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«Les actifs placés par les assureurs dans les secteurs économiques et financiers sont de 1 386,96 mi Version imprimable
30-05-2014
En marge de la 38ème Assemblée générale annuelle de la Fanaf (Fédération des sociétés d'assurances de droit national africaines), qui s'est tenue du 17 au 23 février à Ouagadougou (capitale du Burkina), son nouveau président, le Sénégalais Adama Ndiaye, en exclusivité, est passé à table de Les Afriques.
 
Les Afriques : Quel sentiment éprouvez-vous après ce plébiscite qui consacre votre élection à la présidence de la Fanaf à l’issue de la 38èmeAssemblée générale ?
 
Adama Ndiaye : Je tenais tout d’abord à remercier le magazine «Les Afriques», d’une part, pour l’intérêt qu’il attache depuis de nombreuses années au secteur des assurances, à son développement et à ses acteurs, d’autre part, pour cette interview qui intervient à peine quelques minutes après l’élection des sept (7) membres du bureau exécutif de la Fanaf qui auront la lourde mission de conduire la Fédération au cours des trois prochaines années.
 
Le sentiment qui siérait le mieux à cet instant devrait être la joie et la fierté. Pourtant, c’est une certaine solennité mêlée de gravité qui m’anime, lorsque je mesure le redoutable honneur qui m’a été fait par les délégués, dont le vote quasi unanime traduit l’étendue de la confiance placée en moi, mais aussi et surtout l’ampleur des attentes des assureurs en matière de visibilité, de normalisation et de développement.
 
LA : Quels sont les acquis que votre prédécesseur, le Camerounais Protais Ayangma, vous a légués ?
 
A.N. : Généralement, lorsqu’on parle des acquis légués par le Protais Ayangma, le président sortant, que je salue au passage avec respect et déférence, tout le monde pense à la réforme relative aux procédures de souscription et d’encaissement des primes, plus connue sous le nom de «réforme de l’article 13». Pourtant, l’acquis le plus important, de mon point de vue, c’est qu’il a permis à nos membres de mesurer l’étendue de ce qu’une équipe soudée, déterminée et soutenue peut accomplir.
 
Les autres acquis engrangés par la Fanaf sous la houlette de Protais sont très nombreux et embrassent des domaines aussi variés que l’amélioration de la gouvernance des entreprises par l’impulsion de règles relatives au contrôle interne et à l’agrément des commissaires aux comptes, l’élargissement de la matière assurable à travers la micro-assurance, la simplification du dispositif du paiement des sinistres par la suspension de la faculté de transaction, le financement et la participation aux travaux du comité chargé de mettre en application les premières tables de mortalité assises sur des statistiques propres à l’Afrique, alors que les tables utilisées jusque-là s’appuyaient sur la mortalité de la population française entre 1960 et 1964.
 
LA : Comment se porte le portefeuille des réserves techniques (actifs, paiement de sinistres, collecte des primes) du marché Fanaf ?
 
A.N. : Des améliorations certaines ont été enregistrées ces dernières années au niveau global. Le chiffre d’affaires a progressé de 11% en 2012 et se situe à fin 2012, dernier exercice connu, à 810 milliards de F CFA. La progression moyenne des quinze dernières années est de 7%, ce qui traduit le dynamisme du secteur. Les arriérés de primes ont baissé de 29% en 2012, une première, si l’on sait que c’est plutôt à une augmentation des arriérés que l’on assistait auparavant. C’est la première conséquence positive de l’article 13. Le chemin reste malgré tout très important, car les arriérés se situent, malgré la baisse relative, à 175 milliards de F CFA à fin 2012. La charge de sinistres a augmenté de 9% et se situe à 213 milliards de f CFA. Ce qui est plus intéressant à souligner, c’est que la cadence de paiement des sinistres s’améliore. Il est de 2 ans en moyenne, contre 2 ans et 4 mois en 2011.
 
Les provisions techniques qui constatent les engagements contractuels des assureurs s’élèvent à 1 229,88 milliards de f CFA en 2012. Les actifs placés par les assureurs dans les secteurs économiques et financiers sont de 1 386,96 milliards de f CFA. Le taux de couverture de 119% ainsi enregistré traduit notre aptitude à faire face au paiement des sinistres et des échéances contrac-tuelles. Ces quelques données montrent à suffisance que le secteur des assurances est globalement équilibré, même si des disparités, parfois importantes, peuvent être notées entre les premiers de la classe et les autres.
 
