Zimbabwe : 23 candidats en lice pour la présidentielle Version imprimable
18-07-2018
Fait inédit. Ils sont vingt-trois candidats à vouloir briguer la magistrature suprême lors de la présidentielle du 30 juillet 2018. Une ruée qui permet seule de conclure que la page Mugabe est définitivement tournée.
C’est peut-être un nouveau Zimbabwe qui naîtra au lendemain de l’élection présidentielle du 30 juillet prochain. La Commission électorale a validé la liste des candidatures pour la prochaine présidentielle, où vingt-trois candidats se disent prêts pour diriger le pays. Un engouement, mieux une ruée pour le fauteuil présidentiel sur la ligne de départ pour ce scrutin historique, le premier sans l’ex-président Robert Mugabe.

Ce dernier ayant été contraint par l’armée et la population, à abandonner le pouvoir en en fin 2017, après avoir dirigé le pays sans partage pendant près de quatre décennies. C’est un signe que l’espace politique s’ouvre, estiment les analystes politiques, et que la démocratie est en train d’avancer tant il est vrai que le choix ne sera pas facile pour les 5,7 millions d’inscrits sur les listes électorales.

Parmi les principaux candidats, on retrouve l’actuel président Emmerson Mnangagwa, leader de la Zanu-PF, au pouvoir qui a succédé à son ancien mentor dont il a été pendant de longues années non seulement le vice-président, mais également le dauphin putatif Mugabe avec de tomber en disgrâce, qui va devoir composer avec une faction restée fidèle à Robert Mugabe et qui pourrait lui mettre des bâtons dans les roues. Face à lui, il aura Nelson Chamisa, président du principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique, fortement affaibli depuis le décès de son leader historique Morgan Tsvangirai, il y a quelques mois. D’autres candidats pourraient émerger, y compris des inconditionnels de l’ex chef de l’Etat qui n’ont jamais digéré « la destitution » de leur champion par l’armée.

Scrutin libre et transparent
En tout état de cause, il s’agit d’une élection test pour le nouveau régime qui a multiplié les garanties pour un scrutin libre, équitable et transparent. Pourtant depuis des mois, l’opposition réclame la publication de la liste électorale, source de fraude dans le passé. Sa publication le 15 juin 2018 constitue sans doute une avancée, puisque l’on sait déjà qu’elle contient près de 5,7 millions d’inscrits. Une première dans le pays où l’ancien régime était accusé de manipuler les listes électorales et faire voter des personnes non habilitées y compris les morts. Toutefois, les Zimbabwéens de la diaspora ne participeront pas au vote comme cela est prévu par la Constitution, et malgré l’insistance de l’opposition qui n’a pas eu gain de cause.

A en croire des analystes, le nombre de candidats autorisés à briguer le pouvoir suprême ainsi que la publication des listes électorales constituent des signes encourageants pour la tenue des élections équitables et transparentes. En outre, la présence des observateurs internationaux constitue une avancée, signe que depuis le changement à la tête du pays, les lignes bougent, les choses changent dans le bon sens. Selon les observateurs internationaux qui suivront le scrutin, le climat pré-électoral s’est nettement amélioré, même s’il subsiste des problèmes. Notamment le sous-enrôlement des électeurs dans des localités considérées comme des bastions de l’opposition. Le fait pour le régime d’avoir accepté la présence d’observateurs internationaux constitue déjà signe d’ouverture comparé au précédent régime.

En attendant de voir l’évolution de la situation dans les prochaines semaines avec probablement des alliances et des désistements au profit de certains candidats, tout laisse croire que cette multitude de candidatures fait les affaires du président intérimaire Emmerson Mnangagwa car, bien que combattu par une franche du parti présidentiel la Zanu-PF n’en frotte pas moins les mains avec des divisions au grand jour du principal parti d’opposition.

Achille Mbog Pibasso
 
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