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Politique Le Syndrome Hama Amadou ? Version imprimable
28-10-2013
La prochaine session de l’Assemblée nationale, qui s’ouvre le 4 octobre 2013, est très attendue des nigériens. Non pas parce qu’elle porte sur l’examen et l’adoption du budget 2014, mais parce qu’elle sera très déterminante pour la stabilité politique et institutionnelle de leur pays.
 
Depuis le départ du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (Moden/FA Lumana-Africa) de la Mouvance pour la renaissance du Niger (MRN), soutenant le Président Issoufou Mahamadou, le 22 août dernier, la tension est montée d’un cran dans le marigot politique nigérien. Tout est partie des démarches entreprises par le Chef de l’Etat et son parti le PNDS-Tarayya en direction de l’opposition pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Après plusieurs semaines de conciliabules, les négociations avaient échoué entre le parti présidentiel et le principal parti de l’opposition, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD-Nassara), le parti de l’ancien président Tandja Mamadou, déposé par le coup d’Etat du 18 février 2010. Décidé à former son gouvernement d’union nationale, le président Issoufou a réussi tout de même à débaucher quelques personnalités du MNSD-Nassara, dont le secrétaire général du parti et ancien ministre de l’intérieur, Albadé Abouba qui est nommé ministre d’Etat à la présidence de la République. Estimant n’avoir pas été consulté pour la formation de gouvernement, le Moden/FA de Hama Amadou avait, dans un premier temps, demandé à tous les ministres de son obédience de suspendre leur participation au nouveau gouvernement. Cette consigne n’a pas été suivie par quatre ministres du parti de Hama Amadou, dont le vice-président et le secrétaire général du Moden/FA, M.M Mahamadou Salissou Habi et Omar Hamidou Tchiana. En dépit des négociations, entreprises par plusieurs personnalités, dont le Premier ministre Brigi Rafini et le média-teur national Amadou Cheiffou, le divorce entre Issoufou et Hama est finalement consommé. Avec le départ du Moden/FA Lumana, la majorité présidentielle passe de 83 à 57 députés à l’Assemblée nationale. Même si le parti de Hama Amadou n’a pas encore officiellement rejoint l’Alliance pour la réconciliation nationale (ARN), la coalition de l’opposition menée par le MNSD-Nassara, beaucoup d’analystes redoutent deux scénarios majeurs au cours de la prochaine session de l’Assemblée nationale. Le premier scénario serait que le Moden/FA et l’opposition ARN pêche deux députés du camp du président Issoufou et mette ce dernier en cohabitation, comme cela a été le cas pour le président Mahamane Ousmane en 1994, lorsque le PNDS-Tarayya avait claqué l’Alliance des forces pour le changement (AFC) qui l’a porté au pouvoir. «Ce scénario est bien possible, quand on sait qu’il y a des députés du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP-Jama’a) de l’ancien président Ibrahim Baré Maïnassara qui n’ont jamais caché leur aversion vis-à-vis du Président Issoufou et de son parti. Il y aussi les députés de l’Union pour la démocratie et la République (UDRTabbat) d’Amadou Boubacar Cissé qui seraient très proches du parti de Mahamane Ousmane qui a appelé ses militants à voter pour eux suite au rejet de ses listes dans son fief de Zinder», confie un observateur. Le deuxième scénario auquel on risque d’assister à la prochaine session de l’Assemblée nationale est le dépôt d’une motion de défiance contre le président de cette institution Hama Amadou. Pour que cette motion passe, il va falloir au camp du Président Issoufou Mahamadou de réunir 76 députés sur les 113 car, selon la Constitution nigérienne, le vote d’une motion de défiance doit recueillir les 2/3 des membres de l’Assemblée nationale. «Il est vrai que le PNSD-Tarayya peut débaucher quelques députés de l’opposition ARN, mais il lui sera difficile de rassembler les 76 députés nécessaires pour détrôner Hama Amadou de la présidence de l’Assemblée nationale», estime un acteur politique, nigérien. Le Président Issoufou Mahamadou et son parti vont-ils tenter cette option au risque d’exacerber la crise politique au cas où la motion de défiance contre Hama Amadou sera rejetée ? Vont-ils croiser les bras et laisser un opposant trôner à la tête de la deuxième institution du pays ? Voilà toute l’équation que pose Hama Amadou à son désormais ancien allié Issoufou Mahamadou.
 
I.A.
 
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