marché du futur» |
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| 30-06-2009 | |
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Pour Miguel Jorge, ministre d’Etat, ministre brésilien du Développement, de l’Industrie et du Commerce extérieur, il est urgent « de rééquilibrer la balance commerciale entre le Brésil et le continent africain ».
Propos recueillis à Dakar par Mamadou Lamine Diatta
Les Afriques : Vous venez d’effectuer une tournée dans quatre pays d’Afrique subsaharienne, dont le Sénégal. Quel est l’objet de cette offensive brésilienne en Afrique occidentale ? Miguel Jorge : Vous savez, le Brésil a l’ambition de renforcer davantage son partenariat avec l’Afrique. Nous réfléchissons d’ailleurs sur les voies et moyens pour mettre en œuvre un transfert effectif de technologies vers ce continent d’avenir. Avec le Sénégal, par exemple, nous envisageons de recevoir une mission de techniciens pour qu’elle vienne s’imprégner de notre riche expérience en matière de transformation de fruits et légumes. Dans le domaine des énergies renouvelables, le Brésil veut faire profiter l’Afrique de sa maîtrise dans ce domaine de pointe. Figurez-vous que, d’ici la fin de l’année en cours, nous aurons quelque 10% de biodiesel dans le diesel commercialisé dans notre pays. L’Afrique a bien besoin de cette expérience et, depuis 2002, le président Lula a pris la décision stratégique d’établir des rapports d’égalité, un partenariat gagnant-gagnant avec ce continent, bien entendu dans le cadre de la coopération sud-sud. Ceci parce que nous avons constaté un énorme déficit dans nos échanges avec l’Afrique. « Contrairement à la philosophie des pays développés du Nord, le Brésil propose un transfert gratuit de technologies. »
LA : Comment va se manifester cette offensive brésilienne vers l’Afrique ? MJ : Il faut d’abord faire un premier constat. De 2003 à 2008, les exportations brésiliennes vers l’Afrique sont passées de 350 millions à 795 millions de dollars, au moment où les exportations d’un pays comme le Sénégal en direction de notre pays n’ont pas dépassé les 160 000 dollars en 2008. Nous devons renverser cette tendance et développer un commerce beaucoup plus équilibré. Il y a donc une urgente nécessité de rééquilibrer la balance commerciale entre le Brésil et le continent africain. Nous ne pouvons le faire qu’en diversifiant les investissements, car l’Afrique est le marché du futur. Nous travaillons d’ailleurs à importer davantage de produits africains, en raison notamment des liens historiques très forts. Je le répète, le Brésil a pris un engagement ferme de mieux commercer avec l’Afrique et avec Haïti. L’idée, c’est de faire progresser ce continent et ne pas en faire uniquement un réservoir de ressources naturelles. Nous voulons établir un pont de confiance et des rapports de partenariat basés sur le souci de qualification de la main-d’œuvre africaine. C’est ce qu’on a déjà fait en faisant venir chez nous des étudiants namibiens pour les former dans le domaine de la marine marchande. En Afrique de l’Ouest, le Brésil va aider quelques pays comme le Sénégal ou le Ghana à se doter d’avions pour leurs compagnies aériennes, car nous sommes le troisième producteur d’avions dans le monde et le premier en matière d’avions à réacteurs.
LA : Vous vous intéressez quand même aux ressources naturelles ? MJ : Nous avons du pétrole en suffisance, mais nous avons besoin d’importer du pétrole léger d’Afrique, car le nôtre est lourd. Par ailleurs, des sociétés brésiliennes travaillent avec des industries minières africaines. Nous avons besoin de potassium et l’Afrique s’engage à nous le fournir. Il y a donc lieu de se féliciter de la tenue il y a quelques jours, à Dakar, d’un forum Brésil-Afrique subsaharienne qui a contribué à la relance de notre coopération avec ce beau continent. Notre souci premier, dans le cadre des missions commerciales que nous organisons en Afrique, c’est d’inciter progressivement les entreprises brésiliennes à s’installer sur ce continent comme elles le font déjà en Angola. Ce n’est pas difficile de s’installer et d’opérer un transfert de technologies. Contrairement à la philosophie des pays développés du Nord, le Brésil propose un transfert gratuit de technologies. Dans le volet agricole, nous envisageons d’appuyer l’Afrique pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Au Brésil, l’agriculture familiale occupe 70% de ce secteur vital. C’est ce savoir-faire que nous voulons transplanter en Afrique dans un contexte de crise financière internationale qui ne nous a pas épargnés. Voir Aussi :
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