LA :Aujourd’hui, le taux de progression de l’assurance vie dans l’espace Fanaf est de 20%. Comment faut-il s’employer pour renforcer le dispositif ?
 
A.N. : Le taux de progression est en réalité plus faible et se situe autour de 12%. Il me semble, toutefois, plus pertinent de mettre en exergue le taux de pénétration et la densité de l’assurance pour mesurer le potentiel de développement du secteur, à travers la distance qui nous sépare d’autres marchés africains. Nous observons que la densité ou la prime moyenne par habitant est d’environ 12 dollars US (soit 6 000 francs CFA) dans la zone Fanaf, ce qui est très faible comparativement à la moyenne mondiale qui est de 656 dollars US, à celle de l’Afrique du Sud estimée à 1 081 dollars US, de l’Ile Maurice 500 dollars US ou du Maroc qui est de 88 dollars US. Le taux de pénétration, où la contribution des assurances au PIB se situe à 1% dans l’espace Fanaf, contre 14% en Afrique du Sud, 8% en Namibie, 3% au Kenya et 3% au Maroc. La moyenne mondiale est d’environ 6,5%.
 
Ces faiblesses s’expliquent par le fait que la culture de l’assurance vie est encore assez récente dans la plupart des pays de la Fanaf qui ont hérité d’un système de protection sociale à la française qui leur garantit un minimum de protection sociale. Face à la faiblesse des pensions de retraite et à la précarité des séniors, un important besoin de protection complémentaire est perceptible chez les populations. Encore faudrait-il que les assureurs parviennent à le capter. Pour cela, la participation des États, à travers la mise en place de régimes obligatoires de retraite complémentaire, serait la voie la mieux indiquée, ce qui n’exclut pas que les assureurs déploient des stratégies de récupération de l’épargne oisive des populations, à travers la mise à disposition de produits attractifs, simples et flexibles.
 
LA : À la fin de l’activité 2013, la hiérarchie établie du trio gagnant (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal) du marché a subi un léger chamboulement avec le Gabon qui s’est adjugé la troisième place (chiffre d’affaires cumulé IARD et Vie) devant le Sénégal. Est-ce dû au boom minier et pétrolier que connait le pays ?
 
A.N. : Le boom minier et pétrolier a peut-être eu un impact, mais il ne semble pas déterminant dans la mesure où depuis quelques années, le chiffre d’affaires dommages du marché gabonais est supérieur à celui du marché sénégalais. C’est le dynamisme du marché de l’assurance vie au Sénégal qui permettait à ce marché de dépasser le Gabon au niveau du classement «toutes branches». Or, en 2012, le chiffre d’affaires dommages du Sénégal a stagné et celui de la vie a baissé de 6,5%. Au même moment, le chiffre d’affaires dommages progressait de 9% au Gabon. L’impact du boom minier et pétrolier est par contre bien perceptible au Congo, dont le marché IARD enregistre les plus importants taux de progression, soit 17% en 2011 et 52% en 2012.
 
LA : Bon nombre de marchés, tels que le Tchad, RCA, Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Bénin, Madagascar, malgré leur potentiel, sont en retrait de la cadence de croissance et de développement. Selon vous, quelles en sont les raisons ?
 
A.N. : Le Bénin ne devrait pas être rangé dans cette catégorie, au vu de ses bonnes performances et de sa progression régulière année après année. Ne perdons tout de même pas de vue que ce marché était encore en situation de monopole en 1997. Depuis la libéralisation effective intervenue début 1998, le chiffre d’affaires a progressé en moyenne de 11%, ce qui lui a permis de dépasser des pays comme le Mali, le Togo, etc.
 
Les autres pays cités sont ceux qui ont connu des épisodes plus ou moins longs de crises politiques et sociales, parfois très violentes, dont ils se relèvent à peine. Ces crises ont mis à mal le tissu économique et paupérisé les populations. Ils ne présentaient, par conséquent, que peu d’attrait pour les opérateurs économiques qui hésitent à y mobiliser de gros moyens financiers pour des résultats encore insuffisants. C’est donc dans ces marchés que l’on compte le plus faible nombre d’assureurs. En dehors de la Guinée, aucun d’eux ne totalise plus de deux ou trois sociétés ou succursales de sociétés.
 
