RDC : Ce que le Pape François a dit à Joseph Kabila Version imprimable
30-09-2016
Le chef de l’État congolais, Joseph Kabila, en fin de mandat constitutionnel, a effectué le 25 septembre dernier une visite au Saint-Siège à Rome où il s’est entretenu avec le Pape François. Visite qui a eu lieu dans un contexte marqué par la violente répression des partisans de l’opposition par les forces de défense et de sécurité de la RDC. Quelques jours après cette rencontre, nous en savons un peu plus sur les dessous de l’entretien entre l’hôte du Vatican et le souverain pontife. Décryptage.
Le Pape François s’est entretenu, lundi matin 26 septembre 2016, avec le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. Il s’agissait de la troisième visite au Vatican du président Kabila, qui avait été reçu par Jean-Paul II en 2002 et par Benoît XVI en 2008, nous rapporte une source du Saint-Siège.

Outre le communiqué officiel du Vatican qui nous indique que le président Kabila a rencontré Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les rapports avec les États. Au centre des entretiens, qualifiés de «cordiaux», les relations positives entre le Saint-Siège et la République démocratique du Congo, et notamment «l’importante contribution de l’Église catholique à la vie de la nation à travers ses institutions éducatives, sociales et de santé». Une église très engagée également en faveur du «développement et pour la réduction de la pauvreté».

Dans ce contexte, les deux parties ont exprimé «leur satisfaction» concernant la signature de l’accord-cadre entre le Saint-Siège et la RDC le 20 mai dernier. Un texte qui fixe le cadre juridique des relations entre l’Église et l’État dans le pays.

Lors de ces entretiens, «une attention particulière» a été accordée «aux graves défis liés à la situation politique actuelle et aux récents affrontements qui ont eu lieu dans la capitale», Kinshasa. Une source proche du Saint-Siège nous indique que le Pape François a exprimé au président Kabila sa préoccupation et dans un langage franc, le Pape a demandé au président Kabila de respecter et de faire respecter la Constitution puis de respecter également la volonté du peuple congolais qui aspire au changement.

Toutefois, le Saint-Siège et la RDC ont souligné «l’importance d’une collaboration entre les acteurs politiques et les représentants de la société civile et des communautés religieuses en faveur du bien commun, à travers un dialogue respectueux et inclusif pour la stabilité et la paix dans le pays». Dans un communiqué dont les Afriques s’est procuré une copie, les deux parties ont également évoqué «les violences persistantes subies par la population dans l’est du pays, et le besoin urgent d’une coopération au niveau national et international pour apporter l’assistance nécessaire et rétablir la paix civile» dans cette partie du pays.

Le président Kabila a de son côté plaidé auprès du Pape pour que ce dernier s’implique à travers la conférence épiscopale des évêques du Congo pour créer les conditions de renforcement de la cohésion nationale par le biais d’un dialogue inclusif, car les sanctions européennes et américaines inquiètent plus d’un.

Rappelons que les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait des dizaines de morts la semaine dernière à Kinshasa. L’opposition, qui réclame le départ du président Kabila au terme de son mandat en décembre et la tenue d’une élection présidentielle, avait appelé à la mobilisation lundi 19 septembre dernier. La manifestation a dégénéré entrainant le pays dans une spirale de violences. Des violences qui surviennent en plein «dialogue national», visant à sortir la RDC de l’impasse électorale, mais rejeté par la majeure partie de l’opposition dirigée par Ethiene Tshiseki.

Dans ce contexte, pour «manifester sa préoccupation» l’Église congolaise avait annoncé mardi 20 septembre dernier suspendre temporairement sa participation au dialogue national, le président de la Conférence épiscopale de la République démocratique du Congo avait alors appelé à prier «pour la stabilité politique basée sur les valeurs démocratiques» évoquant une situation «explosive et préoccupante».

Espérons que la sagesse prendra le dessus et que le président Kabila saura préserver l’intérêt supérieur de son pays en faisant triompher la démocratie par l’organisation d’une présidentielle sans heurts.

Rodrigue Fénelon Massala
 
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