RDC: Polémique autour de la spéculation monétaire entre la banque centrale et les acteurs du secteur Version imprimable
28-07-2017
Dans un article précédent, nous avons soulevé le risque de la rareté du dollar dans le secteur bancaire congolais. Quelques acteurs avaient estimé à tort que cela ne pouvait pas se réaliser. Hélas, le pays fait face à une spéculation monétaire due à la rareté du dollar sur le marché de change, conduisant la banque centrale à taxer les acteurs du marché d’entretenir la spéculation monétaire.
La RDC est l’un des pays africains où la monnaie nationale, symbole de souveraineté, coexiste avec le dollar. En dépit de la politique de bancarisation lancée sous Matata, 85% des transactions commerciales et bancaires s’effectuent en dollar. L’épuisement des réserves de change de la banque centrale alimente une spéculation monétaire dans tout le pays, où le tableau de change n’est même plus exposé dans les différents bureaux de change.

Le commerce de la monnaie reste une des activités en vogue en RDC. C’est dans ce contexte de dépréciation monétaire du franc congolais que les commerçants de la monnaie appelés "cambistes" ont pu passer en revue la situation qui prévaut actuellement dans leur secteur, caractérisée notamment par l’inflation galopante et la perte du pouvoir d’achat. Et ce, avant de formuler leurs propositions en termes de contribution à l’institution émettrice de la monnaie (la banque centrale du Congo qui est confrontée à un déficit de réserves de change) pour pallier la crise en cours dont les spéculateurs refusent d’être les boucs émissaires.

Selon nos sources, l’autorité monétaire leur imputerait l’entretien de la spéculation et des sources d’approvisionnement obscures en franc congolais. Cette source de la banque centrale s’interroge et veut comprendre pourquoi les taux sur le marché ne baissent pas malgré le blocage de sortie des fonds.

Une allégation que les cambistes balayent d’un revers de la main. Ces derniers jugent irréalistes de telles accusations et dénoncent une fuite en avant de l’autorité monétaire à qui ils reconnaissent toutes les compétences de gestion monétaire et des taux de change à l’échelle nationale. Quoi de plus normal qu’ils refusent de se faire passer pour des boucs émissaires des difficultés dont souffre la population congolaise au regard de cette crise économico-financière, révèle un acteur du secteur.

En effet, selon les analystes du secteur monétaire congolais, cette approche ne va guère résoudre la crise de la dépréciation continue du franc congolais, conséquence de l’approvisionnement du dollar américain sur le marché de change.

Même si les cambistes respectent la réglementation qui exige que les taux de change soient affichés à l’intérieur des bureaux de change, la loi de l’offre et de la demande continuera de s’appliquer dans le marché. Cependant, si les cambistes concèdent à respecter la disposition de la loi relative à l’affichage du taux, les forces de l’ordre qui seront mises à contribution pour veiller à l’exécution de cette mesure devraient éviter tout dérapage, a commenté un cambiste.

De leur côté, les acteurs du secteur de change, regroupés au sein de leur structure corporatiste, espèrent voir la banque centrale, elle qui dispose des compétences avérées et qui gère la politique monétaire, recourir à tous les instruments nécessaires pour faire baisser cette inflation galopante et venir à bout de cette dépréciation du franc congolais face au dollar américain.

La dévaluation continue du franc congolais observée depuis la chute des cours des matières premières fragilise sans cesse l’économie congolaise, ce qui a une incidence considérable et dégradante sur le pouvoir d’achat des Congolais.

La banque centrale congolaise qui fait face à un déficit de réserves de change se trouve dans une situation délicate qui laisse libre cours à la spéculation monétaire avec en toile de fond l’inflation galopante. Les responsables de la banque centrale congolaise que nous avons tenté de joindre n’ont pas voulu répondre à nos questions.

Rodrigue Fénelon Massala
 
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