Rabat : Exposition «L’Afrique en Capitale» ou l’Afrique à l’honneur Version imprimable
13-04-2017
Pendant tout un mois, du 28 mars au 28 avril, Rabat, capitale administrative du Maroc, qui revendique le statut à la fois de Ville Lumière et Capitale marocaine de la Culture, accueille un mois d’intenses d’activités culturelles qui mettent l’Afrique à l’honneur.
Décidément, le Maroc ne cesse d’exprimer son ancrage au continent africain. Avec l’exposition, «L’Afrique en Capitale», qui a lieu à Rabat, depuis le mardi 28 mars et qui doit s’achever vendredi 28 avril, ce sont l’art et les expressions contemporaines de l’Afrique qui sont à l’honneur, à travers pas moins de 36 temps forts au sein de 18 espaces. Inaugurée par le roi Mohammed VI et le roi Abdallah II de Jordanie, il s’agit d’un riche programme, gratuit et accessible à tous, et qui s’inscrit dans le sillage du discours du roi du Maroc, lors du 28ème Sommet de l’Union africaine. Rappelons que, déjà le 7 mars à Rabat, à l’auditorium du Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain de Rabat, Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des Musées, institution coordinatrice de l’événement, et Brahim El Mazned, commissaire général, en donnaient un avant-goût. Depuis le début de cette importante manifestation culturelle, qui met en avant l’Afrique, les témoignages sont unanimes.

À la découverte de la créativité d’un continent
Véritable parcours de découvertes, la manifestation «L’Afrique en Capitale» pourrait être comprise avec le nom du continent écrit en lettres bâtons «AFRIQUE», pour magnifier sa grandeur et tout ce qu’il a produit de beau ou est à même d’engendrer. Pendant tout un mois, la ville de Rabat est ainsi animée d’expositions d’arts plastiques et d’objets du patrimoine, mais aussi de concerts et de projections de films. Les initiateurs de ce projet d’envergure, à savoir la Fondation nationale des Musées, ont organisé cet événement en symbiose avec la majorité des opérateurs culturels et institutionnels de la capitale. Parmi ces derniers figurent les ministères marocains de la Culture, de la Communication, de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, l’Académie du Royaume du Maroc, le Conseil national des droits de l’Homme, l’Université Mohammed V de Rabat, l’Université internationale de Rabat, l’Agence marocaine de coopération internationale, l’Institut des études africaines, la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, le Théâtre national Mohammed V, la Fondation ONA, la Fondation CDG, la Fondation Montresso, la Fondation Hiba, Barid Al-Maghrib, l’Office national des chemins de fer, le Musée de Bank Al-Maghrib, le Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain, le Centre cinématographique marocain, l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma, et la Fédération royale marocaine de football.
Ce vaste programme est enrichi de toute une série de conférences et de manifestations d’art urbain. Aujourd’hui, jeudi 13 avril, l’Agora africaine sera le lieu d’une importante conférence sur le thème «L’Afrique en mouvement : migrations, diaspora et mobilités»…

À voir et à revoir
Pour tous ceux qui n’ont pas encore eu l’opportunité de visiter les différents espaces et qui s’intéressent aux arts plastiques, un premier parcours d’art contemporain relie les galeries Bab Rouah et Bab El Kébir, dépendant du ministère marocain de la Culture, les espaces d’exposition des Fondations ONA et CDG et le Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain. Des expositions en plein centre-ville de Rabat permettent ainsi d’apprécier un «Regard sur l’Afrique», d’abord posé à la Galerie Bab Rouah par un ensemble d’œuvres d’une collection privée unique, offrant une exploration originale des tendances de l’art africain actuel. À la Villa des Arts, sous l’égide de la Fondation ONA, «Gaia à travers ses miroirs» ou la terre dans tous ses états est un ensemble d’expositions et d’installations, issues d’une sélection d’artistes, tels qu’Ahmed Louardighi, Najia Mehadji, Abderrahim Yamou, Pierre Bodo, Jean Goba, Cheri Samba, Calixte Dakpogan, Gonzalo Mabundo, Fabrice Monteiro.
C’est à l’espace Expression CDG qu’Abdoulaye Konaté, artiste-plasticien du Mali de renommée mondiale, qui compose avec des languettes de bazin (cotonnade très usitée dans l’habillement ouest-africain), dévoile aux visiteurs des œuvres magistrales entre peinture, sculpture et installation. Il présente pour la première fois au Maroc «L’étoffe des songes», une série inédite, élaborée en dialogue avec le textile marocain et les artisans de Fès.
Au Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain, considéré comme vaisseau amiral de l’écosystème artistique marocain, deux artistes de premier plan, Wahid Chehata, photographe français d’origine tunisienne, et Kouka Ntadi, peintre congolo-français, dévoilent «Présence commune». C’est le fruit du travail d’une résidence effectuée à Marrakech, avec le soutien de la Fondation Montresso. Au sein de l’espace muséal, Wahid Chehata, installé au Mali depuis 2014, présente pour la première fois «Renaissance», stupéfiante série de portraits réinventant une nouvelle mythologie de l’Afrique vue du côté de la lumière et de la splendeur. Sur le parvis du musée, Kouka Ntadi, peintre, graffeur et acteur du mouvement hip-hop, propose une rétrospective de ses 4 années de recherche picturale sur le thème du «Guerrier Bantu», symbole puissant de sa quête de liberté et d’identité.
Sur ce même espace, le visiteur peut aussi apprécier l’exposition-photos «Hommage», composée d’archives du souvenir de photographes récemment disparus, comme Malik Sidibé, «L’œil de Bamako», la photographe-journaliste Leila Alaoui, à travers sa collection «Les Marocains», et Othmane Dilami qui révèle avec la série «Les Musiciens de la transe».
Aux Oudayas, l’exposition «Regards croisés» est une occasion pour percevoir le rendu de l’œil neuf que des artistes photographes africains posent sur notre environnement, révélant la réalité et le rêve, le temps présent et la mémoire de la ville de Rabat.

