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« Nous avons de la chance d’être en Afrique» Version imprimable
27-03-2008

Barclays Bank est sans doute la plus vieille banque moderne installée en Afrique. Le continent est d’ailleurs considéré comme la deuxième patrie de cette banque. Entretien avec Christine Farnish, directrice des Relations extérieures.

 

Christine Farnish.

 

Christine Farnish.

Entretien réalisé par Charles Bambara, Londres

Historiquement, la première présence africaine de la banque se situe en Afrique du Sud. Aujourd’hui, elle est présente dans 13 pays africains anglophones. Sa croissance sur le continent est en nette progression en termes de chiffre d’affaires et de présence à travers de nouvelles représentations. Les Afriques a rencontré Christine Farnish, la directrice des Relations extérieures de la Barclays Bank, au siège de l’organisation dans le nouveau quartier des affaires de Londres : Canary Wharf.

« 40% de notre force de travail se trouve en Afrique, ce qui est considérable si l’on sait que le personnel total de la banque dans le monde est de l’ordre de 130 000 employés. »

Les Afriques : Quelle est la présence de la Barclays Bank aujourd’hui en Afrique ?
Christine Farnish : Sur le continent, hors Afrique du Sud, nous avons 630 représentations. En Afrique du Sud même nous avons plusieurs représentations avec le groupe ABSA dans lequel nous avons une participation majoritaire de 66% du capital. 40% de notre force de travail se trouve en Afrique, ce qui est considérable si l’on sait que le personnel total de la banque dans le monde est de l’ordre de 130 000 employés. Tous nos directeurs sur le continent sont africains, ainsi que l’essentiel du personnel. Ce qui est plutôt bien, car notre objectif est de développer l’expertise locale. Nous avons huit millions de clients en Afrique. 28% des bénéfices annuels de la compagnie proviennent d’Afrique !

LA : Sur le continent, Barclays Bank est-elle plus une banque commerciale ou d’investissement ?
CF : Nous nous considérons plutôt comme une banque commerciale. Nos clients sont à la fois de très importants hommes d’affaires et des clients ordinaires. Traditionnellement, nous faisons beaucoup la gestion des salaires. Mais nous sommes en train d’évoluer au-delà de cette approche pour nous intéresser à d’autres services plus porteurs. Au sein du groupe ABSA, en Afrique du Sud, nous expérimentons divers services pratiques et utiles et cela marche plutôt bien.

LA : Avec toutes les informations que vous recevez de vos représentations en Afrique, pensez-vous qu’il est facile aujourd’hui de faire des affaires sur le continent ?
CF :
Ce n’est certainement pas très difficile, nous pensons en général que l’Afrique est un continent où l’on peut faire de bonnes affaires. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons décidé de développer et d’accroître nos investissements sur le continent de façon plus agressive encore. Mais il est vrai que tout n’est pas toujours rose, parfois il y a, par exemple, des règles de régulation complexes, qui exigent que l’on soit créatifs. Mais je crois que ce n’est pas plus difficile en Afrique qu’ailleurs et que la situation est différente d’un pays à l’autre.
LA : Vous avez une forte présence en Afrique anglophone. Qu’en est il de l’Afrique francophone ?
CF : Nous n’avons pas de présence en Afrique francophone, malheureusement. Car en réalité l’installation de la banque a suivi l’implantation coloniale britannique en Afrique. Cela fait partie de l’héritage que nous gérons aujourd’hui. Mais cela ne veut pas dire que nous n’allons pas dans le futur développer notre présence ailleurs sur le continent, notamment dans la partie francophone. Et même au-delà de l’Afrique, nous nous intéressons à tous les marchés émergents où il y a une économie à forte croissance, une bonne gouvernance et de la stabilité. Car, sans ces deux facteurs, il est difficile d’envisager tout investissement.

LA : Avez-vous une mission spécifique en Afrique, des objectifs précis à atteindre ?
CF :
Nous offrons en réalité une gamme variée de services, comme notre système de cartes qui est très populaire. Mais nous offrons ce service de cartes à d’autres institutions financières également. Par ailleurs nous faisons de la gestion des actifs. Barclays Global Investment est l’un des plus grands gestionnaires de fonds dans le monde avec des produits très attractifs et populaires. Et nous sommes également présents dans le domaine de l’investissement avec Barclays Capital. Plusieurs gouvernements passent par nos services pour lever des fonds pour des investissements, notamment dans le domaine des infrastructures. Donc nous voulons garder cette diversité de produits pour l’Afrique, et quelques soient les besoins de la clientèle, les satisfaire.

« Touchons du bois, jusque-là, il ne semble pas y avoir de corrélation (…). Nous avons de la chance d’avoir une telle présence en Afrique, à l’heure actuelle. »

LA : Nous vivons à l’heure des perturbations sur les marchés financiers, notamment aux Etats-Unis et d’une certaine manière également en Europe. L’Afrique sera-t-elle touchée ?
CF : Touchons du bois, jusque-là, il ne semble pas y avoir de corrélation… Généralement, lorsque les Etats-Unis toussent, l’Europe est enrhumée. Beaucoup de personnes, ici en Grande-Bretagne, regardent avec anxiété ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique, car l’économie s’affaiblit et les perspectives pour les deux prochaines années sont revues à la baisse. Mais les marchés émergents ne semblent pas avoir été affectés. Et, économiquement, je ne vois pas comment ils pourraient l’être. Le Japon pourrait être affecté, mais le Japon n’est pas un marché émergent. Nous avons de la chance d’avoir une telle présence en Afrique, à l’heure actuelle.

LA : Qui sont vos concurrents en Afrique. Sont ce les banques locales ou les grandes banques internationales ?
CF : Ce sont les deux. Nous avons les banques locales dans le domaine des marchés populaires, avec une clientèle sûre, prospère, avec une excellente pénétration de ces marchés. Mais ces petites banques ne peuvent offrir la gamme de produits que nous offrons. Donc nous pouvons leur prendre des parts de marché sur ce terrain. Et nous avons les grandes banques internationales, comparables à la Barclays. C’est mieux ainsi pour le client qui a un choix réel de fournisseurs de services bancaires.

LA : Pouvez-vous confirmer qu’il y a de bonnes marges bénéficiaires pour les entreprises et sociétés qui investissent en Afrique aujourd’hui ?
CF :
On estime qu’en Afrique, en général, le taux de croissance du PIB est de l’ordre de 6 à 8% par an. Ce qui est plus important qu’ailleurs dans le monde. L’Afrique est donc le continent du monde où les opportunités sont réelles pour les investisseurs. Pour des investissements à long terme, on doit penser au risque bien évidemment, mais je crois que même sur le long terme les perspectives sont bonnes à présent. Regardez un peu les richesses énormes de ce continent, son potentiel humain !

LA : Barclays Bank ne fait pas que des affaires en Afrique. Vous vous investissez dans le domaine social ?
CF :
Tout à fait. Cela fait partie de la stratégie de la banque partout où nous sommes de nous assurer que nous avons un impact positif sur l’environnement, un impact positif sur les communautés locales. Donc, nous essayons d’être de bons citoyens du monde, en veillant sur l’éthique.

 
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