Journal en ligne - []
DOSSIERDOSSIER SPECIAL
DOSSIERAttijari Assurance, un coup de maître en une année d'exercice
DOSSIERMaroc Wafa Assurance toujours leader
DOSSIERGroupe Sonam Le fleuron de l'assurance
DOSSIER «L'Afrique représente un marché de 11 Mrds de € (hors Afrique du Sud) avec des...
DOSSIERLe secteur des assurances africain Entre potentiel et contraintes des risques
DOSSIER «Notre ambition est d'acquérir une plus grande part de marché et surtout nous positionner comme...
DOSSIERTchad Un marché vierge mais prometteur à un horizon proche
DOSSIERRaqui Wane Kane Une pionnière du courtage au Sénégal
DOSSIER «Les provisions techniques ont atteint, en 2012, le montant de 30 806 millions de f...
DOSSIER «Les actifs placés par les assureurs dans les secteurs économiques et financiers sont de 1...
DOSSIERTemps forts de la 38ème Assemblée générale de la Fanaf
DOSSIERDavid vs Goliath Le middle market fait sa mue
DOSSIERYALI du président Obama
DOSSIERChine Vs Etats Unis Ou les chimères d'une complémentarité
DOSSIERC2D-France Nouveau mécanisme bilatéral
DOSSIERProparco Grandes ambitions pour le secteur privé africain
DOSSIERAFD Afrique subsaharienne, zone d'intervention prioritaire ?
DOSSIERL'Agence française de développement, puissante machine de solidarité financière ?
DOSSIERJapon Une diplomatie discrète mais influente
DOSSIEREtats Unis-Afrique Entre retraits et engagements
DOSSIERInde–Afrique Un horizon géostratégique
DOSSIERLes BRICS se bousculent en Afrique
DOSSIERA la conquête des marchés africains
Etats Unis-Afrique Entre retraits et engagements Version imprimable
03-02-2014
La première puissance économique du monde a du mal à définir une politique économique claire en Afrique. Conscients de l’avance prise par la Chine et l’Europe, les Etats-Unis qui avaient fermé plusieurs représentations de l’Usaid, à travers le continent pour diverses raisons, ont décidé de passer à l’offensive.
 
L’intérêt grandissant des dirigeants du monde pour Afrique et une présence accrue des organismes planétaires oeuvrant pour le développement démontrent la place de plus en plus important que le continent africain est appelé à jouer dans les échanges économiques, bien que l’Afrique soit crédité à peine de 2 % des échanges internationaux. C’est dire que si le décollage économique tant espéré tarde encore à prendre de l’envol, l’avenir n’en est pas moins optimiste. Au moment où l’on assiste à la multiplication des rendez-vous entre l’Afrique et le reste du monde, à l’instar des Sommets Afrique-France, Afrique-Chine, Afrique-Japon ou encore Afrique-Inde, les Etats-Unis n’en sont pas insensibles. Et pour cause, le président Barack Obama dans sa première grande tournée africaine du 27 juin au 02 juillet 2013, a annoncé la tenue prochaine d’un sommet Afrique-Etats-Unis. Toutefois, en attendant de connaître les contours du nouveau regroupement en gestation, les « Etats- Unis qui n’ont pas de passé de colonisateur », sont présents dans le continent africain depuis les années des indépendances africaines en 1960. Une présence qui découle de la création de l’Usaid, qui tire ses origines du Plan Marshall d’aide à l’Europe après la seconde guerre mondiale et dont la matérialisation porte l’estampille du président John Fitzgerald Kennedy qui l’a crée en 1961. Cet organisme qui constitue le bras séculier des Etats-Unis dans le secteur économique ayant pour mission «d’aider à réduire la pauvreté, promouvoir la démocratie et la croissance économique, soulager les victimes des catastrophes naturelles et prévenir les conflits».
 
