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19-01-2011

La baisse de la natalité en Europe serait-elle à l’origine de l’inexorable déclin économique ? C’est Keynes contre Malthus. Un débat qui concerne l’Afrique.

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Le rapport du cabinet PwC remet bien des querelles à l’ordre du jour. Ainsi, au début de la révolution industrielle (1750), environ 20% de la population mondiale était européenne. En 2007, le Vieux continent ne pesait plus que 11% dans la démographie mondiale, contre 60% pour l’Asie et 14% pour l’Afrique. En 2050, la population mondiale sera de 9 milliards d’habitants. La part de l’Europe aura encore diminué, selon les projections de l’ONU qui estiment que des pays comme l’Allemagne (-5,26% d’ici 2050), l’Italie (-21%) vont voire leurs populations décroitre avec, en prime, une pyramide des âges inversée. Le phénomène sera spectaculaire en Russie, qui comptera 40 millions habitants de moins que par rapport à sa situation en 2007. Ce déclin démographique influe-t-il sur l’économie ? Pour beaucoup d’économistes, la pression démographique agit sur la demande des biens et services, déterminée cependant moins par ce facteur que par le pouvoir d’achat. La célèbre formule « il n’y a de richesses que d’hommes » de Jean Bodin a fait florès, malgré le pessimisme malthusien qui domina la pensée économique européenne tout au long du 19ème siècle et qui, en ce qui concerne l’Afrique, servira d’inspiration aux partisans de la limitation des naissances.

Pour la doctrine de Malthus, la population croit par moyenne géométrique tous les 25 ans lorsqu’elle ne rencontre aucun obstacle, alors que les ressources augmentent en progression arithmétique. Le plus grand disciple de l’économiste britannique sera sans doute Mao Tsé Tung, qui appliquera à la Chine une planification sévère de la population à travers le fameux concept de l’enfant unique, qui, d’après le rapport de Price, sera, dès la décennie 2020, l’une des premières causes de ralentissement de la croissance économique de l’Empire du Milieu. La deuxième moitié du XXème siècle et les progrès technologiques qui ont amélioré la productivité des machines et le rendement des terres arables semblent avoir définitivement enterré Malthus, même si c’est plutôt la voie moyenne de l’optimum du peuplement atteint quand le pays réalise son revenu maximum par tête d’habitant qui a triomphé.

 

Décroissance démographique

D’autre part, et selon les projections contenues dans le rapport du cabinet PWC, ce sont pourtant les marxistes, farouches opposant de Malthus, qui professaient un accroissement contenu de la population de l’Union Soviétique en raison de la planification économique socialiste (qui permet une meilleure répartition des richesses), qui ont été désavoués à moins d’invoquer la chute du mur de Berlin et du communisme. La Russie, qui a appliqué 70 ans d’économie planifiée, en est sortie avec un taux de décroissance plus prononcé que n’importe quel pays de l’Europe occidentale. Ce pays, qui comptait 149 millions d’habitants en 1989, n’en compte plus aujourd’hui que 142 millions, en raison de la chute de la natalité et, relativement, du départ massif des juifs russes et des russes germanophones. Les projections de croissance économique faible en Europe confortent les stagnationnistes inspirés par les travaux de Keynes, qui avançaient la thèse selon laquelle la natalité est à l’origine de la récession. Il est vrai que pour cette école, la demande constitue le moteur de l’économie.

Quoi qu’il en soit, ces conceptions économiques battues ou fortifiées par le dynamisme de l’histoire économique du XXème siècle et de la première décennie du XXIème siècle concernent l’Afrique de près. Avec 1 milliard d’habitant, le continent noir dispose d’une superficie supérieure à celles des Etats-Unis, de la Chine, de l’Inde, de l’Union européenne et du Mexique réunis. Un frein à la croissance économique ?

A.W.

 
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