Zone Cemac : La Banque centrale confirme «l’enracinement» de la crise économique Version imprimable
25-05-2017
L’institution d’émission monétaire en Afrique centrale a exprimé son inquiétude au sujet de la récession économique dans laquelle sont plongés les pays de la sous-région.
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a tenu, le 22 mai 2017 à Yaoundé, une session extraordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) dans laquelle l’institution d’émission monétaire a reconnu «l’enracinement» de la crise dans les États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Une situation selon le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, qui a amené la Banque centrale à changer les orientations générales de politique monétaire arrêtées sur la base des perspectives économiques et financières de la sous-région. Ainsi, après avoir constaté qu’en dépit des mesures prises et mises en œuvre pour juguler la conjoncture, la tendance baissière des réserves de change est encore loin de remonter la pente, ce qui nécessite des mesures supplémentaires en vue de consolider des réserves des pays de la zone.

Des mesures qui portent, entre autres, sur le redressement de la situation d’endettement de la Cemac ainsi que le dispositif de l’apport de liquidités en urgence dans la communauté. Concernant l’endettement, le CPM a décidé de réduire les objectifs budgétaires des États, en fonction de leurs différentes situations. Selon des sources, deux pays de la région, en l’occurrence la Guinée équatoriale et le Tchad, seront touchés par une baisse de 20% de leurs objectifs de refinancement tandis que les autres, à savoir le Cameroun, la Centrafrique, le Congo et le Gabon, sont concernés à hauteur de 10% en moyenne. En tout état de cause, «la mise en œuvre de ces mesures devrait permettre de stopper la tendance baissière actuelle des réserves de change de la sous-région et favoriser le rétablissement, à un niveau plus confortable et dans les meilleurs délais, de notre position extérieure», a expliqué Abbas Mahamat Tolli.

Pour des analystes, le train de mesures adoptées lors du premier CPM de l’année en mars dernier où la BEAC avait procédé au relèvement du taux directeur de 2,45% à 2,95%, le gel des plafonds d’avances statutaires aux États, le non-changement des objectifs de refinancement des banques n’ont pas réellement porté de fruits. Pour ce qui est du dispositif d’apport de liquidité, la BEAC a prévu de fournir, de façon «discrétionnaire et exceptionnelle», de l’argent frais à une banque crédible qui à un moment donné pourrait souffrir d’importantes tensions de liquidité «pour préserver à tout moment la stabilité monétaire et financière de la sous-région», a indiqué le gouverneur. Même si certaines sources estiment que la zone Cemac connaitra une reprise de la croissance économique réelle, avec un taux de 1,6% en 2017 contre 0,2% en 2016, il y a lieu d’être inquiet.

Achille Mbog Pibasso, Yaoundé
 
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