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Attijari Assurance, un coup de maître en une année d’exercice Version imprimable
30-05-2014
Dans cette interview, Moncef Chaffar, président du Conseil d’administration d’Attijari Assurance Tunis, nous dévoile les secrets de réussite de cette compagnie, nouvel acteur du marché des assurances en Tunisie, devenue en une année d’exercice une success-story.
 
Les Afriques : 2013 a été le premier exercice d’activité d’Attijari Assurance en Tunisie, sachant que vous avez réalisé un chiffre d’affaires de 16, 2 millions de dinars, comment commentez-vous les comptes annuels de cette année ?
 
Moncef Chaffar : On a consacré les cinq premiers mois de 2013 à mettre en place un nouveau système d’information. On voulait se distinguer par la qualité de service. Réellement, on n’a démarré l’exercice qu’au cours du mois de mai avec cinq produits. Des produits d’épargne et des produits décès. On s’est fixé l’objectif d’arriver à 7% des parts de marché de l’assurance vie en Tunisie. Peut-être que les chiffres n’ont pas de sens, mais on a réalisé un chiffre d’affaires annuel de 16,2 millions de dinars, essentiellement en épargne et en utilisant le réseau de la banque Attijari Bank. Il faut dire que lorsqu’on a décidé de créer cette société, c’était particulièrement pour augmenter la palette des services offerts par Attijari Bank. Ainsi, on voulait dupliquer en Tunisie l’expertise et l’expérience de Wafa Assurance au Maroc. Sachant qu’Attijari Assurance est une compagnie créée à 55% par Attijari Bank et 45% par Wafa Assurance. De cette sorte, on a la banque avec son réseau qui est le premier réseau bancaire du pays avec 190 agences actuellement, et d’un autre côté, un partenaire technique et stratégique qui est Wafa Assurance. Au début de cet exercice, il fallait mettre en place les structures nécessaires,les infrastructures, les structures d’information et créer des produits innovants. On voulait d’abord consacrer les cinq premiers mois de l’année à mettre en place ces fondamentaux. On n’a pas voulu lancer un produit avant d’être sûrs que le bon service et la qualité suivent.
 
LA :Avez-vous capitalisé sur l’expérience de la filiale assurance du groupe Attijariwafa bank, Wafa Assurance ?
 
M.C. : Effectivement, en capitalisant sur l’expérience de Wafa Assurance et sur le réseau d’Attijari Bank, nous sommes arrivés à cette part de marché en sept mois seulement. Je ne le dirais jamais assez, ce bon début est dû à la qualité de service et à l’innovation. Ceci dit, on a écarté les partenaires assurance d’Attijari Bank. Ils sont restés partenaires d’Attijari Bank. Notre souci en créant cette société était, justement, d’engendrer de nouvelles parts de marché. On cherchait à créer une nouvelle croissance de marché. On n’a pas absorbé les parts de marché de nos concurrents. On s’est également donné comme objectif de ne pas prendre du personnel de chez les autres.
 
LA : Justement, quels sont les critères qui distinguent votre capital ressources humaines ?
 
M.C. : Les cadres de Wafa Assurance ont apporté un important apport pour créer notre réseau. Une fois établis, ces formateurs ont effectué à peu près 700 visites pour former les vendeurs au niveau du réseau. Par la suite, pour s’imprégner de la pratique et de l’expérience Wafa Assurance, ils sont arrivés au Maroc. Il est à souligner que la totalité de nos employés étaient des novices, fraichement sortis des universités tunisiennes. On a continué à les accompagner soit à distance soit par des déplacements réguliers au siège de Wafa Assurance à Casablanca.
 
LA : Le taux de pénétration de l’assurance vie en Tunisie ne dépasse pas les 0,3%, quelle est justement votre stratégie pour booster ce chiffre ?
 
M.C. : Alors que dans un pays comme le Maroc, il est autour de 3%, au Portugal ce taux est de 6%. Effectivement, le taux de pénétration de l’assurance vie est de 0,3% en Tunisie. Les pays de notre voisinage sont des exemples à suivre. En Tunisie, il existe donc une possibilité de croissance très importante.
 
LA : À ce titre, quelle est votre vision pour anticiper ce chiffre ?
 
M.C. : Pour Attijari Assurance, l’innovation demeure un véritable relais de croissance. Nos produits sont adaptés. On essaye d’apporter des réponses permanentes à nos clients. On essaye surtout d’anéantir l’image que les Tunisiens ont de l’assurance. C’est-à-dire que, dans les têtes, souvent, une assurance, c’est une entreprise qui n’est pas très claire et qui n’est pas transparente.
 
LA : Il faut dire que le changement des mentalités est un processus de long terme, comment Attijari Assurance procède pour combattre cette entrave ?
 
