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La Bourse de Tripoli fait sa mue Version imprimable
24-11-2010

La place boursière de Tripoli pèse environ 24 fois moins que celle de Casablanca, mais 27 fois plus que celle d’Alger.

La place boursière de Tripoli pèse environ 24 fois moins que celle de Casablanca, mais 27 fois plus que celle d’Alger.

Le nouveau cadre règlementaire autorisant les investissements étrangers et la création des OPCVM marque un nouveau départ pour la Bourse libyenne des valeurs mobilières.

Moins de trois ans après sa création, la Bourse libyenne des valeurs mobilières fait preuve d’un dynamisme certain. La place, dont l’entrée effective en activité remonte au 4 avril 2008, a vu sa capitalisation atteindre 2,80 milliards de dollars à la fin octobre 2010, contre 2,20 milliards au 31 décembre 2009 et 727,09 millions à la fin 2008. Cette capitalisation boursière pèse environ 24 fois moins que celle de Casablanca, la première place financière maghrébine, mais 27 fois plus que celle d’Alger, créée en 1999.

« Nous souhaitons drainer sur le marché une partie des dizaines de milliards de dollars qui dorment inutilement dans les coffres des banques », indique M. El-Kwafi.

Après s’être enrhumé au lendemain de l’éclatement de la crise financière, le marché libyen a repris sa marche en avant dans le sillage de l’augmentation du nombre des sociétés cotées, qui a atteint 29 entreprises, dont onze ont été introduites sur le marché principal.

Entre le 1er janvier et le 31 octobre de l’année en cours, l’indice composite de la place a enregistré une progression de 17,5% pour s’établir 1298,8 points. « Les progrès réalisés incitent à l’optimisme au regard de l’absence d’une culture de marché financier, tant auprès des entreprises que chez les investisseurs locaux », se réjouit Soleïman Salem Chehoumi, directeur général de la Bourse libyenne. Et de renchérir : « Toutefois, le chemin qui reste à parcourir pour doter la Libye d’un marché financier performant et capable de constituer une alternative de financement crédible pour les entreprises est encore long ».

 

Cadre règlementaire attrayant

Les autorités libyennes tablent sur une nouvelle loi règlementant les opérations de bourse, adoptée récemment par le Comité populaire général (parlement libyen), pour assurer le décollage de la place créée dans la foulée de la politique de libéralisation économique, initiée en 2003. Ce nouveau cadre règlementaire autorise les personnes physiques et morales non résidentes à détenir jusqu’à 5% du flottant des sociétés cotées et à rapatrier les bénéfices provenant de la cession de leurs actifs dans un délai maximum d’un mois. Jusque-là, seuls les particuliers étrangers résidents en Libye bénéficiaient du droit d’investir en bourse. « L’ouverture du marché aux investisseurs ouvre une nouvelle ère pour le développement du marché financier libyen. D’autant plus qu’elle augmentera le volume des transactions et conduira à une meilleure transparence dans la gestion des sociétés cotées », assure Khalil El-Kwafi, président du Groupement économique de Libye, une organisation patronale libyenne.

La nouvelle règlementation autorise également la création des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), afin de diversifier les catégories d’investisseurs actifs sur le marché et surtout d’inciter les fonds d’investissements et les banques libyennes à réinjecter une partie de leurs avoirs faramineux dans l’économie du pays. « Nous souhaitons drainer sur le marché une partie des dizaines de milliards de dollars qui dorment inutilement dans les coffres des banques », indique M. El-Kwafi.

 

Davantage de papier frais en 2011

D’autre part, le gouvernement libyen s’attache à tenir sa promesse de faire passer une grande partie de son programme de privatisation par la Bourse. Après l’introduction de la National Commercial Bank, en août dernier, une autre banque publique a rejoint la cote, le 24 novembre : la Meditterranean Bank. Quatre autres entreprises étatiques sont annoncées : les opérateurs de téléphonie Al-Madar et Libyana, la National Investment Compagny et la société sidérurgique Libyan Iron and Steel Company.

Outre l’amélioration de la profondeur du marché, ces nouvelles introductions devraient contribuer à réduire la forte concentration des transactions sur les secteurs des banques et des assurances. Au cours des dix premiers mois de l’année en cours, les six banques cotées ont accaparé 78% des transactions réalisées. Les compagnies Libya Insurance, Muttahida Insurance et Sahara Insurance sont arrivées au second rang, avec 14% du volume global des transactions, alors que l’écrasante majorité des cotées sur le deuxième compartiment du marché restent souvent plusieurs séances sans faire l’objet d’échanges.

Walid Kéfi

 
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