Vers un pacte mondial pour combler les lacunes du droit international Version imprimable
13-06-2018
L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 11 mai 2018 une résolution dans la perspective de remédier aux lacunes éventuelles du droit international.
Avec l’amendement du Kenya, à la suite d’un vote demandé par les États-Unis, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 11 mai 2018, par 143 voix pour, 5 voix contre et 7 abstentions, une résolution présentée par la France portant sur «un pacte mondial pour l’environnement», dont l’objectif est de remédier aux lacunes éventuelles du droit international de l’environnement. Parmi les pays opposés il y avait les États-Unis, la Fédération de Russie, les Philippines, la Syrie et la Turquie, qui ont voté contre ; alors que les abstentions ont été affichées par l’Arabie saoudite, le Bélarus, l’Iran, la Malaisie, le Nicaragua, le Nigéria et le Tadjikistan. Pour soutenir leur position, l’Iran a indiqué qu’il y avait déjà assez de processus sur l’environnement. Ce à quoi, la Fédération de Russie, a précisé qu’ils sont exactement 1 000 accords internationaux. Dans cette position, les États- Unis, qui ont demandé le vote, dénonçaient l’absence de discussions ouvertes et transparentes pendant l’élaboration de la résolution soulignant notamment qu’ils n’ont pas eu le temps de voir comment cette résolution s’inscrit dans l’ensemble des instruments internationaux existants.

A cet effet, le Secrétaire général est donc prié de présenter, avant la fin de l’année, un rapport technique, fondé sur des données factuelles et dans lequel seront recensées et évaluées les lacunes éventuelles du droit international de l’environnement et autres instruments. Ce rapport sera examiné par un groupe de travail spécial que l’Assemblée générale a créé à cet effet sera ouvert à tous les États, et qui devra se pencher sur les paramètres et la faisabilité d’un instrument international. Les recommandations du groupe de travail sont attendues au premier semestre de 2019, y compris sur la tenue éventuelle d’une conférence inter-gouvernementale en vue de l’adoption de l’instrument international. Ce processus, déclare l’Assemblée, ne saurait en aucun cas porter préjudice aux instruments et cadres juridiques en vigueur ni aux organes mondiaux, régionaux et sectoriels pertinents. La France, qui a présenté le texte, a salué «cet excellent résultat» et remercié tous les États membres pour leur esprit constructif. Elle a promis de poursuivre les discussions «dans un esprit d’ouverture et d’inclusion», au sein du groupe de travail. «C’est un engagement pour rassembler au service de l’environnement », a-t-elle assuré.

Divergence de vue
Les délégations ont aussi reçu les remerciements du Kenya qui a promis de continuer de jouer un rôle crucial en tant que pays hôte du seul organisme de l’ONU installé dans un pays du Sud, à savoir le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui se voit d’ailleurs chargé d’apporter un appui technique au groupe de travail spécial. La Bolivie y voit l’attachement au multilatéralisme et au bien-être de tous, y compris les peuples autochtones, sur la planète Terre. Parce qu’elle soutient que «trouver une solution à la dégradation de l’environnement est un long chemin». C’est pourquoi, elle prône l’implication de tous les citoyens du monde et le leadership des gouvernements.

La Bolivie en a aussi profité de cette tribune pour insister sur le principe de responsabilité commune mais différenciée et sur la «dette climatique» des pays du Nord envers ceux du Sud. Pour autant, l’Union européenne a souligné que «les discussions doivent d’emblée porter sur l’instrument international ». Et la Chine d’ajouter, qu’il est important que a le groupe de travail spécial se laisse guider par le principe du consensus. Ce d’autant plus que, les intérêts de toutes les parties doivent être pris en compte. Non sans insister sur la nécessité d’harmoniser les impératifs de l’environnement et du développement. Avant de conclure en guise d’avertissement que : «Tout ce que l’on fait pour l’environnement doit se fonder sur le respect de la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles ». En revanche, s’agissant du groupe de travail spécial, les États-Unis se sont d’emblée opposés à l’idée que l’on parle déjà d’un «pacte mondial» et que l’on préjuge ainsi du résultat des discussions sans avoir au préalable identifier les défis. A cet effet, la Fédération de Russie demande de se concentrer plutôt sur la mise en oeuvre effective des accords existants, tout évoquant sa crainte, dans le cas contraire, de voir cette résolution s’enliser dans un processus non constructif. Les Philippines ont dans cette même vaine estimé qu’il était d’abord nécessaire de faire respecter les engagements déjà pris, craignant, à leur tour, un nouvel accord qui viendrait rouvrir le débat sur des principes acquis. Dans cette coalition, la Syrie qui a demandé que le groupe de travail s’en tienne aux moyens de remédier aux lacunes éventuelles du droit international de l’environnement, a demandé ce «qu’est-ce qu’un nouveau document apporterait à l’objectif mondial de protection de l’environnement?»

Mathieu Nathanaël Njog
 
< Précédent   Suivant >
Toute l'actualité

La neuvième édition d’Africa postal forum se tiendra à Abidjan, la capitale économique de la Côte...
[La suite...]

Le géant mondial du courtage en assurances Brokerslink a annoncé l’extension de son réseau à neuf...
[La suite...]

Le deuxième forum Partenariats public-privé (PPP) Afrique qui se tiendra les 12 et 13 novembre...
[La suite...]

Le groupe marocain Banque Centrale Populaire (BCP) finalise l’acquisition, auprès du groupe...
[La suite...]

La Banque africaine de développement finance des entreprises publiques et privées non africaines...
[La suite...]

Le royaume chérifien a été choisi pour abriter les assemblées annuelles du Groupe de la Banque...
[La suite...]

Autres articles
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×