LA : La République démocratique du Congo n’a pas ouvert encore son marché et opte pour une politique de protectionnisme de son marché. Y at- il des discussions dans ce sens avec les autorités du pays ?
 
A.N. : Depuis la tenue en février 2010 de l’assemblée générale de la Fanaf à Kinshasa, des échanges réguliers ont eu lieu entre la Fanaf ou la CIMA et les autorités congolaises qui manifestent le désir d’ouvrir ce grand marché à la concurrence. À cet effet, la RDC a demandé un statut d’observateur à la CIMA et souhaité que l’Institut international des assurances de Yaoundé soit ouvert à ses ressortissants. L’ouverture du marché et sa libéralisation requièrent néanmoins des préalables, dont la définition d’un cadre juridique et règlementaire, la mise en place d’une structure de supervision forte et crédible, des ressources humaines de qualité et, surtout, la restructuration de la SONAS. Des avancées enregistrées dans certains de ces domaines laissent entrevoir une libéralisation à brève échéance.
 
LA : La réforme de l’article 13 du code CIMA a permis une solvabilité des compagnies d’assurances et le respect de leurs engagements vis-à-vis de leurs clients assurés.
 
A.N. : La réforme de l’article 13 est sans nul doute une bouffée d’oxygène pour les sociétés d’assurances étranglées par le poids des arriérés qui représentaient auparavant 55% du chiffre d’affaires de la CIMA. Elle a permis une amélioration de l’aptitude des sociétés à payer leurs sinistres. L’étape qu’il convient de franchir aujourd’hui, pour parachever ce dispositif, c’est celle de l’effectivité du paiement des sinistres, de tous les sinistres. Des avancées ont été notées en 2012 avec l’amélioration de la cadence de paiement des sinistres. Il convient de les poursuivre et d’accélérer cette cadence, pour améliorer l’image des assureurs et reconquérir la confiance des partenaires.
 
LA : Quelle appréciation faites-vous de la montée en puissance du middle market ces dernières années aux côtés des majors et groupes panafricains ?
 
A.N. : Le middle market, si vous entendez par là les sociétés de taille moyenne non affiliées à des groupes, est au contraire en régression, au niveau de l’espace Fanaf dans la mesure où les groupes qui avaient tendance à se désengager à la fin du denier millénaire reviennent en force. On compte aujourd’hui 11 groupes d’assurances: 2 européens et 9 africains d’inégale importance. Ces groupes totalisent 57% des sociétés, pour 67% du chiffre d’affaires du marché. Tout laisse croire que cette hégémonie va se renforcer avec l’arrivée d’opérateurs du Maghreb et de fonds d’investissement qui s’intéressent au sud du continent, en raison de son formidable potentiel et des nombreuses niches insuffisamment explorées. Si par contre le middle market s’analysait en termes de demande émanant de la classe moyenne, la réponse serait tout autre. L’urbanisation croissante de l’Afrique conjuguée à la hausse du taux d’alphabétisation se traduit par une augmentation visible de la classe moyenne dans la plupart des pays de l’espace Fanaf. Cette demande solvable est une opportunité pour les assureurs dont la plupart déploient aujourd’hui des politiques de proximité et des stratégies de diversification de l’offre pour la capter et la saturer. Ce middle market a beaucoup de potentiel et pourrait suppléer la baisse du volume d’affaires imputable au dépérissement du tissu formel des États.
 
LA : Les placements des compagnies d’assurances s’élèvent à quelque 1 500 milliards de f CFA, une bouteille d’eau dans la mer, n’est-ce pas ?
 
A.N. : C’est une manne non négligeable, qui pourrait être doublée, voire triplée, si les pouvoirs politiques et les décideurs économiques associaient davantage notre corporation aux grandes orientations économiques, sociales et infrastructurelles du continent. Malheureusement, c’est toujours a posteriori que l’assureur est impliqué, il ne peut donc ni jouer son rôle de conseil en matière de gestion et de mitigation des risques, ni celui de protection des biens et des investissements.
 
LA : On note une timidité des compagnies d’assurances dans la levée des ressources sur les marchés financiers. C’est le verrou du principe trilogique : sûreté, liquidité et rentabilité qui tarde à sauter ou quoi ?
 
