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Les banques italiennes reçoivent leurs consoeurs africaines à Rome Version imprimable
02-07-2008

Le Club des dirigeants des banques et établissements de crédit d’Afrique organisait à Rome, les 23 et 24 juin, son traditionnel forum d’été.

Après Stockholm l’an dernier, le Club tenait à Rome, avec le concours très actif de l’Association des banques italiennes, son forum 2008. En vingt années d’existence, le Club n’a jamais connu un tel succès d’affluence. Conduit par son président Henri Claude Oyima, directeur général du groupe BGFI Bank du Gabon, ils étaient une cinquantaine de directeurs généraux venus de quinze pays et reçus au prestigieux Palazzo Altieri, siège de l’Association des banques italiennes.

Marco Barbieri, responsable pour l’Afrique du groupe Unicredit, suscitera un intérêt d’autant plus fort que, d’entrée il dira, non sans malice, que « pour l’Afrique, il n’y a pas que la France. »

Peu de présence en Afrique
A l’image de plusieurs autres pays européens, l’Italie recherche les meilleurs moyens pour, d’une part faciliter le transfert de l’épargne des travailleurs africains installés en Italie vers leurs pays d’origine, et d’autre part mobiliser cette épargne vers des investissements sociaux ou productifs dans ces pays. Les banques africaines seraient bien entendu concernées par
ce projet, considéré, et selon Armano Sanguini, ambassadeur directeur général pour l’Afrique subsaharienne au Ministère italien des affaires étrangères, comme un important « levier de développement ».
Le système bancaire italien, présenté par Domenico Santececca, a, par sa dimension, peu de points communs avec ceux de chaque pays africain : le millier de membres de l’Associazione Bancaria Italiana n’est évidemment pas comparable à la vingtaine de membres de son homologue ivoirienne, pourtant la plus importante des pays africains de la zone franc. A vrai dire, les banques italiennes sont peu présentes en Afrique. Elles ont généralement préféré assurer leur développement vers les pays de l’Europe de l’Est. Ainsi, Giuseppe Cuccurese, directeur des relations internationales du groupe Intesa San Paolo, cinquième banque européenne, reconnaîtra que sa banque n’est présente sur le continent africain qu’au travers de sa filiale égyptienne, la Bank of Alexandrie. Elle s’intéresse pourtant aux pays du Maghreb (Maroc et Tunisie) et du Golfe, tout en étant attentive aux opportunités susceptibles de se présenter en Afrique subsaharienne.
La présentation de Marco Barbieri, responsable pour l’Afrique du groupe Unicredit, deuxième banque d’Italie, suscitera un intérêt d’autant plus fort que, d’entrée il dira, non sans malice, que « pour l’Afrique, il n’y a pas que la France ». A partir des bureaux de représentation du Caire, de Johannesburg et de Tunis, Unicredit suit, avec beaucoup d’intérêt, les opportunités qui pourraient lui permettre, à défaut d’être directement présent, de développer avec des partenaires africains à identifier trois types de services : les transferts d’argent de l’Italie vers l’Afrique, la mise à disposition de lignes de crédit auprès de banques commerciales, et les facilités d’accueil d’entreprises italiennes en Afrique.

Echanges d’informations

De leur côté, les banquiers africains ont, notamment au travers des présentations de la Société ouest-africaine de gestion d’actifs – SOAGA, dirigée par Guy Abby Nogues, du groupe Bank of Africa, par Lala Moulaye, directrice générale de la filiale de Côte d’Ivoire, du groupe BGFI BANK par son directeur général Henri Claude Oyima et de la Bourse de Douala par son président Bénédict Belibi, après un panorama d’ensemble brossé par le secrétaire exécutif du Club, fait valoir les qualités et atouts des systèmes bancaires et financiers africains, leurs stratégies qui, sans atteindre les dimensions de leurs confrères italiens, associent le développement à la prudence légitimement imposée par les commissions bancaires. Cette prudence rejoint les objectifs et moyens présentés à Rome par les autorités de la Banque d’Italie, Francesco Cannata pour la surveillance au travers du respect des règles de Bâle 2, mises tout récemment en application en Italie, et Pierpaolo Fratangelo pour les moyens de lutte contre le blanchiment et l’insécurité internationale.
Des perspectives et projets de poursuivre les contacts engagés pourraient trouver un début de concrétisation avec la présence espérée de plusieurs banquiers italiens aux journées annuelles que le Club organisera à Lomé les 6 et 7 février prochains autour du thème très mobilisateur « la place de la banque africaine dans le contexte de la mondialisation financière ». L’Association des banque italiennes a d’ores et déjà promis de s’intéresser davantage à l’Afrique en envisageant avec le Club des voyages d’études pour ses membres.

Alain Le Noir,
secrétaire exécutif du Club des
dirigeants des banques et
établissements de crédit d’Afrique
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