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A. Diané Séméga / Désenclavement : le Mali souhaite un corridor intégré géré par une seule autorité Version imprimable
15-10-2009

Un corridor de transport intégré entre le Sénégal et le Mali, géré par une seule autorité, et souhaité par le ministre malien des Transports et de l’Equipement, Ahmed Diané Séméga.

Ces deux portiques vont permettre une amélioration de 50% des cadences actuelles du port de Dakar et 30% de réduction du temps d’escale des navires.

Ces deux portiques vont permettre une amélioration de 50% des cadences actuelles du port de Dakar et 30% de réduction du temps d’escale des navires.

Propos recueillis par Mamadou Lamine Diatta, Dakar

 

Les Afriques : Le Port Autonome de Dakar, « port naturel du Mali », vient d’étrenner deux portiques mis en service par Dubaï Port World, quelle importance revêt cet évènement auquel vous avez assisté ?

Ahmed Diané Séméga : C’est un évènement extrêmement important pour le Mali, qui, comme vous le savez, est un pays continental, un peu enclavé, dont le Sénégal constitue une porte océane. Par conséquent, vous comprenez qu’on soit associé à l’évènement. Dakar est le port naturel du Mali. Aujourd’hui, le Mali a fini de construire deux axes routiers pour faciliter ses échanges commerciaux et accéder au port de Dakar, sans occulter l’existence du chemin de fer. Je suis très fier de constater que le port de Dakar se modernise de telle sorte, qu’avec ces deux portiques, il vient d’atteindre un niveau technique élevé, tel que les ports de Casablanca, de Djibouti ou d’Abidjan, dotés eux aussi de portiques. C’est tant mieux pour le Mali et le reste de la sous-région africaine, parce que si le Mali est désenclavé, le Sénégal aussi peut s’ouvrir aux autres pays de l’hinterland, en utilisant ce corridor naturel dont nous disposons et sur lequel il y a les chemins de fer hérités de la colonisation.

 

Ahmed Diané Séméga à la réception des portiques avec Karim Wade et Khouraichi Thiam.

Ahmed Diané Séméga à la réception des portiques avec Karim Wade et Khouraichi Thiam.

LA : Quel impact faut-il attendre de ce nouveau dispositif du port de Dakar ?

ADS : Il y a des améliorations notables, car ces deux portiques vont permettre une amélioration de 50% des cadences actuelles du port de Dakar et 30% de réduction du temps d’escale des navires. Mais, il faut toujours plus d’efficience dans les systèmes de transport. Je suis heureux de constater que nous avons la même vision que le Sénégal, avec un réseau intégré de chemin de fer, Transail en l’occurrence, une société binationale.

Si le Mali est désenclavé, le Sénégal peut s’ouvrir aux autres pays de l’hinterland.

Mais nous voulons aller plus loin en construisant un corridor intégré avec une seule autorité de gestion. Nous sommes en train d’y travailler d’arrache-pied. Je peux vous garantir que, lorsque cela sera fait, l’axe Dakar-Bamako et plus loin Ouagadougou ou Niamey, connaîtra plus d’échanges commerciaux et donc, plus de développement dans notre sous-région. Pour cela, c’est indubitable, le port de Dakar, avec ses investissements actuels d’un montant de plus de 100 millions d’euros, va jouer un rôle moteur.

LA : Transrail, la société ferroviaire sénégalo-malienne, traverse d’énormes problèmes de gestion. Où en sont actuellement les négociations entre les deux parties et les bailleurs de fonds ?

ADS : Vous savez, le cas de Transrail n’est pas un problème facile à régler. Mais je dois vous dire aussi, que les plus hautes autorités du Mali et du Sénégal affichent une grande détermination pour arriver à bout des difficultés de gestion. Il y a trois semaines, nous nous sommes rencontrés à Bamako et nous devons nous rencontrer à Dakar dans les plus brefs délais. Nous pouvons d’ores et déjà compter sur une volonté très forte de la Banque mondiale, qui a décidé de nous accompagner, de même que la volonté inébranlable de nos Etats. On veut faire en sorte que cette concession, qui se porte mal, puisse être relancée. Les mesures suivantes ont été prises : il s’agit d’abord de payer les arriérés dus à Transrail, à savoir une enveloppe de 6,10 millions d’euros pour chacun des deux Etats. Il faut ensuite remettre à plat le schéma concessionnel pour qu’il y ait une forme de contractualisation plus adaptée à la gestion de ce corridor ferroviaire, stratégique pour nos deux pays. Mais, je puis vous affirmer avec force que Transrail fait l’objet d’une attention toute particulière. Dans un proche avenir, avec le programme d’investissement qui est en train d’être élaboré et finalisé, avec l’accompagnement de la Banque mondiale et de tous les autres partenaires, nous allons remettre du sang neuf dans cet outil d’intégration par excellence. C’est dans le même ordre d’idée qu’il faut rappeler que les entrepôts sénégalais au Mali (ENSEMA), un poste avancé du port autonome de Dakar, sont partie prenante de ce dispositif pour faire du corridor une réalité.

 
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