Accès abonné :              
Vers la réelection de Denis Sassou Nguesso Version imprimable
13-07-2009

Selon la Commission d’organisation nationale des élections (Conel), « il y a eu un vote massif à l’intérieur ». Les opérations de vote étaient prévues de 7 heures GMT à 18 heures locales.

Plage Pointe Noire Congo (Brazza)

A la mi-journée, aucune estimation n’était disponible sur le taux de participation aux élections présidentielles du Congo. Le président Denis Sassou Nguesso partait largement favori, selon les observateurs qui ont rallié ce pays de l’Afrique centrale. Seule inconnue, le taux d’abstention. L’appel au boycott, émis par la principale coalition de l’opposition sera-t-il entendu ? C’est l’énigme de cette campagne présidentielle.

En attendant les résultats officiels, nous vous proposons un voyage au Congo à travers des extraits du guide de l’investisseur réalisé par Yannick Itoua, secrétaire général de Cap Afrique.

Un pays au coeur du continent africain et ouvert sur l’océan

Pays d’Afrique centrale, de quelques 342 000 km2, à cheval sur l’équateur, la république du Congo se présente comme une étroite bande de terre, large d’environ 150 kilomètres, qui s’étire, sur 1 200 km et selon une direction nord-est/sud-ouest, le long du fleuve Congo et de son affluent l’Oubangui. Limitée au nord par le Cameroun et la République centrafricaine, au sud par l’Angola (province du Cabinda), à l’est par la République Démocratique du Congo, dont elle est séparée par le fleuve Congo et l’Oubangui, et, à l’Ouest, par le Gabon, elle dispose d’une façade maritime longue de quelques 170 km. Sa situation géographique en fait la principale porte d’entrée et de sortie de l’Afrique Centrale et lui confère une vocation de transit.

La forêt dense couvre 60 % du territoire

Parmi les deux grands types de végétations qui dominent, la forêt est certainement la plus notable. Riche en faune et flore, elle couvre 20 millions d’hectares, répartis en 3 massifs : les forêts du Mayombe et du Chaillu au sud-ouest, et la grande forêt dense du Nord, qui s’étend sur 15 millions d’ha, dont une partie en zone inondée. Les 12 millions d’ha restants sont principalement occupés par une savane herbeuse, sur les plateaux Batékés et dans la vallée du Niari notamment, parfois parsemée de petits bouquets d’arbres. Savanes et forêts n’excluent pas des types de végétation intermédiaires, comme les forêts clairsemées ou les forêts-galeries le long des cours d’eau.

Le sud du pays est plus favorable à l’implantation humaine.

S’ils offrent une variété de paysages et, par conséquent, d’activités, les milieux naturels congolais ont d’autres inconvénients. Ainsi, par ses caractéristiques écologiques et géographiques, la partie nord, enclavée et couverte de forêts, offre un environnement plus contraignant à l’implantation humaine, que la partie sud du pays, qui est d’ailleurs la plus peuplée. En outre, l’étirement du pays, la présence de la forêt dense et les nombreux cours d’eau rendent difficiles les communications terrestres.

Trois grandes communautés

La population congolaise est composée majoritairement de Bantous et de minorités tels les Pygmées (1,4 %), les premiers venus dans la région forestière. La soixantaine d’ethnies qui la forment, se répartissent en trois grands groupes : les Bangala, qui peuplent la Cuvette congolaise, dont les Mbochi sont l’un des sous-groupes, les Tékés, principalement établis au centre du pays, des Plateaux Batéké jusqu’à la vallée du Niari, et les Kongos, présents dans le sudouest. Les autres ethnies sont formées des Maka (ou Sangha), des Kakas et des Fang.

La vie politique de 1960 à nos jours

Socialisme bantou et parti unique.

Le Congo accède à l’indépendance le 15 août 1960, avec l’abbé Fulbert Youlou comme président de la république, qui n’occupera cette fonction que pendant trois ans. En août 1963, il est contraint de démissionner, sous la pression des syndicalistes, lors du mouvement dit « des Trois glorieuses », qui dure du 13 au 15 Août. Son successeur, Alphonse Massamba Débat, proche de la Chine, adopte le socialisme scientifique, qui deviendra plus tard le socialisme Bantou, instaure le parti unique, avec la création du Mouvement national de la révolution (MNR), et opte pour l’étatisation de l’économie, avec la création de sociétés d’État et d’économie mixte. La présence du secteur privé se limite au secteur minier et pétrolier (Compagnie des potasses du Congo et Elf Congo). Le pétrole et le bois représentent les principales ressources budgétaires.

