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Fonds de solidarité africain Acteur du développement Version imprimable
28-10-2013
Les Afriques est allé à la rencontre de l'institution multilatérale de financement FSA (Fonds de solidarité africain) dont le siège est basé à Niamey. Son directeur général, Pierre Yaovi Sedjro nous fait le point.
 
Les Afriques : Pouvez-vous nous présenter brièvement l’institution FSA?
 
Pierre Yaovi Sedjro : Créé en décembre 1976, le FSA regroupe treize pays africains : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Maurice (île), Niger, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo. Son siège est établi à Niamey (République du Niger). Comme vous pouvez l’observer, le FSA a la particularité d’avoir une zone d’intervention qui s’étend sur les trois grands ensembles d’intégration régionale d’Afrique que sont la Cedeao, la Ceeac et le Comesa. Sa mission est de faciliter aux entreprises, tant publiques que privées, et aux Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), l’accès aufinancement bancaire à moyen et long termes, et aux ressources du marché financier. Le Fonds a pour ambition d’oeuvrer au développement économique et social de ses Etats membres, en favorisant, par ses interventions, la promotion de l’investissement public et privé, et le renforcement de l’activité de micro finance dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Ses instruments d’intervention vont de la Garantie financière pour sécuriser les levées de fonds sur le marché financier ainsi que les financements à moyen et long termes octroyés par les banques et institutions de financement du développement, à l’Allongement de la durée des prêts pour aider, particulièrement les PME/PMI et les SFD, à bénéficier de durées de remboursement mieux adaptées à leurs besoins de financement, en passant par la bonification de taux d’intérêt exclusivement destinée aux Etats membres et à leurs démembrements, pour l’allègement de la charge d’intérêts sur les financementsextérieurs mobilisés.
 
En dehors de ces trois principaux instruments opérationnels, le FSA offre également des prestations en matière de gestion de fonds pour compte de tiers et en matière d’arrangement de financement en vuede l’appui aux PME/PMI et aux SFD pour la recherche et la structuration de financements adaptés à leurs besoins.
 
LA : Quelles sont les réalisations du Fonds de Solidarité Africain ?
 
P.Y.S. : en septembre 2013, les approbations cumulées de garanties par le FSA se chiffrent à 295 milliards de francs CFA (environ 450 millions d’euros).Ces approbations ont permis de mobiliser des financements d’un montant total de 597 milliards de francs CFA (environ 910 millions d’euros) en faveur de divers projets dans les différents secteurs d’activité, les secteurs des télécommunications et de l’énergie étant les plus servis avec respectivement 19% et 17% du total des approbations, suivis de l’agro-industrie avec 14%. En matière de bonification de taux d’intérêt, les approbations cumulées s’élèvent à 14 milliards de francs CFA (environ 21 millions d’euros) et ont concerné des financements d’un montant global de 213 milliards de francs CFA (environ 325 millions d’euros). S’agissant des opérations d’allongement de durée de prêt, les approbations d’intervention du Fonds se chiffrent à 2 milliards de francs CFA (environ 3 millions d’euros) pour des financements d’un montant global de 21 milliards de francs CFA (environ 32 millions d’euros).
 
Le FSA a également opéré, au cours des trois dernières années, des prises de participation pour un montant global de 1,8 milliards de francs CFA (environ 2,7 millions d’euros) dans trois institutions qui occupent une place importante chacune dans son domaine d’activité, à savoir : CICA-RE, une compagnie internationale de réassurance, Burkina Bail, une institution spécialisée dans le leasing au Burkina Faso, et Asusu, une institution de micro-finance basée au Niger.
 
LA : Comment entrevoyez-vous l’évolution de l’environnement dans lequel opère votre institution et ses perspectives ?
 
P.Y.S. : A l’exception de quelques pays confrontés à des crises sociopolitiques, la crise financière internationale a peu impacté la zone d’intervention du FSA. En effet, la plupart des pays membres du Fonds affichent, en moyenne, un taux de croissance annuel supérieur à 5%. Par ailleurs, des progrès notables sont réalisés ou en cours dans le domaine de l’assainissement de l’environnement des affaires et la plupart des pays sont engagés dans des réformes structurelles visant à consolider les bases de leur économie et entretenir une dynamique de croissance durable. L’évolution de l’environnement du FSA crée donc un contexte, a priori, favorable aux investissements et les retombées devraient se faire ressentir dans tous les secteurs d’activité. Cette situation devrait, sans nul doute, inciter les banques et les institutions sous-régionales de financement du développement à accroître leurs concours en faveur de l’investissement. Par ailleurs, le rôle de plus en plus croissant des SFD crée également de nouvelles opportunités. Aussi, les perspectives du FSA se résument- elles en deux mots : efficacité et performance. Efficacité à travers nos interventions au bénéfice du développement de nos pays et renforcement de nos performances en vue d’assurer la pérennité de notre institution. Dans ce but, des partenariats spécifiques seront recherchés à l’exemple de celui que le Fonds s’apprête à nouer avec la Sonibank au Niger dans le cadre de l’utilisation de la Ligne de crédit d’un montant de 13 millions d’euros accordée à cette banque par la Banque africaine de développement (BAD) en faveur de la promotion des PME/PMI. La qualité de la signature du FSA est aujourd’hui indiscutable, preuve de l’approbation du Fonds par le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf), en qualité de Garant agréé dans le cadre du dispositif prudentiel encadrant les interventions sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA).
 
Propos recueillis par I.A
 
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