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Afrique L’offensive des banques étrangères Version imprimable
22-09-2014
Le continent africain attire beaucoup de groupes bancaires étrangers. L’Afrique subsaharienne en particulier occupe de plus en plus une place importante dans la stratégie d’expansion de grands groupes bancaires internationaux.
 
Le continent africain suscite l’intérêt croissant des banques internationales. Poussés par la volonté d’expansion géographique et par les chiffres élevés que réalise l’Afrique malgré la crise de 2009, beaucoup d’acteurs bancaires de premier plan envisagent de s’implanter ou de consolider leur position en Afrique, qui reste un marché assez rentable et avec un bon potentiel de développement. Avec une classe moyenne de plus de 300 millions de consommateurs, et un taux de bancarisation d’à peine 10% en moyenne sur le continent.
 
Les banques internationales à l’oeuvre
 
Beaucoup de groupes internationaux nourrissent de grandes ambitions et un appétit croissant pour le marché africain.
 
Dans ce sens, le groupe bancaire indien Canara Bank déjà présent en Afrique du Sud vise désormais le Mozambique et la Tanzanie. «Nous avons un grand plan d’expansion à l’étranger», avait déclaré le PDG de Canara Bank, Rajiv Dubey, cité par le quotidien économique indien Business Standard, le 20 mai dernier. Le PDG du groupe avait aussi précisé que le plan d’expansion prévoit des implantations en Tanzanie, au Mozambique, mais aussi en Allemagne, à Dubaï, aux États-Unis, au Mexique, en Australie et en Nouvelle-Zélande. M. Dubey a expliqué que son institution a déjà obtenu le feu vertde la Banque centrale indienne pour ces nouvelles implantations. La banque indienne compte un large réseau de 4 750 agences en Inde ainsi que des filiales à Londres, Hong Kong, Shanghai, Bahreïn et Moscou et en Afrique du Sud. Dans sa vaste stratégie d’expansion, rien qu’en Inde, Canara Bank prévoit d’ouvrir 1 200 agences en 2014. Le groupe français Société Générale a annoncé vouloir renforcer ses positions en Afrique. Il vise une croissance annuelle de 7% de ses revenus entre 2014 et 2016, selon son plan stratégique présenté en mai dernier. «En Afrique, nous comptons accélérer la croissance sur tous les segments, en capitalisant sur notre place au sein des 3 premiers groupes bancaires de la zone pour viser une croissance annuelle des revenus de 7% et un ROE supérieur à 15%», a annoncé la banque dans un communiqué. Un responsable de la banque avait déjà déclaré, en octobre dernier, que le groupe français va se développer en Afrique, avec un rythme d’ouverture de 70 nouvelles agences par an sur le continent africain. La banque veut aussi se renforcer en accompagnant ses clients occidentaux et chinois, sur le continent africain.
 
Rentabilité assurée
 
Si le continent africain est prisé auprès des banques internationales, c’est aussi parce que l’Afrique reste un marché rentable qui assure un bon retour sur investissement. Ainsi, la filiale ivoirienne du groupe BNP Paribas a annoncé un bénéfice net en hausse de 77% pour l’année 2013. En effet, la Banque internationale pour le commerce et l’industrie de Côte d’Ivoire (BICI-CI) a terminé l’année 2013 sur un bénéfice net de 9,26 milliards de f CFA (14,11 millions d’euros), en progression d’un peu plus de 77% par rapport aux 5,23 milliards de f CFA réalisés en 2012.
 
La banque britannique Standard Chartered Bank a également annoncé, le 21 mai dernier, que ses revenus ont enregistré une hausse de 16% en moyenne par an au cours des cinq dernières années en Afrique. Soulignons que la banque est actuellement présente dans 15 pays africains et souhaite s’implanter en Éthiopie, qui a enregistré un taux de croissance annuel moyen de 10,9% au cours des 10 dernières années, mais qui n’a pas encore libéralisé son secteur bancaire. Mais le pays compte déjà 21 banques (dont 18 privées et 3 publiques). Le climat d’insécurité relatif aux attaques des groupes islamistes au Nigéria et dans la corne de l’Afrique ne semble pas décourager les investisseurs internationaux. «Ces attaques terroristes n’affectent pas notre vision à moyen et à long terme sur les perspectives de ces économies», a souligné la directrice générale de Standard Chartered Bank pour l’Afrique, qui ajoute que «Nous avons ouvert 35 nouvelles succursales en Afrique l’an dernier et nous ouvrirons 13 autres cette année au Nigéria, au Ghana, au Kenya et en Zambie».
 
De nouvelles banques arrivent…
 
Le secteur bancaire africain connaît une sorte de frénésie, qui attire de plus en plus de nouvelles banques. Ainsi, la banque coopérative néerlandaise Rabobank Nederland va ouvrir un bureau de représentation au Kenya, où elle vient d’obtenir l’autorisation de la Banque centrale (CBK). En prenant pied au Kenya, la banque compte réaliser des études de marché pour explorer les opportunités d’affaires au Kenya et dans la région. Rabobank est présente dans 43 pays en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. En Afrique, le groupe est déjà présent en Zambie, en Tanzanie, au Rwanda et au Mozambique.
 
Qatar National Bank (QNB) a également annoncé sa volonté de se développer en Afrique. Plus récemment, quelques banques tunisiennes ont dévoilé leurs intentions de sortir de leur cocon pour s’étendre vers l’Afrique subsaharienne. Les analystes du secteur bancaire s’attendent à l’arrivée prochaine de banques de plusieurs pays, notamment des banques libanaises, égyptiennes, ou tunisiennes qui vont se déployer en Afrique subsaharienne.
 
Ibrahim Souleymane
 
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