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Le Burkina Faso propulse la capitalisation du marché obligataire à 730 milliards de f CFA Version imprimable
20-02-2012

BRVM. L’inscription à la côte de la bourse régionale de l’Uemoa du dernier emprunt Trésor Public du Burkina Faso ouvre à cette nouvelle valeur la possibilité d’être négociée tous les jours en même qu’elle renforce l’attractivité du marché secondaire.

L’emprunt obligataire du Trésor Public du Burkina Faso 2011-2016 rémunéré au taux de 6,5% et qui a abouti, le 8 décembre dernier, à la levée par «le pays des hommes intègres» de plus de 60 milliards de f CFA sur le marché financier régional était la star de la séance de cotation du 09 février 2012 à la Bourse des valeurs mobilières (BRVM) de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Certes sur les 6,6 millions de titres apportés à la côte du marché obligataire, seulement 2 500 ont été échangés pour un montant global de transaction de 25,22 millions de f CFA. Mais pour Jean-Paul Gilet, directeur général de la BRVM, ce titre est promis à un bel avenir sur le marché.

Les arguments en faveur de cette perspective positive, Moumounou Gnankambary, le directeur général du Trésor Public du Burkina Faso en a livré quelques-uns. D’abord, le fait que cet emprunt obligataire est noté par l’agence internationale de rating, Standard & Poor’s, «B».

Précisément «B stable B», synonyme de «bonnes perspectives». Ensuite la provenance géographique variée des souscriptions. Car, si 2/3 des 6,6 millions d’obligations ont été souscrits au Burkina Faso, des souscriptions ont été également «du Bénin, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Togo, de l’Afrique du Centre avec le Cameroun et le Congo et même de l’Europe avec la France et la Belgique» a-t-il fait noter. Assurant que le Trésor Public, dont il est au commande, qui a «toujours honoré le service de la dette lié aux différentes émissions (35 au total depuis 2002) ne va pas déroger à la règle. Les détenteurs des obligations seront payés à bonne date».

Alexis Lourgo, directeur général de la Société burkinabé d’intermédiation financière (Sbif), arrangeur et chef de file de l’opération, lève un coin de voile sur le dispositif mis en place par les autorités burkinabées pour dissiper tout risque «d’incident de paiement». «L’emprunt obligataire est sécurisé par un compte d’amortissement, un compte séquestre, qui est déjà ouvert au nom du Trésor Public dans les livres de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) au Burkina Faso. Ce compte sera régulièrement approvisionné avec des ressources affectées par le Trésor, de façon à répondre exclusivement aux différentes échéances de paiement des intérêts et du principal de l’emprunt». Ainsi donc, à chaque échéance la Bceao va débiter le compte séquestre du montant pour le mettre à la disposition du dépositaire central-banque de règlement qui va procéder au paiement des différents détenteurs de titres par le biais des sociétés de gestion et d’intermédiation.

Lancé initialement pour lever sur le marché financier 35 milliards de f CFA, sur une période allant du 10 novembre au 8 décembre 2012, l’emprunt obligataire Trésor Public du Burkina Faso, de 6,5% sur la période 2011-2016, sera souscrit à plus de 60 milliards de f CFA. Un montant que les émissions de la Côte d’Ivoire étaient jusque-là, les seules à atteindre. Avec sa cotation sur le marché secondaire de la BRVM, l’émission de l’emprunt Trésor public du Burkina Faso permet au marché financier régional d’augmenter sa capitalisation obligataire. Du coup elle passe de 674 milliards à 730 milliards de f CFA. «Niveau le plus important jamais atteint à la BRVM» se satisfait Jean-Paul Gilet. Qui fait donc le pari que «la cotation de cette nouvelle valeur va participer à l’attractivité du marché secondaire, et avec le développement des échanges, cela attirera de nouveaux investisseurs».

Louis S. Amédé, Abidjan

 
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