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Japon Une diplomatie discrète mais influente Version imprimable
03-02-2014
Depuis plus de 50 ans, le Japon n’a jamais caché son intérêt pour le continent africain. Et depuis 2008, le pays renforce ses relations économiques et politiques avec l’Afrique à grand renfort d’aides et de partenariats économiques.
 
Ticad V à Yokohama au Japon Avec les 32 représentations diplomatiques du Japon en Afrique, la diplomatie nippone reste assez discrète, mais influente sur le continent. L'Agence japonaise de coopération internationale (Japan International Cooperation Agency, (JICA)), constitue le bras armé de la diplomatie de l'aide nippone. La JICA apporte des aides très importantes sous forme de subventions et de prêts. Ainsi, pour les cinq ans à venir, le Japon va soutenir la croissance africaine à travers des aides publiques et privées de 3 200 milliards de yens (24,2 milliards d'euros), dont une aide publique au développement (APD) de 1 400 milliards de yens (10,6 milliards d'euros), a annoncé le Premier ministre japonais Shinzo Abe, lors de la 5ème édition de la Conférence de Tokyo pour le développement de l’Afrique (Ticad, selon son acronyme anglais) en début du mois de juin dernier. Sur ce total annoncé, environ 5 milliards d'euros seront affectés au développement des infrastructures sur le continent. La construction des infrastructures reste cruciale pour le continent, car d'après les chiffres évoqués, lors de cette conférence, l'Afrique perdrait 2 % de croissance par an, du fait de ses infrastructures déficientes.
 
Diplomatie basée sur les APD
 
Le Japon veut aussi former 1 000 formateurs dans le domaine agricole afin de favoriser le doublement de la production de riz dans l’Afrique sub-saharienne d'ici à 2018. Toujours sur le plan de la formation, l’Empire du Soleil levant compte soutenir l’éducation de 20 millions d'enfants et permettre l’accès à l’eau potable pour 10 millions d'Africains. Ce nouvel élan du Japon dans ses programmes d'aide à l’Afrique a été salué par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le président de la Banque mondiale, Jim Yong-kim. Le Japon reste un grand donateur en matière d’aide au développement. Il était devenu d’ailleurs le premier pourvoyeur d'aide au niveau mondial sur la période qui va de 1993 à 2000.
 
Business avec l’Afrique
 
Entre 2006 et 2010, les Investissements directs à l’étranger (IDE) japonais en Afrique ont atteint 5 milliards de dollars. Jusqu’en 2008, les échanges économiques du Japon avec l’Afrique ne représentaient que 2% de ses échanges sur le marché mondial. Mais depuis peu, le Japon a décidé de donner une nouvelle impulsion à ses échanges avec l’Afrique. Ainsi parmi les 24,2 milliards d'euros annoncés lors de la 5ème TICAD, environ la moitié des fonds viendront du secteur privé nippon qui nourrit apparemment beaucoup d’ambition pour le business avec l’Afrique.
 
Pour soutenir les échanges commerciaux, le Japon compte mobiliser, à terme, au total 20 milliards de dollars pour le commerce et l’investissement sur le marché africain qui comptera quelque 2,2 milliards d'habitants en 2050.
 
Par ailleurs, depuis la catastrophe de Fukushima qui a contraint secteur nucléaire nippon à l’arrêter ses activités, le pays a cruellement besoin crucial d’assurer son approvisionnement énergétique. L’Afrique, qui regorge de pétrole et de sources d’énergie, serait aussi un partenaire bien parti pour fournir aussi le Japon. Parallèlement à son action d’aide au développement, le Japon renforce progressivement son image de puissance internationale. La mise en oeuvre de l'importante APD nippone peut s'expliquer par diverses motivations.
 
Enjeu des APD Japonaises
 
La nouvelle stratégie japonaise vise apparemment à contrecarrer la domination de la Chine devenue en 2009 le premier partenaire commercial de l'Afrique. L’Etat japonais s’est engagé à octroyer 10,6 milliards d’euros d’aide publique pour le développement (APD) à l’Afrique sur cinq ans. A ce rythme, le Japon détrôné la Chine en termes du volume d’aide destiné à l’Afrique. Avec plus de 2 milliards d’euros par an, l’APD annoncée par le Japon au profit de l’Afrique pour la période 2013- 2017 dépasse celle de la Chine, qui consacre actuellement moins de 1,5 milliards d’euros par an au continent.
 
Dans cette quête du Japon à devenir discrètement un acteur influent de la politique internationale, l’approche de l'aide au développement est devenue multilatérale, et se concrétise souvent par le biais des Nations Unies et de ses agences spécialisées. Les enjeux sont aussi diplomatiques, et visent à recueillir le soutien des Etats africains, en termes de voix dans les différents votes au niveau international. D’ailleurs, les autorités japonaises ont profité de la dernière Ticad pour demander aux chefs d'Etat africains, présents, de soutenir la candidature de Tokyo pour les Jeux olympiques de 2020.
 
Ibrahim Souleymane
 
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