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Maroc Un nouveau plan d’accélération de l’industrie Version imprimable
13-10-2014
Présenté, le 2 avril 2014, le Plan national d’accélération industriel a pour objectif de renforcer la place de l’industrie en tant que pourvoyeur d’emploi et levier de croissance. À l’horizon 2020, le plan va générer un demi-million d’emplois dans le secteur avec un accroissement sensible de la part de l’industrie dans le PIB qui devrait croître de 14% à 23%.
 
Après sa nomination à la tête du ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, Moulay Hafid Elalamy a lancé, début avril 2014 le Plan national d’accélération industriel. Qualifié de «révolutionnaire» par le ministre, le plan sera doté d’une enveloppe budgétaire de 20 milliards de dirhams. Après un diagnostic sur l’état des lieux de l’industrie marocaine, Moulay Hafid Elalamy assure, lors de cette même cérémonie de présentation, que son département vient de créer en urgence un fonds d’investissement industriel public appelé le Fonds de développement industriel (FDI). Ce fonds doté d’une enveloppe budgétaire de 20 milliards de dirhams sollicitera l’intervention de l’ensemble du gouvernement, «tout le monde est concerné par l’industrie», affirme Moulay Hafid Elalamy.
 
Le FDI permettra de créer d’ici à 2020 un demi-million d’emplois, la moitié de ces emplois proviendra des investissements directs étrangers, et l’autre moitié du tissu industriel marocain. Ainsi, la contribution au PIB de l’industrie marocaine accroitra de 9 points, en passant de 14% à 23% en 2020. Des objectifs «à la portée» du Maroc, selon le ministre de l’Industrie.
 
Dans ce cadre, une commission interministérielle sera constituée pour coordonner la mise en oeuvre de cette stratégie industrielle. La commission «veillera sur la réalisation de nos projets et l’exécution de nos conventions», explique le ministre Elalamy. Par ailleurs, en plus des 1 000 hectares de foncier public mis à la disposition des industriels pour location, le secteur bancaire marocain, à travers la signature d’un accord-cadre entre le département de l’Industrie et les patrons des trois grandes banques marocaines, s’engage à soutenir l’industrie. Dans ce même cadre, le ministre de l’Industrie a promis de réviser, voire refondre la charte de l’investissement.
 
Cinq défis
 
Marquant l’ouverture économique du Maroc, le Sommet du GATT en 1994 a donné le coup d’envoi pour la naissance du secteur industriel marocain, notamment par le déploiement des premiers réseaux GSM en Afrique. En cette période, le PIB industriel n'a pas dépassé les 41 milliards de dollars. Aujourd’hui, ce chiffre atteint les 192 milliards de dollars. Le Maroc a des accords de libre-échange avec 55 pays, donnant accès à un milliard de consommateurs. Les opérateurs de l’Amérique, de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique témoignent du rôle central que joue le pays avec un espace géoéconomique particulier. Désormais, tout le monde se souvient que le Pacte national pour l’émergence industrielle, lancé en 2009, prévoyait d’atteindre un PIB industriel de 25%, plus que ce que prévoit aujourd’hui le département de Moulay Hafid Elalamy. L’échec de ce plan qui a fait couler l’industrie marocaine se traduit par la destruction de près de 220 000 emplois entre 2008 et 2012. Ceci dit, la part du PIB industriel par rapport au PIB national est passée de 16,6% en 2003 à 14,57% en 2012. Dans ce sens, l’industrie au Maroc qui «n’exprime pas encore son plein potentiel» doit relever, impérativement, cinq défis pour réduire l’écart avec les pays émergents, souligne le ministre Elalamy. Pour le département de l’Industrie, il faut d’abord une croissance de l’emploi industriel, une augmentation du PIB industriel, renforcer la capacité d’exportation pour le Maroc etfaire croître les IDE et améliorer la productivité. Selon les estimations, près d’un million trois cents mille nouveaux emplois doivent être créés au cours de la prochaine décennie, au moment où l’industrie marocaine n’en a généré que 75 000 lors des dix dernières années. L’autre enjeu, d’après l’équipe de Moulay Hafid Elalamy, est de dynamiser la capacité d’exportation, sur les plans qualitatif et quantitatif. Hors phosphates et énergie, la balance commerciale reste déficitaire de 144 milliards de dirhams en 2012.
 
Les trois opérateurs téléphoniques du Maroc ont signé une convention commune avec le gouvernement afin de réduire les coûts d’interconnexion avec l’étranger. Maroc Telecom, Méditel et Wana Corporate ont accepté d’un commun accord de baisser les tarifs d’interconnexion avec l’étranger de 50% durant la première année et de 25% les années suivantes. Cette mesure concernant l’amélioration de l’offre télécoms a été décidée dans le but de relancer le secteur de l’offshoring qui pâtit d’un ralentissement d’activité.
 
Vers des écosystèmes performants
 
L’accompagnement de l’informel vers le formel va s’effectuer selon le nouveau Plan national d’accélération industriel avec un mécanisme d’appui direct, qui permettra d’accompagner l’entrée dans la légalité de milliers d’acteurs productifs. Ceci sera possible par la mise en place d’un dispositif complet d’intégration de la TPE, qui inclut la création d’un statut d’auto-entrepreneur, un volet fiscal adapté, une couverture sociale, un accompagnement et un financement dédiés. La stratégie du développement de l’industrie introduit une approche nouvelle fondée sur la mise en place d’écosystèmes performants qui ont pour vocation de réduire la fragmentation sectorielle et de créer une nouvelle dynamique et une nouvelle relation entre grands groupes et très petites, petites et moyennes entreprises. Il s’agit, concrètement, d’intégrer localement le tissu industriel autour de locomotives porteuses de projets d’écosystèmes qui peuvent être des leaders nationaux industriels ou des groupements professionnels ou encore des investisseurs étrangers. Ces locomotives développeront des partenariats mutuellement bénéfiques avec les PME et leur donneront ainsi de la perspective et de la visibilité. Ces «groupements d’intérêt économique» se traduiront notamment par des contrats de sous-traitance avec le tissu local, une mise à niveau de la qualité des produits, une plus forte capacité d’exportation, ainsi que le développement de la substitution. Cette collaboration d’un nouveau genre au Maroc permettra, ainsi, de démultiplier l’investissement et de monter en valeur dans les filières.
 
Sanae Taleb
 
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