Une fabrique de champions de football s’ouvre en Côte d’Ivoire Version imprimable
06-03-2009

Une ONG espagnole ouvre à Grand Bassam, près d’Abidjan, un centre de formation « agriculture et football ». Des enfants déshérités y sont accueillis pour y suivre une double formation. Un sur cent deviendra footballeur. Les autres seront agriculteurs.

Miguel Rodríguez Alvarez, lors du discours de lancement du projet.

Miguel Rodríguez Alvarez, lors du discours de lancement du projet.

La première dame, Simone Gbagbo, pose la première pierre du centre de Grand Bassam.

La première dame, Simone Gbagbo, pose la première pierre du centre de Grand Bassam.

Propos recueillis par Dominique Flaux

 

Les Afriques : En quoi consiste votre projet de centre de formation « football et agriculture » ?

Miguel Rodríguez Alvarez, président de l’ONG Deporte, Cultura y Desarrollo : Comme son nom l’indique, le projet Agro-Sport Durable forme les enfants aux nouvelles techniques de production agricole et au football. L’objectif est qu’au sortir du centre de formation, les enfants qui sont dotés des aptitudes pour être joueurs professionnels suivent une carrière de footballeurs. Ceux qui ne parviendront pas à être footballeurs auront appris les techniques nécessaires pour être des producteurs agricoles de haut niveau.

LA : Où comptez-vous implanter ce type de centre ?

MRA : Notre premier centre sera implanté à Grand Bassam, en Côte d’Ivoire.

Seulement 1% de ces enfants pourront être des footballeurs de haut niveau. Les autres pourront devenir agriculteurs dans un pays qui offre d’énormes potentialités dans ce domaine.

 

LA : Quels enfants peuvent bénéficier de cette formation ?

MRA : Le centre recrutera les enfants de familles démunies, ou bien des enfants qui sont en situation de risque d’exclusion sociale.

LA : Opérez-vous une sélection initiale sur des critères morphologiques ou sportifs ?

MRA : Non, il n’y a pas de sélection initiale sur ces bases. La sélection des footballeurs se fera selon les aptitudes et les potentialités que les enfants développeront au cours de leur formation. Cela veut dire que la catégorisation se fait à l’intérieur du centre de formation. Mais il est vrai qu’en général, les enfants en Afrique vivent beaucoup à l’extérieur, ne passent pas leur temps devant les jeux vidéo. Ils ont une psychomotricité très développée par rapport aux enfants européens.

 

LA : Statistiquement, quelle proportion de ces enfants peut devenir footballeur professionnel ?

MRA : Nous estimons que seulement 1% de ces enfants pourront être des footballeurs de haut niveau. Les autres pourront devenir agriculteurs dans un pays qui offre d’énormes potentialités dans ce domaine.

 

LA : Et quelle proportion peut devenir un Didier Drogba, ou un Samuel Eto’o ?

MRA : Nous pensons que un enfant sur 3000 pourra atteindre ce niveau, si le suivi est fait correctement.

 

LA : Avez-vous déjà des clubs de football prêts à acheter ces futurs joueurs ?

MRA : Nous avons déjà signé des accords avec plusieurs clubs (ndrl : avec le Real Madrid, entre autres), donc il n’y aura aucun problème dans ce sens.

LA : Combien peut rapporter au centre de formation un enfant qui devient professionnel ?

MRA : Bien sûr, la valeur marchande d’un joueur dépend de sa compétitivité. Mais notre objectif est d’atteindre une moyenne de 300 000 euros par joueur. Nous considérons que c’est un chiffre acceptable en regard des sommes qui circulent dans le domaine du football professionnel.

 

LA : Est-ce que la vente de ces joueurs peut financer le centre ?

MRA : Oui, tout à fait. La vente des joueurs devrait être suffisante pour financer toutes les activités du centre.

 

LA : Parmi tous les enfants qui ne deviennent pas footballeurs, combien, selon vous, deviendront agriculteurs ?

MRA : Selon nous, tous ceux qui ne pourront pas devenir footballeurs professionnels deviendront des agriculteurs professionnels. Ils se seront ainsi insérés dans le tissu social et échapperont à toutes les dérives. C’est notre but.

 

Plus d’information :

www.sportetdeveloppement.org

 
< Précédent   Suivant >
Toute l'actualité

Le 30 janvier 2017, à l’occasion du 28ème Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le Maroc a...
[La suite...]

Du 28 juillet au 31 aout 2017, à Abuja au Nigéria, le gouvernement fédéral du Nigéria et la Cocoa...
[La suite...]

L’usage des drones par la secte terroriste nigériane Boko Haram est source d’inquiétudes dans la...
[La suite...]

Les fonds alloués par la Banque mondiale (BM) au Cameroun pour l’année fiscale 2016-2017, en guise...
[La suite...]

Le Maroc abrite le 1er Forum des managers territoriaux et des instituts de formation ciblant les...
[La suite...]

Pour sa 20ème édition en 40 ans d’existence, le Festival du cinéma africain de Khouribga (FCAK),...
[La suite...]

Autres articles
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×