Sommet sur le Bassin du Congo : Mohammed VI plaide pour une prise de conscience écologique Version imprimable
30-04-2018
Le Roi du Maroc a lancé un plaidoyer pour la sauvegarde et la valorisation de ce patrimoine naturel alors que Sa Majesté Mohammed VI participait du 27 au 29 avril 2018 à Brazzaville, au premier Sommet du Fonds Bleu sur le Bassin du Congo rapporte l’Agence marocaine de presse (MAP).
« Mus par un esprit de fraternité et de solidarité africaine, nous sommes ici pour contribuer à créer une dynamique vertueuse. Le véritable enjeu est la sauvegarde et la valorisation d’un patrimoine africain précieux : le Fleuve Congo ». Devant un parterre d’invités composés notamment d’une vingtaine de Chefs d’Etat et de Gouvernement, dont son homologue Congolais Dénis Sassou Nguesso, c’est en ces termes que le souverain chérifien invité spécial de ce sommet, a introduit son laïus prononcé à l’occasion de l’ouverture du premier Sommet du Fonds Bleu sur le Bassin du Congo. Des assises dont l’importance n’est plus à signaler, au regard des menaces de toutes sortes qui menacent l’Humanité en général, et des riverains de cette partie du continent, soit plus de 200 millions d’âmes, du fait de la destruction de l’environnement.

Dans un contexte ou la préservation des écosystèmes naturels s’impose comme une nécessité pour l’avenir de la terre, il revient aux dirigeants de tracer des canevas devant permettre à l’Homme de bien vivre dans son milieu naturel. Une situation qui ne va pas sans une mobilisation conséquente des ressources financières, raison pour laquelle au-delà des habitants de cette partie du continent, tout le monde doit se mobiliser pour apporter le sien à la régulation de la température, au moment où le réchauffement climatique apparaît comme l’un des pires adversités dont doit faire face le monde.

Des pistes à explorer
On comprend pourquoi dans son intervention, le roi du Maroc n’est pas passé par quatre chemins pour souligner avec force que « le financement de ce projet, constitue le défi majeur à sa mise en œuvre : Nous devons ainsi innover et créer des mécanismes qui identifieront et mobiliseront les ressources financières ; il nous faut convaincre les bailleurs de Fonds bilatéraux et multilatéraux, publics ou privés ». Visionnaire, Sa Majesté Mohammed VI s’est dit convaincu que « le Fonds bleu entraînera, nécessairement, une dynamique positive, porteuse de projets capables de soutenir les économies des Etats membres ».

Et le Souverain chérifien de se monter plus précis, en donnant quelques pistes sur lesquelles pourrait être bâtie cette initiative et dont l’exploitation judicieuse participe à améliorer les conditions de vie des populations, « je pense en particulier à l’amélioration des voies de navigation intérieure, à l’aménagement des ports secondaires, au développement de la pêche durable, à la lutte contre la pollution des cours d’eaux, et au renforcement de l’irrigation, dans la perspective de l’amélioration de la productivité agricole », a-t-il précisé tant il est vrai que « cette nouvelle économie de l’eau et autour de l’eau, sera le moteur du développement ».

Mais dans une Afrique si riche, mais si pauvre, comment les Africains devraient-ils s’en prendre pour vaincre le sous-développement et renverser le rapport de force, où l’Afro- positivisme prendrait le dessus sur l’Afro-pessimisme ? C’est là toute la problématique à laquelle, les Africains eux-mêmes doivent trouver la solution idoine pour éviter d’être à la remorque du développement.

Pour une solidarité plus agissante
En effet, a affirmé Sa Majesté, « au-delà des conséquences induites par les changements climatiques, les pénuries alimentaires et les baisses des réserves en eau, risquent d’entraîner d’importantes migrations de population, de fragiliser les Etats et de favoriser la précarité. Comment admettre en effet, que, dans un continent qui dispose de plus de 5000 milliards de mètres cubes d’eau dans ses nappes phréatiques, 320 millions d’Africaines et d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable ? Ce constat probant est d’autant plus alarmant que, si nous n’agissons pas, dans les années à venir, le changement climatique conduira à une dégradation des terres et à une raréfaction des ressources en eau : les 25000 km² de voies navigables risquent alors l’ensablement et la pollution ».

Pour éviter de tomber dans ces travers, il faut une mobilisation collective pour relever le défi du développement durable. En d’autres termes, si l’on veut préserver l’eau et la nature considérées comme « les deux poumons de la planète », le monde entier doit se sentir interpeller. Il ne suffit pas de se gargariser sur l’importance des ressources naturelles du continent, faudrait-il surtout prendre des dispositions appropriées pour leur préservation a conseillé Mohammed VI.

L’approche se voulant inclusive, « notre présence ici aujourd’hui témoigne de notre détermination à placer ces questions, au plus haut de nos préoccupations et de notre action. Nous sommes résolus à mettre en œuvre des initiatives concrètes, susceptibles de préserver les droits des générations à venir. Le Royaume du Maroc œuvrera sans relâche, et avec détermination pour la concrétisation des grands projets structurants de Notre continent. Le défi écologique ne doit plus être perçu comme une menace, mais comme une priorité. C’est le sens de notre engagement commun aujourd’hui, un engagement placé sous les principes de la responsabilité partagée et de la solidarité panafricaine», a insisté Sa Majesté Mohammed VI.

Les Afriques
 
< Précédent   Suivant >
Toute l'actualité

Le président béninois, Patrice Talon et son homologue italien, Sergio Mattarella, ont décidé...
[La suite...]

Au premier trimestre de l’année 2018, l’indice des Prix des Actifs Immobiliers (IPAI) s’est...
[La suite...]

Extraits de l'éditorial à paraître dans le magazine Les Afriques numéro 379, signé Abderrazzak...
[La suite...]

En réunion à Lomé, les chefs d'état-major de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de...
[La suite...]

Le virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) a atteint pour la première fois...
[La suite...]

Le Conseil d'administration du Groupe la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un...
[La suite...]

Autres articles
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×