Un organisme de lobbying
 
Avec un colossal budget annuel de 9,1 milliards de dollars en moyenne, ses dirigeants en font un véritable outil de lobbying en demandant notamment aux contractants et aux ONG financées via l'Usaid de «promouvoir l’image de l’action du gouvernement américain», qui en est le principal contributeur financier. Traduction, au-delà d’un appui économique affiché sur le fronton, l’Usaid n’en joue pas moins un rôle éminemment politique et diplomatique, dont la finalité est d’asseoir en douceur, le leadership américain. Une stratégie bien huilée qui, sous prétexte d’une aide humanitaire ou d’une coopération économique est généralement opposée à la «diplomatie brutale» qu’on reproche souvent aux Etats-Unis. Raison pour laquelle de nombreux pays affichent ouvertement leur méfiance vis-à-vis de l’agence américaine pour le développement international. Pour mieux comprendre le rôle de l’Usaid, il convient de remonter dans les années 1990 avec le retour au multipartisme en Afrique. Les Etats-Unis, qui ne cachaient que leur volonté de renouer avec l’alternance politique dans la plupart des pays africains, ont exercé des pressions à travers l’Usaid pour venir à bout des régimes «dictatoriaux», mais dont Washington jugeait plutôt «incontrôlables». Calquant une politique bancale des Etats-Unis bien connue sous l’appellation «pétrole-contre nourriture», expérimentée avec plus ou moins de réussite à travers le monde, on a vu l’Usaid, dans un premier temps réduire à une portion congrue son assistance financière et économique à certains pays, avant de décider de fermer définitivement ses portes, prétextant une conjoncture difficile. Même des représentations régionales n’existant que de nom pour faire bonne figuration. Bref, les Etats- Unis qui ne trouvaient pas que le continent africain était au centre d’un enjeu géostratégique ont laissé l’Europe renforcé sa position, avant de se rétracter au début des années 2000 lorsque le leadership de l’Europe a commencé à subir le contrepoids de la Chine, du Japon, de l’Inde, du Brésil, de la Russie, sans oublier les émirats pétroliers du Golfe.
 
Du coup, comme si la crise économique était jugulée, et alors que la percée chinoise n’a eu de cesse de s’étendre en Afrique au point de menacer les intérêts américains, l’Usaid a décidé de rouvrir ses portes dans plusieurs pays du continent, pendant que les Etats- Unis ont commencé à renforcer leur présence en Afrique avec de gigantesques projets de développement touchant les domaines aussi variés que le pétrole, le gaz, l’exploitation minière, les constructions industrielles et même services, comme l’atteste par exemple. C’est dans ce cadre qu’intervient l’adoption, au début de la décennie 2000, de la Loi sur l’Agoa dont l’objectif est de favoriser des exportations africaines vers les Etats-Unis à des prix préférentiels. C’est également à cette période que l’Afrique devient un enjeu géo-stratégique pour les Etats-Unis dont la construction des bases militaires au programme sous l’administration de George W. Bush, a été quelque peu mis en retrait pendant les deux mandats de Barack Obama.
 
Controverses autour de l’agence
 
Selon des sources concordantes, les autorités américaines utiliseraient «la faim à des fins commerciales et politiques, au bénéfice des grosses industries agroalimentaires », notamment par le biais de l’Usaid pour livrer du «maïs transgénique» en Afrique. La même Usaid qui est régulièrement accusée d’espionnage et de troubler la politique intérieure de certains pays, à l’instar de la Russie qui a prononcé son interdiction dans ce pays en septembre en 2012. Il y a deux mois, en mai 2013, c’était autour de la Bolivie d’expulser l’Usaid pour les mêmes raisons. Une politique audacieuse que très peu de pays africains pourrait mener, même si des récriminations ne manquent pas à l’endroit de cet organisme dont la finalité est d’asseoir le leadership des Etats-Unis. Une politique d’assimilation que dénoncent certains analystes qui ne comprennent pas toujours «que c’est au plus fort de la crise économique que les Etats-Unis avaient décidé de retirer l’Usaid en Afrique et que c’est quand la reprise économique est de retour que cette agence a également décidé de revenir en force».
 
Cette analyse conforte la tendance générale observée dans les relations entre pays, où seuls les intérêts comptent. L’Afrique étant encore le seul continent en friche où des ressources naturelles, minières, pétrolières et végétales sont encore sous exploitées, les Etats- Unis qui se défendent d’être un «pays colonisateur» ne sauraient en tout état de cause de rester en marge du «partage du gâteau» que constitue l’Afrique. D’autant que l’Oncle Sam ne se priverait pas de constituer d’énormes réserves pétrolières au moment où la demande intérieure est de plus en plus forte. Conclusion logique, à l’instar des autres organismes mis en place par des puissances étrangères, l’Usaid oeuvre d’abord pour la défense des intérêts des Etats-Unis, puisque même l’assistance qu’elle apporte à l’Afrique loin d’être de l’aumône, n’en est qu’un moyen fort déguisé pour mieux asseoir le leadership américain.
 
Achille Mbog Pibasso
 
< Précédent   Suivant >
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×