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BMCE Bank Acteur financier de référence Version imprimable
22-09-2014
Dans cet entretien, Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur dirécteur général de BMCE Bank, revient entre autres sur la contribution du groupe à relever le taux de bancalisation sur le continent, avec l’ambition d’être présent dans les 54 pays...
 
Les Afriques : Le Groupe BMCE Bank est bien présent en Afrique, au sud du Sahara. Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui dans la quête de nouveaux marchés ?
 
Brahim Benjelloun-Touimi : En étant présent en Afrique, au sud du Sahara, à travers Bank Of Africa notamment, le Groupe BMCE Bank est devenu un acteur financier national, régional et africain de référence, avec une couverture géographique étendue et croissante sur la majeure partie du continent africain. Les initiatives d’expansion de notre groupe, voulues et lancées par le président Othman Benjelloun, à travers les filiales Bank Of Africa ainsi que la Banque de développement du Mali ou la Congolaise de Banques, contribuent significativement aux efforts de bancarisation du continent, aussi bien en Afrique francophone qu’anglophone et bientôt lusophone. C’est une motivation essentielle pour nous et un motif légitime de fierté.
 
La quête de synergies entre BMCE Bank et ses filiales et participations à l’international, ainsi que le déploiement de la plateforme européenne BMCE Bank International – à Londres, Madrid et Paris – par la mobilisation des flux financiers internationaux, enrichissent davantage l’offre de financement disponible pour l’entreprise africaine. La satisfaction de nos clientèles diversifiées et réparties à travers nos pays d’implantation est une autre source de motivation pour le présent et l’avenir.
 
L’objectif pour les 10 à 15 prochaines années, tel que fixé et régulièrement réaffirmé par le président Benjelloun, est d’être présent dans les 54 pays du continent.
 
LA : Les banques d’affaires entre autres branches ne sont pas assez présentes dans cette partie du continent. Quels sont vos projets dans ce sens ?
 
B.B.-T. : Le président Benjelloun a tracé un programme ambitieux en Afrique pour ces métiers de banque d’affaires. BOA Capital a été créée en partenariat entre BMCE Capital et Bank of Africa. Elle jouit d’ores et déjà du statut CFC.
 
À l’image de BMCE Capital pour le Groupe BMCE Bank au Maroc, elle sera la banque d’affaires du Groupe Bank Of Africa partout en Afrique, avec son siège établi à CFC. Être leader panafricain de la banque d’affaires sur toute la chaîne de valeur, voilà l’ambition qui est assignée à BOA Capital.
 
Elle devrait pouvoir alors accompagner la clientèle Corporate et des États, autant que celle des particuliers avec le développement de pôles dédiés aux marchés des capitaux – actions et dettes – à la gestion d’actifs et au conseil en fusions-acquisitions, au financement de projets et introduction boursière.
 
LA : Parmi les freins à la bancarisation, des taux d’intérêt prohibitifs. Croyez-vous que la seule multiplication des agences suffise à accroître le taux de bancarisation ?
 
B.B.-T. : Ce genre d’affirmation concernant des taux d’intérêt «prohibitifs» est quelque peu péremptoire. On ne devrait pas généraliser, comme si l’Afrique était une zone économique unifiée. Les situations diffèrent selon les pays.
 
Le niveau des taux d’intérêt devrait être apprécié par rapport au niveau d’inflation prévalant dans lepays concerné. C’est le taux d’intérêt RÉEL – celui déflaté de l’inflation – qui compte. Il compte aux yeux des débiteurs, car il conditionne en définitive, sur la durée, leur capacité à faire face à leur dette. Il compte également aux yeux des investisseurs, car ces niveaux réels conditionnent une collecte pérenne de l’épargne et donc le financement sain – car non inflationniste – de l’économie.
 
Dans ce contexte, la politique de bancarisation, par la multiplication des acteurs bancaires sur le continent et plus particulièrement par le maillage croissant des territoires – par l’ouverture d’agences physiques, «distantes», voire virtuelles grâce au Mobile Banking – contribue grandement à capter les flux qui sont en marge du circuit monétaire, niches qu’ils sont dans l’économie informelle. Ainsi sont renforcées les capacités de collecte d’épargne. Bien entendu, une politique de bancarisation ne constitue pas en soi un instrument de politique monétaire ni budgétaire entre les mains des autorités publiques quand elles veulent lutter contre des niveaux élevés de taux d’intérêt.
 
Il n’en demeure pas moins vrai que, par leurs actions d’ouvertures d’agences, les banques contribuent à augmenter les liquidités d’une économie et à, ainsi, contrarier les tendances à la hausse des taux. Plus globalement, l’action des banques, notamment marocaines, en faveur de la bancarisation des populations africaines, doit être considérée comme une action de développement économique et social. L’exercice du «droit au compte», l’exercice du droit de bénéficier d’offres de services bancaires et financiers, notamment de la part des franges les moins favorisées des populations, sont autant d’«avancées sociales» et d'indicateurs «avancés» de développement humain.
 
Nous touchons ici, et par ailleurs, à un aspect essentiel de la Responsabilité sociétale, des banques en Afrique, au premier desquelles se trouve, dans ce domaine, le Groupe BMCE Bank.
 
Propos recueillis par D. MBaye
 
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