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L’Auto Expo, passage obligé de l’industrie automobile marocaine Version imprimable
07-05-2008

L’événement incontournable du secteur automobile marocain attirera du 9 au 18 mai 2008 quelque 200 000 visiteurs. Des enjeux et des nouveautés.

Le salon de l’automobile marocain, qui se tient du 9 au 18 mai, intervient au moment où le marché franchit allègrement le cap des 100 000 voitures neuves vendues par an (il y a à peine 4 ans, ce chiffre était d’à peine 55 000 véhicules vendus), dans un contexte mondial marqué par l’intégration du souci environnemental dans la nomenclature des véhicules. Si, comme l’expliquent les industriels, la voiture verte accuse encore du retard en Afrique, celle qui consomme moins ne peut, à la longue, que rencontrer l’adhésion des consommateurs confrontés au spectre de la hausse du carburant à la pompe et du baril à 120 dollars. Autant de facteurs qui alimenteront les discussions durant l’édition 2008 du salon Auto Expo.
En attendant, comme nous le confirme un grand importateur de la place, les ventes de voitures neuves se portent bien depuis le 1er janvier 2008, dominées par les marques européennes et, au-delà, les incontournables japonaises.

Clignotants au vert
Avec une progression annuelle de 23% entre 2006 et 2007, le secteur automobile marocain démontre toute sa vitalité avant l’échéance décisive de 2012, censée consacrer l’ère du droit de douane nul entre le Maroc et l’Union européenne. Toutefois, pour la centaine d’exposants attendus, l’urgence est de trouver le bon filon pour appâter les 200 000 visiteurs de l’Auto Expo.
Côté nouveautés, on note, sur la moyenne gamme, l’arrivée du MCV (Multi convivial vehicle), une Logan en version break, sept places, commercialisée à partir de 135 900 dirhams, à équi-distance entre le break et le monospace. Reste-t-on dans la même ligne de conduite low cost qui a fait le bonheur de la Logan montée au Maroc ? Qu’importe l’orientation quand on appartient à la profession des industriels sous traitants. Pour cette catégorie particulière, la marque d’origine roumaine a véritablement sonné le réveil de l’industrie de la sous-traitance marocaine. « On regrettera, certes, que le taux d’intégration dans le chantier de la Somaca peine à dépasser 20%, mais il s’agit d’un début. Très vite, nous atteindrons la moyenne de 50% », déclare-t-on dans les cercles des sous-traitants.
L’objectif pour l’AMICA (Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile) est de reproduire en série le modèle gagnant de la Dacia, en faisant jeu égal sinon plus avec les destinations concurrentes de l’Europe de l’Est, destination favorite de certaines marques françaises. D’où les démarches menées dernièrement auprès de constructeurs espagnols avec l’appui du Ministère marocain des finances. Selon les projections, la capacité de la Somaca devrait passer dès 2009 à plus de 100 000 véhicules montés par an, soit le quart de la capacité de production de l’unité Renault Nissan à Tanger. Cet investissement de 600 millions d’euros devrait, avec les unités industrielles de Casablanca, donner à la plateforme Maroc une capacité de 500 000 véhicules par an.

Passage en force pour l’industrie de la sous-traitance
Des 44 marques qui seront exposées au salon Auto Expo, les Européennes se taillent la part du lion, même si les opérateurs savent qu’ils devront composer désormais avec une rivalité asiatique qui, pour le moment, se cherche. L’arrivée des Chinois, via Madiva (Marocaine de l’importation et de vente d’automobiles), n’a pas ébranlé le leadership des marques françaises. Est-ce à dire, en se faisant écho de quelques professionnels du secteur, que l’importateur des marques chinoises devrait mettre le bémol à ses ambitions en revoyant à la baisse ses projections d’une taille critique de 10% de parts de marché en trois ans ?
Nul doute, cette sixième édition marquera l’heure de vérité pour les importateurs automobiles (voitures particulières, camions, motos, véhicules utilitaires), mais aussi pour les sociétés de financement et les compagnies d’assurance… Un moment brandi, l’épouvantail de la LOA (location avec option achat) n’a finalement pas freiné un marché qui garde sa vitesse de croisière. Selon les acteurs du marché, il faudrait beaucoup plus que les nouveaux aménagements de la TVA pour freiner la marche du secteur automobile.

MBF

 
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