Le patrimoine n’est pas en reste
À la Bibliothèque du Royaume du Maroc, en partenariat avec l’Institut des études africaines relevant de l’Université Mohammed V, et Barid Al-Maghrib, respectivement une exposition intitulée «Patrimoine», collection unique de manuscrits anciens, révélant les subtilités de la calligraphie arabo-africaine, de cartographie et d’iconographie anciennes mais aussi de la philatélie du continent, et «L’Or de l’Afrique», passionnante exposition qui retrace la longue et riche histoire des relations culturelles et commerciales entre le Maroc et l’autre rive du Sahara, attirent l’attention sur un capital africain riche et explore les richesses du patrimoine et des relations culturelles entre le Maroc et le reste du continent. Ce sera l’occasion d’apprécier le troc qui permit aux marchands marocains d’échanger des marchandises les plus variées, telles que vêtements, objets ou lingots de cuivre, papier, maroquinerie, céramique, cauris et surtout du sel, contre le métal précieux.

Conférences, projections de films, concerts…
«L’Afrique en Capitale», c’est aussi une occasion ponctuée de conférences pour des débats d’idées chaque jeudi à l’auditorium du Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain. Ceux qui ont raté ou assisté – c’est selon – celle du 6 avril sur «Journée d’étude sur le patrimoine commun en Afrique», initiée par l’Université Mohammed V et l’Institut des études africaines, peuvent se rattraper ou échanger de nouveau sur celle d’aujourd’hui. Les 20 et 27 avril, ce sera au tour respectivement du salon littéraire «Voix de femmes», conférences organisées par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), en partenariat avec l’Académie du Royaume du Maroc, l’Agence marocaine de la Coopération internationale et l’Université internationale de Rabat, puis de l’hommage «Sur les traces de Léopold Sédar Senghor», organisé à l’Académie du Royaume du Maroc.
À noter que la créativité cinématographique africaine ne sera pas en reste, dans la mesure où le Festival des Écoles de Cinéma est organisé par l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma, en partenariat avec le CCM et le ministère marocain de la Communication, afin de renforcer la coordination entre les écoles spécialisées du continent. À ce titre, un programme de Master Class et de tables rondes est proposé, ainsi que des hommages aux vétérans du cinéma africain et des projections de films du continent aux cinémas Renaissance et 7ème Art.
Parce qu’il n’y a pas de célébration africaine sans musique, comme l’ont si bien dit les initiateurs, la musique sera au rendez-vous, avec notamment 2 grandes soirées au Théâtre national Mohammed V. Si la soirée inaugurale, animée par le quintet musical et vocal Jokko qui trace un trait d’union entre le Maroc, le Sénégal, le Mozambique et la Côte d’Ivoire, est derrière nous, le gala de clôture verra Aziz Sahmaoui, fondateur de l’Orchestre national de Barbès, apporter les dernières notes, en compagnie de sa nouvelle formation, l’University of Gnawa. Aussi, pendant toute la durée de cet événement, la Villa des Arts de Rabat mettra les visiteurs au diapason des rythmes africains (artistes africains installés au Maroc), avec un rendez-vous chaque vendredi soir.

Même les graffiti et le foot...
Afin d’inscrire aussi dans ses actions l’art urbain et le football, sport roi qui fédère, et toucher le plus grand nombre, «L’Afrique en Capitale» n’a pas occulté cette forme d’art et l’implication de la Fédération royale marocaine de football. «Hors les murs» et «Sur les murs» expriment des fresques murales, initiative en partenariat avec la Fondation Montresso, la Galerie 38 et la Fondation CDG. Ainsi, deux fresques de l’artiste ivoirien Médéric Turay sont visibles sur les façades du Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain, tandis que celle du peintre allemand Hendrik Beikirch est sur celui de la CDG, celle du calligraphe marocain Tarek Benaoum à la BNRM, et celle de l’artiste réunionnais Abeilone à la Caserne des Sapeurs pompiers sur l’avenue de France à Agdal.
Enfin, l’art africain habille les rames du tramway de Rabat, notamment avec une œuvre d’Abdoulaye Konaté dédiée au mouvement, tandis que le train navette Rabat-Casablanca s’est mis aux couleurs de la culture afro-américaine et de l’humanité, avec les signes simplifiés et juxtaposés de l’artiste Médéric Turay.

Daouda MBaye, rédacteur en chef
 
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