La République populaire du Congo

En septembre1968, Massamba Debat abandonne le pouvoir, à la suite d’un mouvement de militaires, dit « mouvement insurrectionnel ». Après un court intérim, dirigé par le capitaine Alfred Raoul, le capitaine Marien Ngouabi est nommé Président de la République le 31 décembre 1969. Il proclame la «République Populaire du Congo ». Le pays connaît alors sa deuxième république. Réaffirmant l’option socialiste et le monopartisme, Ngouabi crée le Parti Congolais du Travail (PCT), qui remplace le MNR. Le 18 mars 1977, il est assassiné. Le 5 avril, le colonel Joachim Yombi Opango devient président de la république. Le 5 février 1979, le PCT porte le colonel Denis Sassou Nguesso au pouvoir. Ce dernier dirige le pays dans la ligne tracée par Marien Ngouabi : monopartisme et étatisation de l’économie. En 1990, les évolutions extérieures (chute du mur de Berlin et discours de la Baule du président français François Mitterrand) et intérieures amènent le Congo à adopter le multipartisme et le PCT à abandonner ses références au marxisme-léninisme. Réunie de février à juin 1991, une conférence nationale consacre le retour de la démocratie multipartiste. En mars 1992, le Congo adopte une nouvelle constitution, sur un principe semi-présidentiel.

1992-1999 : Troubles sociopolitiques et conflits armés

En août 1992, l’élection présidentielle porte à la tête du pays, Pascal Lissouba, leader de l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS), élu avec le soutien du PCT. Cette élection à peine réalisée, des tensions politiques apparaissent, qui évoluent vite en conflits armés, au cours desquels l’armée nationale se montre incapable de servir de garde-fou aux institutions, laissant le terrain libre aux milices privées. Le premier conflit débute en juin 1993, suite à la contestation des résultats des législatives de mai et juin 1993, par l’opposition, à laquelle s’était rallié le PCT, considérant que Lissouba n’avait pas respecté les accords de partage du pouvoir. Il s’achève en janvier 1994 avec la signature d’un cessez-le-feu. Opposant Lissouba à Bernard Kolélas, leader du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI), il a principalement touché Brazzaville (quartiers sud), le Niari, la Bouenza et la Lékoumou. Débuté le 5 juin 1997, avant la tenue de l’élection présidentielle prévue pour le 27 juillet, le deuxième conflit oppose Lissouba, allié à Kolélas, à Sassou Nguesso. Concentré sur les quartiers nord de Brazzaville, il s’achève en octobre 1997, avec la victoire de Denis Sassou Nguesso, qui est proclamé Président de la République le 25 octobre. Du 5 au 14 janvier 1998, un Forum national pour la réconciliation, l’unité, la démocratie et la reconstruction, organisé à l’initiative de Denis Sassou Nguesso, suspend la Constitution de 1992 et instaure une transition « souple » de trois ans. Mais les conflits reprennent en décembre 1998, opposant Kolélas à Sassou Nguesso. Ils s’achèvent, après la signature, en novembre et décembre 1999, de deux accords de cessation des hostilités. Ce troisième conflit a surtout affecté les quartiers sud de Brazzaville et le sud du pays, à l’exception du Kouilou. Les populations ont payé un lourd tribut à ces conflits armés : milliers de morts, de blessés et de déplacés, départ de nombreux Congolais à l’étranger, notamment en République démocratique du Congo (RDC), viols, pillage et destruction de biens, perte de repères moraux et traumatismes profonds.

1999-2002 : Transition politique

En 1999, dans un souci d’apaisement, Sassou-Nguesso annonce la réconciliation nationale. Il signe des accords avec la RDC et le Haut Commissariat aux Réfugiés, pour le retour des réfugiés congolais. La transition politique est gérée par un Gouvernement d’Union nationale et de Salut public, et marquée par la tenue d’un Dialogue national sans exclusive, en mars 2001. Elle s’achève avec l’organisation de différents scrutins en 2002 : référendum constitutionnel (10 janvier), élection présidentielle (mars), élections législatives (avril-juin). Après la réélection de Sassou Nguesso à la tête du pays, les institutions issues de la Constitution de janvier 2002 sont progressivement mises en place, tandis que le chef de l’Etat lance un programme de reconstruction socio-économique du pays, baptisé « la Nouvelle Espérance ».

Le contexte institutionnel et organisationnel depuis 2002
Selon la Constitution de janvier 2002, la sixième du pays, le Congo évolue sous un régime de type présidentiel, caractérisé par un équilibre entre les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). Elu pour sept ans, le Président de la République n’est rééligible qu’une fois. Il est à la fois chef de l’exécutif et chef de l’Etat. Il nomme les ministres et met fin à leurs fonctions. Il ne peut être démis par l’Assemblée nationale ni dissoudre cette dernière. Les institutions démocratiques sont le Parlement, composé de l’Assemblée Nationale et du Sénat, la Cour constitutionnelle, le Conseil économique et social, la Haute Cour de Justice, le Conseil supérieur de liberté de la communication, la Commission nationale des droits de l’Homme et la Cour des comptes. Il existe également un Médiateur de la République, autorité indépendante chargée «de simplifier et d’humaniser les rapports entre l’administration et les administrés, qui peut être saisi d’une affaire par requête individuelle. Le territoire est divisé en 12 départements (anciennement régions), districts, communes, arrondissements, quartiers, cantons et villages. Chaque département est dirigé par un préfet, secondé par des sous-préfets, qui ont en charge les districts. Il compte 7 communes urbaines (Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Mossendjo, Ouesso et Owando). Les communes sont administrées par des maires et les arrondissements par des administrateurs-maires. Un processus de décentralisation a été lancé en 2003, avec l’adoption de diverses lois.


Voir Aussi :

 
< Précédent   Suivant >