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Sékouba Konaté au chevet de Dadis Camara Version imprimable
30-12-2009

La visite a suscité des déclarations contradictoires et des spéculations autour de la santé du capitaine Moussa Dadis Camara.

Par Rodrigue Fénelon Massala

Le dirigeant par intérim de la Guinée, Sékouba Konaté, a rendu visite mardi 29 décembre 2009 au chef de la junte, Moussa Dadis Camara, hospitalisé à Rabat depuis le 4 décembre, après avoir échappé à une tentative d’assassinat. En l’absence d’information officielle, l’état de santé du chef de la junte guinéenne suscite beaucoup d’interrogations.

Dadis Camara Guinée

Le général Sékouba Konaté, le nouvel homme fort de Conakry a vu Dadis Camara à deux reprises. D’abord au soir du lundi 28 décembre 2009, peu après son arrivée à Rabat. Puis dans la journée du 29 décembre. Il n’a fait aucune déclaration officielle après ses deux entretiens avec le capitaine Camara, mais selon une source proche de la junte, jointe par l’AFP et qui préfère rester anonyme, le dirigeant par intérim de la Guinée aurait dit qu’« on ne peut rien tirer de Dadis... Qu'il n’était pas conscient de ce qui se passait dans son entourage et qu’il n’y avait plus rien à faire pour lui ».

Dans la délégation qui a accompagné Sékouba Konaté au chevet de Dadis Camara au Maroc, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement guinéen rejette les propos que l’AFP a prêtés au général Konaté. Pour Idrissa Chérif, Moussa Dadis Camara « se porte bien ». Il était « très décontracté et très souriant » lorsqu’il a reçu la délégation venue de Conakry.

Dans l’entretien que nous avons eu par téléphone avec le ministre Chérif, porte parole de la junte, ce dernier s’insurge contre l’acharnement des institutions et des médias français autour de l’avenir du leader Dadis : « On a comme l’impression que la France à quelque chose à avoir avec la tentative d’assassinat du président Dadis qui constitue une déstabilisation de la Guinée ».

Qu’a cela ne tienne, force est de constater que le mystère demeure autour de la santé du président Dadis dont le retour à Conakry n’a pas été précisé par ses collaborateurs. Accablé par l’enquête onusienne sur les massacres du 28 septembre dernier, que l’ONU à transmis à la CPI, le capitaine Dadis deviendrait un hôte encombrant pour le Maroc, vu la pression de la France à vouloir le maintenir dans son lit de l’hôpital de Rabat au prétexte d’éviter une guerre civile en Guinée ; le feuilleton Dadis va sans cesse préoccuper les dirigeants de la CEDEAO notamment le médiateur Blaise Compaoré qui aura à arbitrer l’issue de la crise politico-militaire que la Guinée subit.

 
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