Journal en ligne - []
L’Histoire témoigne L’ancrage historique du Maroc en Afrique Version imprimable
13-10-2014
Le Maroc est le principal pays du Maghreb qui a eu des relations multiséculaires avec l’Afrique subsaharienne. Ses échanges se faisaient à travers les routes caravanières qui partaient des régions marocaines pour rejoindre l’Afrique noire. Depuis des siècles, le «Bilad el-Soudan», constitué des empires sahéliens établis entre le fleuve Sénégal et le lac Tchad (l’empire du Ghana entre le 8ème et le 13ème siècle, l’empire du Mali entre le 13ème et le 16ème siècle, l’empire Songhaï du 14ème au 17ème siècle), effectuait des échanges commerciaux avec le «Grand Maroc». À cette époque, les territoires historiques du Maroc se situaient de l’Atlas jusqu’au fleuve Sénégal.
 
Ainsi c’est par ces routes caravanières de l’Ouest africain que l’islam a pénétré dans les régions sahéliennes d’Afrique. En effet, au fur et à mesure de ce commerce sahélo-saharien, les souverains africains, qui étaient intéressés par les chevaux, les armes et les objets manufacturés venus du Nord, se convertissent à la religion des riches marchands qui acheminaient ces produits. L’islamisation opérée sous les Almoravides viendra légitimer, religieusement, des relations commerciales déjà bien structurées. Ce commerce était très important pour son époque : du Sud venaient l’or, les épices, les esclaves, les plumes d’oiseaux, les tissus, les drogues, les céréales. Du «Grand Maroc» venaient les chevaux, les dattes, le sel, les bijoux, les tissus de «luxe», le cuivre, la gomme «arabique», le sucre, des livres, les idées (intellectuels et artistiques), etc.
 
Mais à la fin du XIXème siècle, ce commerce transsaharien sera très affaibli avec le début de la colonisation européenne sur l’Afrique tout entière. Mais malgré les conditions peu favorables, les échanges entre le Maroc et le Sénégal vont se poursuivre au XIXème siècle, notamment grâce au pèlerinage à Fès, ville sainte et carrefour commercial. Les deux principaux axes caravaniers traversaient la Mauritanie pour relier le Maroc actuel par Essaouira depuis St-Louis (en passant par Rosso, Atar, Idjil et Tindouf) et pour l’autre voie depuis Nioro (en joignant Atar, Chinguetti, Ouadane et Tindouf). Le nouvel élan que connaissent des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne depuis quelques années trouve en réalité son ancrage dans les liens historiques qui relient les deux régions depuis des siècles à travers des échanges commerciaux, religieux, culturels, artistiques et intellectuels.
 
Ibrahim Souleymane
 
< Précédent   Suivant >
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×