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Sonibank promeut le secteur privé Version imprimable
28-10-2013
Leader incontesté du marché bancaire avec un total-bilan estimé à plus de 170,3 milliards f CFA, en 2012, et des encours de crédits de l'ordre de 115,4 milliards, la Sonibank (Société nigérienne de Banque) poursuit son offensive. Eclairages de Moussa Haitou DG de Sonibank. Exclusif.
 
Les Afriques : L’économie nigérienne connaît actuellement un essor sans précédent, enregistrant un taux de croissance à deux chiffres. Cela signifie un important besoin en financement, notamment pour appuyer l’émergence du secteur privé. Comment une banque comme la votre faitelle face à cette situation nouvelle ?
 
Moussa Haitou : Pour répondre aux besoins de plus en plus accrus de nos clients et accompagner les PME-PMI de plus en plus nombreuses, nous oeuvrons toujours pour accroître nos ressources financières. Au niveau des capitaux propres et outre l’affectation d’une grande partie de nos bénéfices chaque année, nous avons procédé durant les deux dernières années à deux augmentations de capital, de sorte que le capital a passé de 2 milliards de francs à 5 milliards puis à 12 milliards.
 
Au niveau des dépôts, nous devons signaler que nous occupons la première place dans le paysage bancaire nigérien avec 20 à 22% de l’ensemble des dépôts effectués dans le pays. Toutefois, en dépit de leur croissance, les dépôts demeurent en-deçà des besoins de financement ce qui nous a poussés à rechercher d’autres sources de financement. Compte tenu de la bonne image que véhicule notre banque, et la solidité de nos assises financières résultant de notre professionnalisme, nous n’avons pas trouvé beaucoup de difficultés pour mobiliser des lignes de crédits permettant de faire face aux besoins financiers de nos entreprises. Nous pouvons citer, en particulier les lignes de crédit BOAD, la ligne de crédit de la BEI, la ligne de crédit BAD dont on vient d’avoir l’accord de principe et c’est une première dans notre pays. Nous espérons que la dynamique de développement soit irréversible et nous continuerons toujours à jouer un rôle de premier plan dans la promotion du secteur privé par le financement des entreprises dans tous les secteurs de l’économie.
 
LA :Malgré ce regain d’activité économique, le Niger demeure un pays sous-bancarisé, notamment dans la banque de détail. Comment la Sonibank compte développer son portefeuille de clientèle au cours des prochaines années pour répondre au besoin des entreprises et de particuliers ?
 
M.H. : La banque est une culture, mais également un besoin qui s’accroît, en fonction de la dynamique économique du pays. Il est vrai que si on rapporte le nombre de comptes bancaires à la population du pays on va trouver que le taux de bancarisation est faible. Cependant le recours à la banque de la part de tous les agents économiques (entreprises, particuliers…) ne fait que s’accroître d’une année à l’autre, en fonction de la croissance de l’activité économique du pays. Le tissu industriel commence à se confectionner autour des activités minières et pétrolières, ainsi que le développement des activités de services, surtout en matière des nouvelle technologies et de la communication, sans oublier la tendance vers la modernisation de l’agriculture par la multiplication des zones irrigués et l’introduction des techniques modernes. Tous ces indicateurs montrent que l’économie est en train de se diversifier pour sortir de son niveau primaire et entrer dans de nouvelles perspectives prometteuses. Ainsi, les besoins en produits et services bancaires ne font que s’accroître et la Sonibank a toujours adopté une politique avant-gardiste lui permettant de devancer le présent pour être en mesure de répondre aux besoins futures de sa clientèle de plus en plus nombreux et ce, par la mobilisation des ressources et l’amélioration continue de ces outils de gestion.
 
LA : La Sonibank a plus de vingt ans. Durant son existence, l’économie nigérienne a considérablement évolué. Comment observez-vous cette évolution ? Présage-t-elle de la durabilité de la croissance nigérienne ?
 
M.H. : Vous savez au Niger, il y a beaucoup de choses à faire dans tous les domaines : l’infrastructure, la promotion immobilière, l’assainissement, l’industrie, les services et bien sûr l’agriculture. La politique de développement à mener dans tous ces domaines, sans oublier la santé, l’éducation et la formation professionnelle, ne peut présager qu’une croissance durable à moyen terme. Cependant, le véritable garant de la durabilité de cette croissance demeure toujours la sécurité.
 
LA : Le PDES 2012-2015 prévoit un appui financier de premier ordre aux mesures gouvernementales en faveur du développement économique et social. Quel doit être le rôle d’une banque comme la vôtre pour apporter sa pierre à l’édifice ?
 
M.H. : La Sonibank a toujours apporté son soutien aux programmes de développement du pays. Elle continuera à le faire avec professionnalisme et avec une efficacité de plus en plus accrue, surtout que nos moyens d’intervention ne cessent de s’améliorer.
 
LA : Parmi les secteurs prioritaires, l’agriculture et l’élevage ont un important besoin de financement. Est-ce que des institutions financières comme la Sonibank développent des instruments financiers spécifiques pour répondre aux besoins du secteur primaire ?
 
M.H. : Dans toutes les économies du monde, l’agriculture demeure le parent pauvre en matière de financement. Ceci est dû à la nature du secteur qui dépend de plusieurs aléas difficilement maîtrisables. Dans tous les pays, les Etats jouent le premier rôle dans le soutien de ce secteur. Ceci ne diminue en rien le rôle que doit jouer le secteur bancaire. La Sonibank a financé des coopératives agricoles et certains programmes de développement agricole dans les régions. Nous sommes disposés à accompagner la politique de réorganisation et de modernisation du secteur agricole dans notre pays.
 
LA : La croissance économique des dernières années a également produit une hausse considérable du secteur de la promotion immobilière. Quels instruments la Sonibank développe-t-elle pour appuyer l’émergence du secteur, dans un contexte de croissance de la demande en logements, notamment dans les grandes villes ?
 
M.H. : Dans notre stratégie, la promotion immobilière occupe une place importante car nous considérons que : «quand le bâtiment va, tout va». A ce niveau, nous avons accordé un grand nombre de crédits d’habitat particulièrement aux salariés du public et du privé. Nous comptons même créer dans les années à venir une filière immobilière pour maîtriser toute la chaîne de l’aménagement du terrain, à la construction, jusqu’à la mise en place du crédit d’acquisition du logement ou de l’immeuble professionnel. Notre vision est claire dans ce domaine et nous comptons mobiliser tous les moyens pour jouer un rôle de premier plan comme c’est le cas dans plusieurs autres domaines. La Sonibank restera toujours au service du citoyen nigérien, parce qu’elle est une vraie entreprise citoyenne.
 
Propos recueillis par I.A.
 
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