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La bourse du Zimbabwe à l’épreuve du programme d’indigénisation Version imprimable
21-12-2011

Les effets collatéraux de la crise politique zimbabwéenne sont lourds sur la Bourse locale. La Zimbabwe Stock Exchange a vu sa capitalisation boursière fondre, passant de 10 milliards de dollars en 2003, lors du début d’expropriation des fermiers blancs, à seulement 4 milliards de nos jours.

Pour Norman Maferala, chef du département Trading et Operations à la Securities Commission du Zimbabwe, le pays est en train de repartir avec une nouvelle monnaie, pondérée à partir d’un panier formé du dollar, du rand sud-africain et, dans des proportions moindres, de la livre sterling et de l’euro. Avec la stabilisation de la vie politique et le savant dosage trouvé entre les héros de la révolution, avec à leur tête Robert Mugabé, «combattant suprême », et la jeune garde incarnée par le premier ministre Morgan Tvasangirai, la ZSE connaît un nouveau départ, comme le confirme Norman Maferala. Entretien.

« Il y a des différences fondamentales entre l’Afrique du Sud où a été implémenté le Black Economic Empowerement (BEE) et le Zimbabwe. En effet, 90% des Zimbabwéens savent lire et écrire. L’on ne peut en dire autant de l’Afrique du Sud. »

 

Les Afriques : En 2011, quelles étaient les valeurs dominantes à la ZSE ?

Norman Maferala : En termes de capitalisation boursière, Delta, filiale du brasseur Sab Miller est en tête, suivie par Old Mutual (assureur originaire d’Afrique du Sud), Echonet (opérateur mobile), PPC (Pretoria Portland Cement) et Barclays Bank. Ce sont là les big five, qui totalisent 80% de la capitalisation du marché. La Bourse est loin d’avoir atteint son potentiel, puisque la plupart des entreprises minières ne sont pas cotées.

 

LA : Ces « big five » ainsi que les autres valeurs cotées à Hararé souscrivent-ils à la politique d’indigénisation ?

NM : Je pense que le groupe Old Mutual est particulièrement favorable à cette option. Mais je profiterai de votre tribune pour rappeler avant tout la signification de la politique d’indigénisation, laquelle ne consiste pas en l’expropriation des investisseurs étrangers. Bien au contraire, avant cette politique médiatisée, la loi zimbabwéenne était plus restrictive puisqu’elle limitait à 40% l’acquisition d’actions dans une société locale. Or, l’indigénisation stipule que l’actionnariat local détienne 51% du capital d’une entreprise donnée. Autrement dit, l’actionnariat étranger peut en détenir jusqu’à 49%.

 

LA : Ne craignez-vous pas que la politique d’indigénisation aboutisse aux mêmes dérapages que ceux constatés dans le BEE ?

NM : Il y a des différences fondamentales entre l’Afrique du Sud où a été implémenté le Black Economic Empowerement (BEE) et le Zimbabwe. En effet, 90% des Zimbabwéens savent lire et écrire. L’on ne peut en dire autant de l’Afrique du Sud. Il y a une véritable base de développement d’une classe moyenne au Zimbabwe. Les tensions, depuis le début de la décennie, ont conduit l’administration à dégraisser. Les jeunes Zimbabwéens commencent à évoluer dans le secteur privé, à monter leurs propres business. Il y a un esprit d’entreprenariat qui se développe. Si les compagnies minières et autres ouvraient leur capital à travers la Bourse, cela renforcerait cette dynamique. L’introduction des PME-PMI pourrait aussi accélérer la tendance.

 

LA : Donc l’avenir du marché financier zimbabwéen est prometteur ?

NM : Certainement. Tout dépend des politiques à mettre en place, de la stabilité, de l’environnement des affaires et de la relance des secteurs-clés comme l’agriculture.

 
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