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BRVM. L’inscription à la côte de la bourse régionale de l’Uemoa du dernier
emprunt Trésor Public du Burkina Faso ouvre à cette nouvelle valeur
la possibilité d’être négociée tous les jours en même qu’elle renforce l’attractivité du marché secondaire.
L’emprunt obligataire du Trésor Public
du Burkina Faso 2011-2016 rémunéré
au taux de 6,5% et qui a abouti, le 8 décembre
dernier, à la levée par «le pays des hommes
intègres» de plus de 60 milliards de f CFA sur le
marché financier régional était la star de la séance
de cotation du 09 février 2012 à la Bourse des valeurs
mobilières (BRVM) de l’Union économique
et monétaire ouest africaine (Uemoa). Certes sur
les 6,6 millions de titres apportés à la côte du marché
obligataire, seulement 2 500 ont été échangés
pour un montant global de transaction de 25,22
millions de f CFA. Mais pour Jean-Paul Gilet, directeur
général de la BRVM, ce titre est promis à
un bel avenir sur le marché.
Les arguments en faveur de cette perspective positive,
Moumounou Gnankambary, le directeur
général du Trésor Public du Burkina Faso en a
livré quelques-uns. D’abord, le fait que cet emprunt
obligataire est noté par l’agence internationale
de rating, Standard & Poor’s, «B».
Précisément «B stable B», synonyme de «bonnes
perspectives». Ensuite la provenance géographique
variée des souscriptions. Car, si 2/3 des
6,6 millions d’obligations ont été souscrits au
Burkina Faso, des souscriptions ont été également
«du Bénin, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Togo, de l’Afrique du Centre avec le Cameroun
et le Congo et même de l’Europe avec la
France et la Belgique» a-t-il fait noter. Assurant
que le Trésor Public, dont il est au commande,
qui a «toujours honoré le service de la dette lié aux
différentes émissions (35 au total depuis 2002) ne
va pas déroger à la règle. Les détenteurs des obligations
seront payés à bonne date».
Alexis Lourgo, directeur général de la Société
burkinabé d’intermédiation financière (Sbif),
arrangeur et chef de file de l’opération, lève un
coin de voile sur le dispositif mis en place par
les autorités burkinabées pour dissiper tout
risque «d’incident de paiement». «L’emprunt
obligataire est sécurisé par un compte d’amortissement,
un compte séquestre, qui est déjà ouvert
au nom du Trésor Public dans les livres de la
Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(Bceao) au Burkina Faso. Ce compte sera régulièrement
approvisionné avec des ressources affectées
par le Trésor, de façon à répondre exclusivement
aux différentes échéances de paiement des intérêts
et du principal de l’emprunt». Ainsi donc, à
chaque échéance la Bceao va débiter le compte
séquestre du montant pour le mettre à la disposition
du dépositaire central-banque de règlement
qui va procéder au paiement des différents
détenteurs de titres par le biais des sociétés de
gestion et d’intermédiation.
Lancé initialement pour lever sur le marché financier
35 milliards de f CFA, sur une période
allant du 10 novembre au 8 décembre 2012,
l’emprunt obligataire Trésor Public du Burkina
Faso, de 6,5% sur la période 2011-2016, sera
souscrit à plus de 60 milliards de f CFA. Un
montant que les émissions de la Côte d’Ivoire
étaient jusque-là, les seules à atteindre. Avec sa
cotation sur le marché secondaire de la BRVM,
l’émission de l’emprunt Trésor public du Burkina
Faso permet au marché financier régional
d’augmenter sa capitalisation obligataire. Du
coup elle passe de 674 milliards à 730 milliards
de f CFA. «Niveau le plus important jamais atteint
à la BRVM» se satisfait Jean-Paul Gilet. Qui
fait donc le pari que «la cotation de cette nouvelle
valeur va participer à l’attractivité du marché secondaire,
et avec le développement des échanges,
cela attirera de nouveaux investisseurs».
Louis S. Amédé, Abidjan
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