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Tunisie Un marché bancaire atomisé Version imprimable
22-09-2014
Le marché bancaire tunisien a moins de 60 ans. Les 20 dernières années ont été riches en évolution pour ce jeune marché. Aujourd’hui, très atomisé, le secteur tente de réussir une nouvelle réforme.
 
Alors qu’historiquement la Tunisie est parmi les premiers pays de la région MENA à introduire des réformes financières, le secteur bancaire tunisien souffre aujourd’hui d’une fragmentation qui entrave le développement du secteur. Globalement, le système bancaire tunisien est composé de 18 petites banques locales et de trois grandes banques, contrôlées par l'État. Selon une étude réalisée en janvier dernier par Kurt Salmon, l’un des leaders mondiaux du conseil en stratégie et transformation d’entreprise, au lendemain de l’indépendance de la Tunisie en 1958, la création des 3 grandes banques publiques a permis de financer les secteurs clés de l’économie tunisienne. La BNA, la STB et plus tard la BH dépendent totalement de l’État pour leurs recrutements, leurs choix d’investissements et la gestion de leurs politiques de crédit. En parallèle, les premières banques privées apparaissent en Tunisie. Elles seront bridées dans leurs actions jusqu’à la loi de Finances de 1990.
 
À partir de cette date, les banques privées ont pu jouer leur rôle en contribuant aux financements des entreprises et des ménages. Suite à la loi de Finances 2001, on assistera à la création des banques d’investissement. En effet, ces dernières permettent l’arrivée et la gestion de capitaux étrangers sur le marché tunisien en provenance principalement des émirats du Golfe, tels que le Qatar, le Koweït… Ainsi, les banques ont changé de statut afin de pouvoir collecter des dépôts. En cette même période, début des années 2000, le marché tunisien verra l’arrivée des grands acteurs internationaux, tels que BNP, SG et Attijariwafa bank. Le développement de l’UIB par le groupe SG a été endigué par l’ancien régime. En revanche, le consortium mené par Attijariwafa bank a transformé la Banque du Sud, moribonde, en un acteur de premier plan et a dynamisé le marché bancaire. Dans ce même contexte, on assiste à l’émergence de la banque islamique avec la création de la banque Zitouna en 2009. Première banque islamique du Maghreb, la banque Zitouna a suscité beaucoup d’enthousiasme lors de son lancement. Aujourd’hui, c’est la «BIP» qui envisage d’en prendre le contrôle. Par ailleurs, actuellement, les indicateurs du secteur bancaire poussent à l’optimisme, ils sont à la hausse, malgré un fléchissement du taux de progression des crédits.
 
Sanae Taleb
 
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