Journal en ligne - [n°155 du 31 mars au 6 avril 2011 ]
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Le Burkina Faso à l’heure des grands défis Economie, une croissance à deux chiffres Version imprimable
30-03-2011

Un pays avec peu de ressources minières qui refuse le sous-développement. Le Burkina Faso mise sur une croissance à deux chiffres par an. Ambitieux ?

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Le retour d’une bonne conjoncture pour le coton.

Durant la période 1992-2001, le Burkina Faso a connu un taux de croissance annuel moyen de 5,1%, propulsant son économie à la septième position des meilleures économies de l’Afrique subsaharienne. Une prouesse pour ce pays enclavé et sans ressources minières, mais qui dispose d’une situation plus enviable que le grand voisin ivoirien. Entre 2002 et 2009, l’ancienne Haute Volta va engranger 6,1 points de croissance du PIB, explique l’économiste ivoirien Francis Konan, qui classe le Burkina dans un cercle de cinq pays émergents en Afrique subsaharienne, aux côtés de la Tanzanie, du Cap-Vert, du Ghana et du Bénin. Les atouts de l’ancienne Haute Volta sont la stabilité de son système politique, ainsi que les réformes de son environnement des affaires, saluées par la Banque mondiale au travers de son classement Doing Business. Si la démocratie burkinabée, en construction, n’est pas encore arrivée à bon port, elle génère cependant une certaine confiance à l’origine du développement économique de ces dernières années.

In fine, l’ambition du Premier ministre burkinabé, c’est de réaliser les objectifs assignés dans la lettre de mission transmise par le président Blaise Compaoré et qui pourrait se résumer en une phrase : bâtir un Burkina émergent.

Sur le plan de la stabilité macroéconomique, le Burkina tire profit du faible taux d’inflation en cours dans la zone monétaire du franc CFA. Le conflit politique qui paralyse son voisin du sud, la Côte d’Ivoire, a indirectement fait du pays un passage obligatoire pour les investisseurs.

 

De la révolution culturelle à la révolution économique

Le pays dispose d’un nouveau Code minier des investissements, devenu plus attractif, avec une exonération de taxes et impôts sur les investissements dans ce secteur. Les perspectives sont donc prometteuses. Pour le Premier ministre Teritius Zongo, en poste depuis 2007 et reconduit le 13 janvier 2011 suite aux présidentielles de novembre 2010, il est temps pour le pays des hommes intègres de passer de la révolution culturelle à la révolution économique. Dans sa déclaration de politique générale lue le 17 mars 2011 devant l’assemblée générale, cet économiste, ancien cadre du FMI et de la Banque mondiale, appelle à sortir d’une certaine complaisance à vouloir se positionner comme un pays pauvre peuplé d’hommes intègres. Pour celui qui ambitionne de réaliser une croissance annuelle à deux chiffres pendant ce quinquennat, le chemin vers le progrès passe par l’investissement humain. Le renforcement des systèmes sanitaires et éducatifs, la formation professionnelle, l’éducation, etc., tels sont les piliers d’une politique économique à visage humain inspirée par Derek Curtis Bok, ancien président de Harvard, qui a révolutionné la pensée économique en suggérant d’introduire la courbe du bonheur dans les calculs de l’indice du développement humain. In fine, l’ambition du Premier ministre burkinabé, c’est de réaliser les objectifs assignés dans la lettre de mission transmise par le président Blaise Compaoré et qui pourrait se résumer en une phrase : bâtir un Burkina émergent.

En attendant, le FMI prévoit une croissance de 5,5% en 2011, contre 5,2% en 2010. L’institution de Bretton Wood table sur une faible inflation en raison des perspectives favorables pour la production agricole. Le FMI a bien accueilli la nouvelle stratégie de réforme fiscale approuvée par le Parlement burkinabé. Par ailleurs, le pays compte atteindre ses objectifs de croissance en 2011 grâce à un excédent céréalier d’un million de tonnes issu de la campagne agricole 2010/2011. La crise ivoirienne pourrait toutefois impacter cette embellie, selon l’USAID, qui note qu’environ 1,6 million de personnes vivent dans des zones dépendant des transferts avec la Côte d’Ivoire comme source importante de revenus.

V.N.

Trop coûteuse dépendance au port d’Abidjan

Si en 2002 le Burkina Faso avait frôlé l’asphyxie lors de la crise ivoirienne, en 2010 et en 2011 les opérateurs économiques ont souffert de l’enlisement de la crise post-électorale à Abidjan. Mais, selon cet importateur de produits finis, ce n’est pas au même niveau. Les efforts entrepris dans la diversification vers les ports de Cotonou et de Téma donnent des résultats, mais malgré ces initiatives il est difficile de se passer du seul port relié à Ouagadougou par le rail. La rupture du trafic ferroviaire et routier sur l’axe Abidjan–Ouagadougou a entraîné la hausse de certaines denrées. Le Conseil burkinabé des chargeurs estime que 14 000 tonnes de riz et 6000 tonnes de diverses marchandises ont été bloquées entre le 27 décembre 2010 et le 10 janvier 2011.

 
 
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