RDC : Kabila souffle le chaud et le froid Version imprimable
05-06-2017
À la suite de la mise en place controversée du gouvernement Tshibala dont la principale mission reste et demeure l’organisation des futures élections présidentielles, le président Kabila a déclaré qu’il n’a rien promis du tout. Ce qui surprend plus d’un et laisse penser que ce dernier n’est pas prêt à créer les conditions d’une alternance démocratique.
Cela fait cinq ans jour pour jour que Joseph Kabila n’avait pas accordé d’interview. Cet énigmatique président se confie rarement à la presse internationale et son entretien au magazine "Der Spiegel" pourrait provoquer de vives réactions en République démocratique du Congo. «Je n’ai rien promis du tout», a-t-il déclaré concernant la tenue d’une élection présidentielle cette année, lui qui devait initialement quitter le pouvoir fin 2016.

Bien qu’un engagement d’organiser des élections générales d’ici la fin de l’année ait été pris après un accord signé le 31 décembre dernier par la mouvance présidentielle et les différentes plateformes de l’opposition, Joseph Kabila répond aujourd’hui : «Je n’ai rien promis du tout», avant d’ajouter qu’il souhaite «organiser des élections aussi vite que possible».

À plusieurs reprises dans cet entretien au Spiegel (en anglais), le journaliste allemand tente d’obtenir une promesse sur la date de la présidentielle ou une confirmation que cela pourrait prendre plus de temps pour l’organisation de ces élections. À chaque fois, le président congolais botte en touche. «C’est à la commission électorale de répondre à cette question», dit-il. «Organiser des élections pourrait prendre plus de temps ou non», ajoute-t-il.

Le président congolais rappelle à chaque fois que la RDC est un pays gigantesque avec peu d’infrastructures. Et de mettre en garde : «Si vous organisez des élections chaotiques, vous aurez le chaos».

C’est clair, le jeune chef de l’État congolais joue contre la montre, car au même moment qu’il entretient le flou, il engage à coup de milliards les services d’un cabinet spécialisé israélien pour le lobbying et la formation des unités de sécurité dans le cadre du maintien de l’ordre.

Tout semble planifié pour créer les conditions du pourrissement. Mais Kabila doit se souvenir du proverbe congolais qui dit : «Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finit toujours par se lever».

Rodrigue Fénelon Massala
 
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