Tchad : Les fonctionnaires rejettent la proposition d’Idriss Deby Version imprimable
16-06-2018
Le moratoire proposé aux fonctionnaires par le président de la République a été rejeté par l’Union des syndicats du Tchad réunie en assemblée générale extraordinaire le 23 mai à Ndjamena.
Faisant suite à une proposition «indécente» que le président de la République Idriss Deby Itno a faite aux dirigeants de l’Union des syndicats du Tchad (UST) lors des rencontres qu’ils ont eues précédemment pour tenter d’obtenir un suspension de la menace de grève générale qui était projetée, une assemblée générale extraordinaire de la centrale syndicale s’est tenue le mercredi 23 mai 2018 à la Bourse de travail de Ndjamena afin de trancher. Il était question de solliciter des travailleurs de se prononcer sur les propositions faites par le président Idriss Deby. A savoir : Prolonger le moratoire de paiement de salaires qui ira du mois de mai au mois de décembre 2018 afin de faire face à la conjoncture financière que traverse le Tchad avec acuité depuis la fin de l’année dernière. A l’unanimité, les fonctionnaires tchadiens ont refusé le prolongement du moratoire proposé par le président Déby jusqu’à décembre 2018.

Ils réclament le rétablissement inconditionnel dès la fin du mois de mai de leurs salaires et autres avantages coupés depuis le début de l’année. Asphyxiés financièrement, les travailleurs du secteur s’étaient vu couper leurs salaires et autres avantages depuis le mois de janvier pour permettre à l’Etat de se refaire une santé financière. C’est alors qu’un moratoire avait été signé entre l’UST et le Président Idriss Deby. «Ce moratoire permettait aux fonctionnaires de payer la facture d’une mauvaise gouvernance entretenue par un système mafieux, corrompu et désorganisé », clame Barka Michel de l’Union des Syndicats du Tchad chez nos confrères d’Alwihda Info. Et le président de la République du Tchad avait pris l’engagement le 1er mars 2018 de faire payer ces arriérés dès la fin du mois de mai enfin de rétablir dans leurs droits les fonctionnaires avec des salaires et indemnités injustement coupés sur des pauvres fonctionnaires».

Dilemme cornélien
Les représentants de la plateforme UST refusent de croire qu’ils avaient fait une erreur en allant signer le premier moratoire : «Nous sommes allés vers cet accord pour permettre au gouvernement de faire un pas en avant, pour permettre aux enfants d’étudier, aux malades de se soigner, au travail de se poursuivre dans notre pays. Nous avons voulu de la paix sociale, ça n’a jamais été une faiblesse, mais aujourd’hui, si pour le président de la république s’était une entourloupette, qu’il se détrompe c’est lui qui se trouve dos au mur». a affirmé Barka Michel. Avant d’ajouter : «C’est lui qui nous a dit : ‘‘je suis le garant, c’est moi qui vais faire appliquer ça’’». Au cours de ses assises, les travailleurs ont déclaré qu’ils sont prêts à aller plus loin si le gouvernement ne fait pas un pas en arrière. Surtout qu’ils ne comprennent pas cette volte-face : «Il y a déjà l’argent aujourd’hui dans les caisses de l’Etat. Et personne ne peux dire le contraire, les agents des finances disent que ça va bien. Les gens des impôts, des douanes disent qu’ils réalisent de grosses recettes, en plus des financements des bailleurs de fonds donnent de l’argent», déclare le porte-parole de l’UST.

Ce dernier va d’ailleurs se gargariser de l’attitude patriotique des travailleurs du secteur public, «c’est dire que nous avons fait un geste patriotique qui a permis au pays de s’enrichir et de planifier ses dépenses de telle sorte que les travailleurs puissent avoir leur salaire. Maintenant, c’est au gouvernement de trouver des solutions. S’il pensait que les travailleurs étaient des incrédules en signant cet accord, mais il s’est trompé. Il y a de l’argent, il n’arrive pas à payer, c’est incompréhensible », s’étonne-t-il. Mais là où le bât blesse, c’est que les travailleurs sont convaincus que le président Deby veut les sacrifier au profit de ses intérêts politiques. « Nous avons aussi l’impression, au regard de son activisme ces derniers temps sur le champ politique que le président prépare les élections législatives, et il lui faut de l’argent». Seulement, la plateforme UST qui va rencontrer le président Deby vendredi le 25 mai 2018 pour lui transmettre la position retenue par les fonctionnaires attend qu’il fasse un choix entre la situation sociale que son gouvernement et lui ont créée et leur ambition sur le plan politique.

Mathieu Nathanaël Njog, Ndjamena
 
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