Tunisie : Forte abstention aux élections municipales post-révolution Version imprimable
07-05-2018
Les premières élections municipales en Tunisie, sept ans après la révolution n’a pas mobilisé beaucoup de monde, le taux de participation se situant autour de 33,7%, ce qui consacre la victoire sans appel de l’abstention.
Dimanche, 6 mai 2018 entrera dans les annales de l’histoire contemporaine de la Tunisie, comme étant le jour où l’abstention fut un grand gagnant, au terme des élections locales devant déboucher au renouvellement des exécutifs communaux. Selon l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), l’organisme chargé de l’organisation des élections, les toutes premières élections municipales après la révolution n’ont pas drainé beaucoup de citoyens. Des Tunisiens dans leur extrême-majorité ont décidé de les boycotter, avec une abstention record de 66,3%. Une abstention élevée qui apparaît aux yeux des observateurs, comme un désaveu pour l’ensemble de la classe politique, aussi bien la majorité que l’opposition républicaine. Et pourtant, il s’agit des premières consultations électorales locales, où l’on s’attendait à une mobilisation populaire importante, afin de doter les communes des exécutifs traduisant l’émanation de la majorité des populations.

En faisant de l’abstention un grand gagnant, le peuple tunisien a envoyé un message clair à ses dirigeants, dont il ne faudrait être titulaire d’une agrégation pour comprenne le rejet de la classe politique, dont les projets de société ne satisfont pas les attentes des citoyens. Conséquence, à peine un tiers des 5 400 000 électeurs se sont déplacés pour accomplir ce devoir civique. D’après des sources concordantes, même les estimations les plus pessimistes ne tablaient pas sur une abstention si élevée, ce qui a d’ailleurs poussé le gouvernement à travers le Premier ministre Youssef Chahed de sortir de son silence, reconnaissant publiquement que « c'est un signe négatif, un message fort dont il faut tirer les leçons » .

D’après des témoignages concordants, un tour dans les bureaux de vote lors de ce jour de scrutin laissait transparaître un air de boycott, au point que les responsables et observateurs ne cachaient pas leur déception en voyant les électeurs traîner des pieds. Parmi les grands absents, la jeunesse, celle-là qui avec opiniâtreté descendit dans la rue pour dénoncer la dictature de Ben Ali, réussissant au bout de plusieurs jours de manifestations de renverser ce régime, ce qui déclencha la révolution arabe, et dont la Tunisie en reste malgré tout le principal déclencheur.

Ennahdha donnés gagnants au niveau national
Dans cette compétition plutôt au rabais, en attendant la publication des résultats, tout laisse croire qu'au niveau national ce sont les islamistes d'Ennahdha qui l'emportent sur Nidaa Tounes, le parti fondé par le président de la République Beji Caid el Sebsi qui ressort d'un sondage sortie des urnes dévoilé après le vote. Les deux partis, membres de la coalition au pouvoir, étaient les grands favoris de ces élections. A en croire des observateurs, Ennahdha a bénéficié d'un important ancrage local et a récolté les fruits d'une bonne campagne électorale tandis que Nidaa Tounes, parti en pleine décomposition, a payé cash les luttes intestines pour le leadership du parti présidentiel.

Les élections se sont plutôt bien déroulées à en croire les informations de l’Isie, il n'y a pas eu d’incidents majeurs lors des opérations de vote. C’est peut-être là, la grande satisfaction tant les autorités redoutaient des attaques terroristes, raison pour laquelle quelque 60 000 policiers et militaires étaient déployés dans tout le pays pour ces municipales.

Les Afriques
 
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