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Nouvelle banque des Etats de l’Afrique centrale Version imprimable
27-01-2010

Nouveau gouverneur, nouvelles procédures de contrôle, les chefs d’Etat ont décidé de redorer le blason terni de la BEAC.

Philibert Andzembé, le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, a joué, perdu et fait perdre son pays. Convoqué par le nouveau président gabonais au lendemain de l’éclatement d’un nouveau scandale dans son institution, 16 milliards FCFA détournés à Paris, il avait été sommé de démissionner. Il avait invoqué le parallélisme des formes pour rejeter l’injonction. Nommé par une conférence des chefs d’Etat, il entendait se soumettre à la même instance. Il gagnait quelques mois, mais il empêchait Ali Bongo de sauver le siège en le remplaçant par un autre Gabonais. Le père, Omar, avait ainsi procédé en remplaçant Jean-Félix Mamalepot, alors fort décrié par Andzembé qui a réussi à faire pire en moins de trois ans. 25 millions d’euros envolés dans un placement hasardeux en violation des règles de la banque, et puis ce détournement à Paris. Avec le gouverneur, le vice-gouverneur Rigobert Roger Andely, André Mfoula, directeur de l’émission monétaire et de la circulation fiduciaire, et Mme Christiane Joëlle Akasso ont été relevés de leurs fonctions.

Malabo assure toutefois n’avoir pour ambition qu’une meilleure gestion pour rétablir la crédibilité d’une banque centrale battant monnaie qui se serait effondrée sans l’arrimage à l’euro via le Trésor français.

Pour la première fois depuis sa création, la BEAC a un gouverneur non gabonais. Un consensus obtenu à Fort Lamy conférait au Gabon le poste de gouverneur, celui de vice-gouverneur au Congo et le siège central au Cameroun. Désormais, le principe de la rotation dans l’ordre alphabétique est retenu. Après le Gabon, c’est donc au tour de la Guinée équatoriale. Une belle « coïncidence » qui permet de sauver les apparences. Il ne sera ainsi pas dit que la Guinée équatoriale, nouvelle place forte financière de la zone, a exigé et obtenu le poste de gouverneur. Lucas Abagha Ntsama monte donc en grade. Il était déjà directeur général de l’exploitation dans la banque, l’un des trois directeurs qui constituaient le secrétariat du Comité de politique monétaire que Malabo avait déjà imposé pour s’assurer un droit de regard dans la gestion d’une institution dont elle fournissait 40% des dépôts, sans avoir aucun ressortissant dans le gouvernement de la banque.

 

Audit annuel

La conférence a aussi décidé de poursuivre en justice toutes les personnes impliquées dans les malversations au Bureau extérieur de Paris comme dans les placements DATI. Un audit annuel de l’ensemble des institutions, organes et institutions spécialisées de la CEMAC est désormais institué. Il a été également décidé de modifier les statuts de la BEAC, en rapport avec le partenaire extérieur, la France, et de confier désormais la présidence du conseil d’administration de la banque au ministre qui préside le Comité ministériel.

C’est dire que la conférence des chefs d’Etat a fait sien le 4e rapport du président chargé des réformes institutionnelles de la CEMAC, en l’occurrence le président de la Guinée équatoriale, Obiang Nguema Mbasogo. Certaines avaient déjà été approuvées par la conférence extraordinaire des chefs d’Etat, le 30 janvier 2009 à Libreville, qui avait déjà failli emporter le gouverneur Andzembé à la suite des conclusions de l’audit de la banque.

Le renforcement des ressources humaines en quantité et en qualité suffisantes, décidé dans ce cadre, a ainsi commencé à s’exécuter.

Les décisions ont été difficiles à prendre. Le double report du sommet, prévu d’abord pour la fin novembre, ensuite reporté une première fois au 14 décembre, avant de se tenir finalement en janvier, montrait déjà la difficulté à s’entendre. La clôture de la réunion a dû être retardée d’une journée pour permettre d’épuiser l’ordre du jour. Il faut saluer à cet égard la volonté politique ainsi montrée par les chefs d’Etat. D’abord par la présence de tous, fait de plus en plus rare dans les sommets africains, et ensuite par le temps mis à examiner un ordre du jour, il est vrai, chargé.

Ces décisions consacrent-elles la victoire de la Guinée équatoriale ? Assurément, Malabo a réussi à imposer ses points de vue, aidée en cela par le fait que c’est son président qui a la charge des réformes. Il assure toutefois n’avoir pour ambition qu’une meilleure gestion pour rétablir la crédibilité d’une banque centrale battant monnaie qui se serait effondrée sans l’arrimage à l’euro via le Trésor français.

Un lot de consolation a été attribué à Libreville, puisque c’est le Gabonais Michael Adande qui hérite de la direction de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), dont le capital passe de 94 à 250 milliards FCFA.

CES

 
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