M.C. : On a discuté avec des anciens de l’assurance en Tunisie, l’image que nos concitoyens ont de l’assurance n’est pas très bonne, certes. Dans ce cadre, on a commencé avec des dépliants très clairs. On a évité les lignes prévisibles au niveau des contrats. On a essayé de vulgariser au maximum les produits. La totalité de nos produits sont des produits innovants. Et c’est surtout parce que la banque assurance en Tunisie fait de l’épargne. Pour vous donner une idée, la part de marché de la branche épargne en Tunisie est détenue à 60% par les banques. Donc, il s’agit d’un partenaire clé. Le secteur bancaire est le premier contributeur dans l’épargne tunisienne. Il y a 5 compagnies de l’assurance vie, entre privé et public, Attijari Assurance est la sixième. Parmi ces compagnies, on retrouve également celles qui font de l’assurance universelle. Deux d’entre elles sont affilées à des banques. À travers une brève analyse, on peut facilement détecter qu’il existe de la marge et pour tous les acteurs. Notre croissance est réalisée en dehors des parts de marché des acteurs existants. Notre contribution a fait qu’on a été, facilement, acceptés par la profession.
 
LA : Quels sont les détails de votre évolution en ce premier exercice ?
 
M.C. : Pour vous donner une idée sur la plus-value réalisée par Attijari Assurance au niveau de tous les secteurs, il est à souligner que, dans la branche vie, on a accompli une extrapolation, car il s’agit d’une évolution annuelle d’à peu près 7%. Donc, si on suit cette évolution on va faire 103 millions de dinars avec l’assurance vie. C’est une évolution de 33%. En d’autres termes, un apport de plus. Il s’agit d’une croissance globale pour le secteur de l’assurance vie. Avec l’agré-ment de l’assurance vie, on s’est engagés à contribuer pour booster l’épargne et, par conséquent, aider l’économie nationale. Pour cette raison, la quasi-totalité de nos placements est en bons de trésor.
 
LA : Comment qualifiez-vous le marché tunisien de l’assurance vie et qu’elle est la perspective d’évolution dans ce cadre ?
 
M.C. :Actuellement, en Tunisie, on compte plus de 10 millions d’habitants. En 2030, on sera près de 20 millions, l’espérance de vie pour les femmes est de 72,1 ans et des hommes de 61 ans, la classe moyenne représente plus des deux tiers de la population, la pénétration de l’assurance vie au niveau du PIB est très faible. Cela nous laisse croire que les potentialités sont énormes. D’autant plus que le système financier en Tunisie est très structuré, et peut offrir pas mal de placements. On a un besoin davantage d’emprunts obligataires. Actuellement, l’État prête au Trésor, il y a une demande et c’est à nous de créer l’offre pour justement augmenter les parts de l’épargne de l’assurance vie.
 
LA : Quel a été le rôle des équipes marocaines de Wafa Assurance ?
 
M.C. :Notre création entre dans une vision stratégique du groupe Attijariwafa Bank. Avec Attijari Bank et Attijari Assurance, le groupe a essayé de lever les barrières entre les pays maghrébins. La création d’Attijari Bank Tunisie a été la première pierre de cette ambition. Il est à souligner que le capital d’Attijari Bank Tunisie est détenu par Attijariwafa Bank et le reste par des privés tunisiens. C’est déjà un pas pour rapprocher le Maroc et la Tunisie. Wafa Assurance nous a aidés pour mettre en place la structure technique et pour former nos jeunes cadres. Rappelons qu’ils sont des jeunes qui n’ont jamais exercé dans l’assurance. Toutefois, les résultats sont concrets pour prouver cette grande connaissance en la matière que possède notre groupe.
 
LA : Quelles sont les perspectives de la coopération Sud-Sud en matière de l’assurance ?
 
M.C. : La coopération Sud-Sud est l’avenir du continent africain. La crise des dix dernières années était au Nord, alors que le développement s’est installé au Sud. Je suis convaincu que les perspectives sont très importantes. Le Sud a une population jeune dont les besoins sont énormes. La richesse est là, elle est surexploitée ou mal exploitée, mais c’est à nous, pays africains, de mettre en valeur nos potentiels.
 
LA : Puisqu’il s’agit d’une implantation réussie de la branche assurance d’Attijariwafa bank en Tunisie, pensez-vous qu’elle sera un exemple à suivre ailleurs ?
 
M.C. : Avec Attijari Assurance, on a démontré qu’on n’a pas besoin d’une aide occidentale pour évoluer et gagner ses titres de noblesse.
 
LA : Est-ce que le modèle tunisien va être dupliqué en Côte d’Ivoire ?
 
M.C. : À travers mes discussions avec les responsables de Wafa Assurance, notamment le PDG, Mohamed Ramsès Arroub, le groupe Attijariwafa bank est convaincu que le modèle d’implantation en Tunisie est à reproduire.
 
Propos recueillis par
Sanae Taleb
 
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