A.N. : Les assureurs privilégient tout d’abord les placements sûrs. Ensuite, les placements liquides et quasi liquides qui leur permettent de faire face au paiement des sinistres avec toute la célérité requise. On peut donc comprendre que l’intervention directe dans les marchés financiers sous-régionaux ait été pendant longtemps gênée par le manque de liquidité de ces bourses et la faiblesse des volumes de titres échangés. Cette situation est heureusement en cours d’évolution, nos bourses devenant un peu plus dynamiques que par le passé. Le corolaire est que la contribution des compagnies d’assurances est en croissance régulière. À fin 2012, plus des deux tiers des placements de 1 500 milliards de f CFA du secteur ont été placés dans le secteur financier, 396 milliards dans les banques sous forme de DAT et 610 milliards investis en valeurs mobilières et prêts. Je ne pense pas que cette contribution soit si timide que cela.
 
LA : Pouvez-vous nous entretenir des discussions engagées avec le régulateur marocain et français pour dupliquer leur modèle sur le marché CIMA ?
 
A.N. : En réalité, les discussions entre la CIMA et ces régulateurs n’ont pas pour objectif de dupliquer ces modèles dans la zone CIMA. La CIMA dispose d’un corpus de règles complet dont certaines, avant-gardistes, commencent à être copiées ailleurs. Cela ne l’empêche pas de s’inspirer de toute bonne pratique en vigueur ailleurs et, surtout, de traduire dans sa législation et sa règlementation certains principes de base en matière de contrôle d’assurances (PBA) édictés par l’Association internationale des contrôleurs d’assurances (AICA), une association qui regroupe les superviseurs de 150 pays membres représentant la quasi-totalité des pays du monde. Si la CIMA a noué des partenariats avec le Maroc, c’est pour mieux appréhender l’activité des groupes de ce pays qui s’intéressent à des sociétés relevant de sa supervision, en vue de s’assurer de leur solvabilité et de leur aptitude à jouer leur rôle de partenaire de référence.
 
LA : La Fanaf a exclu certaines sociétés et enregistre cette année une dizaine de requêtes adhésion. Est-ce un signe d’émulation du marché ?
 
A.N. : Certainement. L’adhésion à la Fanaf n’est pas obligatoire, mais toute société qui la sollicite est obligée de remplir les critères minima que sont l’obtention de l’agrément des autorités de tutelle et le paiement des droits d’adhésion et des cotisations annuelles. Les sociétés qui perdent leur agrément et celles qui ne sont pas à jour de leurs cotisations perdent leur qualité de membre au-delà d’une certaine période. S’agissant des nouvelles adhésions enregistrées, elles traduisent l’attrait de la Fédération et le désir des nouveaux acteurs de rejoindre cette grande famille qu’est devenue la Fanaf au fil des années, trente-huit ans après sa création à Yamoussoukro par un petit groupe d’assureurs africains.
 
LA : Quels sont les grands chantiers de votre mandature ?
 
A.N. : Au cours des trois prochaines années, le nouveau bureau compte tout d’abord consolider les acquis du bureau sortant et finaliser avec les autorités de tutelle les importants chantiers en suspens, tels que la réforme du barème d’indemnisation des préjudices corporels résultant des accidents de la circulation et la règlementation relative à l’activité de réassurance dans la zone CIMA.
 
Le chantier le plus important que nous comptons ouvrir est celui de la définition d’une stratégie de coopération et de communication avec les pouvoirs publics et les autres acteurs économiques pour permettre d’impliquer les assureurs dans les grandes orientations économiques et sociales du continent. Nous nous attellerons également à la mise en place de cadres formels d’échanges entre les différentes parties concernées par le développement harmonieux de notre industrie, régulateurs, intermédiaires, assureurs, réassureurs, experts.
 
L’amélioration du taux de pénétration et de la densité de l’assurance ne sera pas pour autant négligée. Des chantiers importants sur l’identification des voies et moyens aptes à permettre le développement d’assurances alternatives telles que l’assurance agricole, la micro-assurance et le Takkaful seront ouverts. Enfin, le renforcement de la transparence en matière de communication financière et de la gouvernance interne des sociétés d’assurances, par l’adoption des meilleures pratiques en vigueur sous d’autres cieux, en matière de gestion des risques et de normes comptables et financières, seront au centre des priorités.
 
Propos recueillis par
Ismael Aidara
 
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